|
|
 |
| |
Agriculture & Environnement |
|
 |
|
|
L�ASPAP sonne la mobilisation pour 2008
Près de trois cents adhérents et sympathisants ont assisté vendredi soir à l’assemblée générale de l’association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées (ASPAP) présidée par Philippe Lacube, Claude Carrière, Alban Sentenac et Olivier Ralu.
Rappelons que si la moitié des adhérents de cette association qui milite contre la réintroduction de l’ours dans le massif pyrénéen est constituée d’éleveurs, l’autre moitié est composée par des usagers de la montagne.
Le président, Philippe Lacube après avoir entonné avec la salle «Ariejo moun Païs» a précisé en guise d’introduction que 2008 serait une année charnière avec l’évaluation du plan ours.
«2008 sera l’année de la mobilisation… notre association fédère un mouvement qui dépasse le cadre agricole, notre démarche est non-politique, non-syndicale, il s’agit d’une bataille médiatique, nous nous battons contre l’introduction des grands prédateurs dans nos montagnes.
En 2006, trois ours ont été lâchés dans les Pyrénées et grâce à notre mobilisation nous avons évité quelques réintroductions supplémentaires (exactement 2x5) encouragées par l’ADET mais attention le plan ours est toujours valide, actuellement deux inspecteurs réalisent une mission qui s’inscrit dans l’évaluation à mi-parcours de plan… nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête»
Hélène Huez, membre de la fédération pastorale a ensuite pris la parole pour faire le bilan des prédations, en notant que «le département de l’Ariège est celui de la chaîne Pyrénéenne qui a souffert le plus de la présence de l’ours.
Contrairement à la fédération pastorale, l’ASPAP (malgré sa demande) n’est pas représentée quand la commission dommage se réunit chaque automne à la préfecture et fait le bilan des attaques de l’ours … et nous ne pouvons que le déplorer …/…/…cette année l’ours a agi en haute montagne mais également dans les vallée… à Goulier il est même entré dans une bergerie !»
Pour Hélène Duez «c’est le flou total, si en 2006, le suivi affichait un nombre de 15 à 17 ours présents dans le département, cette année il n’y en aurait plus que cinq pour 79 constats d’avril à octobre et 136 dossiers ouverts. 348 dommages recensés et 6 non imputables, au total 58 000€ d’indemnisation … sans compter les effets induits et les manquants qui eux ne sont pas comptabilisés»
Le cas de l’ourse Hvala à St-Lary en Couserans a été évoqué par Gérard Dubuc, maire de cette petite commune et Charles Acap, trésorier du groupement pastoral du Barestet.
L’élevage ovin fait partie des traditions ancestrales, si bien que la commune compte aujourd’hui trois groupements pastoraux (10 éleveurs actifs qui en font leur métier, 4000 moutons, 300 bovins et 100 équins) faisant de ce pôle la première activité locale devant le tourisme… «mais jusqu’à quand» s’inquiète le maire.
«Pastoralisme et tourisme sont touchés de plein fouet par l’ours…la saison qui s’annonce risque encore d’être difficile» Charles Acap complète ce propos: «du 6 juillet au 10 octobre, l’ours a attaqué à neuf reprises dont deux fois en présence du berger itinérant… les conséquences imputables à l’ours sont de 25 ovins et un poulain, sans compter les bêtes blessées, les avortements constatés et les 84 brebis manquantes en fin d’estive, soit au total 117 ovins et un poulain…
Les groupements pastoraux sont des entités fragiles, souvent endettées auprès des banques… pour ce qui nous concerne la saison passée nous a été fatale, nous devons trouver 89.000€… la réintroduction des prédateurs a des conséquences humaines et économiques directes dont on ne parle pas suffisamment»
Jean-Pierre Mirouze a quant à lui évoqué l’expertise du col de Terres à Orlu qui a défrayé la chronique l’été dernier avec un dérochement de 94 brebis.
Et Philippe Lacube de préciser: « depuis cette attaque où les deux experts n’avaient en premier lieu identifié que 72 bêtes mortes alors qu’il y en avait 94, nous exigeons un contrat d’expertise carboné… il nous a été refusé par la DIREN, nous demandons de véritables experts. Suite à cet évènement, nous avons tiré quelques leçons : l’ASPAP propose aux éleveurs un accompagnement lors des expertises»
Bruno Besche-Commenge de l’ADDIP a ensuite porté son regard sur le pastoralisme et la biodiversité. «L’introduction des ours est le contraire de la biodiversité, du développement durable, de l’écologie…je vais parler de l’écologie des écologues et non des talibans.
