Transhumances en Couserans 2008: échanges et convivialité au programme
L'association «Transhumances en Couserans» a tenu son assemblée générale annuelle. A cette occasion, un nouveau bureau a été élu, et le calendrier des manifestations 2008 arrêté.
Si la transhumance, ou transfert des bêtes (ovins, bovins, équins, porcins) vers les estives, peut apparaître aux yeux de certains comme, au mieux, une survivance d'un passé oublié, au pire une animation folklorique de plus, elle n'en est pas moins, au-delà de la tradition, une nécessité absolue pour tout éleveur, du piémont comme de la plaine, digne de ce nom.
En «menant», à la belle saison, les animaux sur les pacages d'altitude, les éleveurs libèrent ainsi les près sur lesquels ils coupent le foin qui nourrira le troupeau pendant l'hiver. Double avantage donc à cette pratique ancestrale: une herbe de qualité l'été, et de la nourriture pour la saison froide.
Certes, les conditions ont évolué, principalement au niveau de l'organisation de la vie des bergers. C'est ainsi que la traite journalière des vaches permettant d'élaborer du fromage d'estive, tout en nourrissant les cochons avec le petit lait, a quasiment disparu, mais le besoin persiste.
Pourtant, dans les années 60, on a pu craindre le pire.
Crise de l'agriculture, en particulier de l'agriculture de montagne, problèmes de «sécurité routière et autres contingences liées à la modernisation», ont pu faire croire que ces pratiques vivaient là leurs dernières années.
C'était mal connaître la volonté et l'opiniâtreté des éleveurs couserannais et d'hommes de la trempe de Claude Bacquié, fondateur de l'association «Autrefois le Couserans» qui fait revivre chaque été à Saint Girons, le Couserans d'autrefois, ou de Michel Talieu, vice-président de la Fédération Pastorale de l'Ariège.
En juin 2000, sous l'impulsion de ces deux associations, des éleveurs et des bergers, un itinéraire à pied est ré-ouvert à travers le Pays Couserans en longeant le Salat, qui permet à quatre paysans locaux de conduire un millier de bêtes vers les pâturages de montagne.
L'association «Transhumances en Couserans» est créée en janvier 2003.
Aujourd'hui, ce ne sont pas moins de 10.000 têtes, dont une majorité d'ovins qui, par sept itinéraires empruntant les vallées de Massat, du Biros, de Bethmale, de Seix, et de Sentein, sans oublier les deux «hors Couserans», de la Barguillière et du Vicdessos, partent, avec les éleveurs et les bergers, «montagner», toujours à pied, à partir du mois de Mai.
C'est Jean-Louis Savignol, éleveur près de Sainte Croix Volvestre qui ouvre le bal 2008, en conduisant ses 40 chevaux de Mérens, sur 3 jours, et dès le jeudi 30 mai, jusqu'à l'étang de Lers, et ce sont ses collègues du Haut-Salat qui clôturent ces longs cheminements avec la montée de 800 bovins, 1200 ovins et 60 équins, vers les estives de Salau et Aula, le dimanche 15 juin.
A la suite de Claude Bacquié et Michel Talieu, c'est Jean Luc Mirouze, organisateur,un temps, des «Transhumances en Pays Massatois», qui préside cette année aux destinées de cet événement agricole, mais aussi touristique, économique et culturel que sont les «Transhumances en Couserans»
Inutile de rappeler que ces rassemblements sont l'occasion pour tous, éleveurs, bergers, mais aussi accompagnants et touristes de grands moments d'échanges, de convivialité, de joie partagée et de fête revendiquée.
Photo: ©AriegeNews (archives) |