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20/11/2006 imprimer envoyer � un ami commentaires(3)
Azéma-Bigou, la saga du peigne en corne

Le Pays d’Olmes a été pendant longtemps associé à l’industrie du peigne en corne qui a connu son apogée au XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, avant l’apparition du peigne en plastique.

En effet, les forges à la catalane, grandes consommatrices de bois, ont entraîné la disparition du buis dans le massif du Plantaurel, si bien que les artisans qui utilisent ce matériau pour fabriquer des peignes doivent au début du XVIIIe se tourner vers une autre matière première, la corne.

Sous l’impulsion des familles protestantes, l’artisanat de la corne se transforme en industrie avec, en 1847, l’installation de la première «estadeuse», la machine à denter. Quatre usines s’implantent entre 1820 et 1840, puis d’autres encore pendant tout le XIXe siècle.

On compte 1200 ouvriers avant la guerre de 1914. Une vingtaine de sociétés ouvrières prennent le relais de la fabrication après la guerre. C’est l’âge d’or de l’industrie du peigne, la matière première vient alors d’Australie, d’Uruguay, du Brésil et d’Argentine.

Seconde activité industrielle du Pays d’Olmes au XXe siècle après le textile, le travail de la corne s’est développé, dès le XIIIe siècle, tout au long de l’Hers, de Fougax et Barrineuf jusqu’à Rivel, dans le département de l’Aude, voisin, en passant par Bélesta, l’Aiguillon, Lesparrou et ses hameaux  (Campredon, Aiguillannes et Vilhac), Labastide sur l’Hers ou le Peyrat.

Jusqu’à la seconde guerre c’est la prospérité, brutalement remise en cause avec l’invention du plastique. En 1934, on dénombre pas moins de 37 usines de peigne en corne. Ce nombre décline à l’arrivée sur le marché des peignes en plastiques (prix de vente moins élevé, approvisionnement en matière première plus facile, fabrication plus rapide,…).

Cette longévité a permis le développement d’un savoir-faire local hissant la vallée de l’Hers au rang de premier centre français de production. Aujourd’hui il ne reste plus que deux fabricants de peigne en corne: l’un se trouve à l’Aiguillon où il a racheté l’atelier Delpech à la sortie du village (voir notre article du 26/11/2005), l’autre à Campredon, c’est Jean-Pierre Azéma qui a repris l’entreprise familiale depuis plus de 42 ans et pérennise ce savoir-faire transmis depuis plus de 5 générations.

Si l’atelier de Campredon, crée en 1820 a compté à l’époque de l’âge d’or du peigne en corne plus de 180 ouvriers, aujourd’hui, ils ne sont plus que trois à vivre de cette activité.  La fabrication manuelle, pénible et répétitive a évolué vers la mécanisation: les mots de «biscayeur, carreur, stadeuse» …ont avec les anciens, disparu du langage courant.

Il faut à présent entre 12 et 20 minutes pour fabriquer un peigne, les machines sont «calées» sur une tâche et un modèle précis et la main-d’œuvre est désormais polyvalente. Jean-Pierre Azéma nous explique qu’avec le passage aux 35 heures, il a d’un commun accord avec ses employés adopté une organisation annuelle du travail.

«le travail de la corne a beaucoup évolué mais reste cependant pénible, aussi nous avons opté pour une certaine souplesse en fonction des saison : ainsi de mars à novembre, on travaille 39 heures et pendant les trois mois d’hiver à 32 heures»

Les cornes proviennent essentiellement d’Amérique ou d’Afrique du Sud pour leur qualité, elles sont ensuite sciées en trois morceaux: la partie la moins noble sera réduite en poudre et utilisée en guise de «cornaille», un engrais bio pour les jardins, la partie médiane, la plus large sert à réaliser le peigne et la pointe sera utilisée pour fabriquer des manches de couteaux ou des boutons.

La corne subit ensuite l’opération de mise à plat dans des presses-chauffantes verticales, au final on récupère 150 plaques qui seront  grattées afin d’obtenir une surface suffisamment régulière pour réaliser à l’aide d’un gabarit (le «régadou») le traçage du peigne.

Les plaques passent ensuite dans une machine automatique qui découpe la corne en suivant l’extérieur du tracé: les ébauches sont appelées «bâtons».
Les contours du peigne sont ensuite meulés, les coins arrondis, l’ébauche passe successivement dans des machines qui vont la façonner : sciage des dents, passage de la fraise pour ôter les bavures, utilisation de meules plus ou moins abrasives pour polir, lustrer et donner, au final, cet aspect brillant au peigne.

Enfin celui-ci est conditionné et expédié en France, en Europe mais également dans le reste du monde puisque Jean-Pierre Azéma a également des clients aux Etats-Unis. Mais le marché du peigne en corne n’est plus ce qu’il était, bien qu’il soit recommandé pour les cheveux pour ses vertus naturelles, il est devenu un accessoire marginalisé, largement supplanté par la matière plastique.

L’atelier de Campredon, avant peut-être un jour de devenir un centre d’interprétation du peigne en corne, est ouvert aux touristes et aux scolaires ou aux groupes sur simple rendez-vous, une manière de faire connaître ce savoir-faire qui a fait pendant des siècles la richesse de cette région.

Azéma-Bigou
Campredon
09600 La Bastide Sur l’Hers
Tél: 05 61 01 11 09

Musée du textile et du peigne en corne: http://www.geocities.com/amtpc2000
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2006
actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 20/11/2006
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