L’ours brun n’est pas une espèce menacée, on estime à 200 000 sa population dans le monde dont 14 000 en Europe sans compter la Russie (et plus de 35 000 loups)…par contre on ne parle jamais des races rustiques, les populations autochtones ont leur rôle à jouer en les faisant connaître: 3000 castilonnaises dans l’Ariège (il n’y en a nulle part ailleurs), moins de 4000 barège-gavernie dans les Hautes-Pyrénées…
Autre mensonge qui nous est fait: les éleveurs ne gardent pas les bêtes comme autrefois. Je puis affirmer documents à l’appui et ce depuis le XVe siècle que le système de garde n’a jamais été un système où l’on regroupait les bêtes, les bêtes sont dispersées sur l’estive ou regroupées en petits escabots en toute liberté.
Actuellement en Espagne on relance les Chemins de grande transhumance (brebis mérinos) car on s’est aperçu de l’appauvrissement de la biodiversité depuis le XIXe et la fin de ces grandes transhumances… la biodiversité à visage humain met l’homme au centre des préoccupations et non l’ours…»
Autre intervention remarquée car attendue depuis longtemps par les anti-ours, celle d’Hervé Péloffi de la FNSEA représentant le syndicalisme agricole majoritaire dans le département de l’Ariège et membre du groupe de travail grands prédateurs.
«J’ai pu travailler avec des gens dont je ne partage pas systématiquement les idées mais que j’ai pu apprécier… au niveau national on parle davantage du loup que de l’ours (sauf peut-être en zone de montagne), quoiqu’il en soit l’homme doit rester au centre des préoccupations, ce n’est pas le loup ni à fortiori l’ours qui doit avoir le dessus.
La FNSEA et l’APCA ont alerté les pouvoirs publics… personnellement si on nous remet un ours, je démissionne de toutes mes responsabilités … jusqu’à présent nous avons réussi à éviter les dérapages… ce n’est pas 4 bouteilles de sang sur la mairie d’Arbas qui fait de nous des voyous.
J’espère que les pouvoirs publics vont prendre la mesure des choses. Notre syndicat participe à travers une souscription à la solidarité pyrénéenne pour les 10 manifestants d’Arbas»
Le journaliste Louis Dollo a ensuite pris la parole pour expliquer ce qu’était l’ADDIP (association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées).
«L’objet de notre association (voir article 2 de nos statuts) consiste notamment à fédérer et coordonner toutes les initiatives d’intérêt Pyrénéen, élaborer des programmes de développement durable, mener des campagnes de formation, d’information, de sensibilisation, ester en justice…/…/…
L’ADDIP est devenu l’interlocuteur incontournable des pouvoirs publics pour l’ensemble de la chaîne des Pyrénées… nous souhaitons dépasser la problématique «ours» dans laquelle nous sommes actuellement enfermés par les préoccupations quotidiennes de prédation et participer davantage à l’éducation à l’environnement, aux diverses réflexions sur le développement durable des territoires de montagne…
Car pour l’ADDIP, le développement durable des vallées, la biodiversité des montagnes, l’entretien des paysages, le maintien des races d’élevage, etc… passent par un développement et un renforcement du pastoralisme dans un climat serein où l’homme a toute sa place»
Concernant l’évolution du plan ours, comme l’a indiqué Philippe Lacube, quatre inspecteurs généraux (ministère de l’agriculture et du ministère de l’environnement) ont parcouru le massif, rencontré les populations, ils rendront leur rapport après les municipales.
Le ministère a proposé dans le cadre de cette évaluation des voyages à l’étranger afin de se rendre compte de la place de l’ours dans les Asturies (Espagne), dans le Trentin (Italie), en Slovénie et peut-être même aux Etats-Unis.
Les membres de l’ASPAP ont participé aux deux premiers voyages d’étude mais Philippe Lacube a affiché la couleur «il n’y aura pas d’autres déplacements en Slovénie ou ailleurs»
Il a conclu ainsi: «2008 est une année décisive pour nous. L’augmentation de la population d’ours dans notre département, pourtant déjà au premier rang de la chaîne, la présence en Ariège de 2 des 3 ours issus des introductions de 2006, la naissance des oursonnes de Hvala et les demandes d’introduction de 2 nouvelles ourses de l’Adet nous motivent plus que jamais à poursuivre et amplifier notre mouvement de résistance»
Photos: ©AriegeNews 2008 |
 |
 |
publié le: 06/02/2008 |
 |
 |
Lien permanent vers l'article: http://www.ariegenews.com/news/news-4439.html |
 |
|
|
 |
|
|