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Foix: Jean-Jacques Trinques, facteur de pianos depuis six générations
Dernier apprenti de la célèbre maison Gaveau à Paris à la fin des années 60, Jean-Jacques Trinques est facteur de piano…
Plus qu’un métier exercé seulement par une centaine d’artisans en France, c’est une passion qu’il vit au quotidien. Issu d’une famille d’accordeurs, professeurs, compositeurs, musiciens ou maîtres de chapelle, c’est Alfonse Porchez, quatrième du nom (1909-1944) qui a assuré la véritable vocation de la maison.
Après un apprentissage chez Pleyel (1925-1928), il fonde à Paris sa propre affaire de réparation de mécaniques et claviers.
De retour en Ariège, dans les années 20, il dirige près d’un demi-siècle durant, l’entreprise, soutenu d’abord par son père (décédé en 1946) plus tard par sa fille et son gendre Jacques Trinques qui en 1986 ouvre un magasin de musique plus spacieux, un espace généraliste à vocation classique : «la maison Piano Porchez» à Foix.
«Le facteur de piano fabrique un piano, aujourd’hui malheureusement on ne les fabrique plus on se contente de les restaurer, de les accorder.
N’importe qui peut faire un bon accordeur de piano, explique Jean-Jacques Trinques, sans pour autant être mélomane, il suffit d’être un très bon «manuel», aimer le bois, il faut des petites mains pour régler la mécanique, les petits axes, des mains plus solides pour remplacer les cordes et des costauds pour la manutention»
Dans son atelier deux pianos, un grand quart de queue Erard et un piano droit plus moderne, un Gaveau, sont en cours de restauration. Changement des chevilles, des cordes, réfection des marteaux, travail d’ébénisterie, ré-accordage… Une centaine d’heures sur chacune de ces pièces.
«Le Gaveau est un piano plutôt moderne, explique Jean-Jacques Trinques, le cadre est en fonte … alors que pour les pianos plus anciens il est en bois, des pièces susceptibles de se voiler, de se fendre, alors on a introduit du métal pour les renforcer…
Cependant la table d’harmonie est en sapin car ce bois possède des propriétés acoustiques particulières pour transmettre et amplifier le son. Autrefois les touches étaient en ivoire et ébène, aujourd’hui avec les pianos chinois c’est du plastique !»
Le piano est un instrument de musique complexe, à clavier et à cordes frappées, il est donc classé parmi les percussions et les cordes.
Le son est produit par les cordes, tendues sur un cadre rigide, au-dessus de la table d'harmonie. Elles sont frappées par des marteaux, couverts de feutre, actionnés par l'enfoncement des touches du clavier à travers un mécanisme d'échappement.
La vibration des cordes est stoppée par un étouffoir lorsque la touche du clavier est relâchée. Parent du tympanon médiéval, le premier piano-forte est fabriqué par un italien au XVIIe siècle, sa résonance proche du clavecin n'aura de cesse d'évoluer pendant deux siècles, connaissant d'importants changements à l'époque de Mozart.
Les firmes Erard (1780-1959) et Pleyel à qui l'on doit le cadre métallique et des cordes plus longues, se sont livrées à une concurrence stimulante pendant de nombreuses années…
Pleyel est à la fois le plus ancien fabricant de pianos au monde et le seul fabricant français avec plus de 250.000 pianos fabriqués. Fondés en 1807 par Ignace Pleyel, les pianos Pleyel ont été fabriqués pendant un siècle à Saint-Denis, entre 1865 et 1961, avant d’être produits en Allemagne pendant vingt-cinq ans puis à nouveau en France, à Alès, depuis 1996. Durant ces deux siècles, plus de 250.000 pianos Pleyel furent fabriqués. (Source Pleyel)
En 2007, la manufacture Pleyel a décidé d’adapter sa stratégie industrielle et commerciale en raison d’un contexte international très concurrentiel en se consacrant désormais exclusivement aux pianos haut de gamme. Avec son nouvel atelier de production dédié à la haute facture instrumentale (pianos de concert, pianos à queue, pianos d’artistes, pianos de designers, commandes spéciales, …) installé à Saint-Denis à l’automne 2007, Pleyel renoue ainsi avec son passé industriel prestigieux au service de la musique. (Source Pleyel)
«Le marché du piano a connu des hauts et des bas, ajoute Jean-Jacques Trinques, dans les familles aujourd’hui on achète plus facilement un ordinateur qu’un piano… mais ils sont toujours autant demandés par les écoles de musique… Je vous rassure qu’on apprend toujours à jouer de cet instrument … et celui qui achète un piano doit l’entretenir toute sa vie»
Ainsi notre accordeur intervient chez les particuliers dans le grand Sud-Ouest pour vérifier les instruments. Mais il passe également beaucoup de temps à gérer son entreprise.
«C’est un métier artistique mais fait aussi de négoce pour vivre: le travail de gestion, la réception des clients et représentants m’éloignent souvent de mon atelier, heureusement j’ai pu former un apprenti qui travaille avec moi»
Sur un mur, une impressionnante collection de cordes en acier de diamètres variables.
«Les cordes minces sont réservées aux aigüs, les graves sont gainées d’un fil de cuivre pour les alourdir, chaque corde est calculée pour une tension donnée, au-delà d’une certaine tension, elle se déforme et casse…
On accorde un piano avec un diapason et une clef d’accord. L’entretien de l’accord consiste à équilibrer les tensions des cordes dans les trois dimensions de l’espace, c’est une loi physique»
Et pour qui le penserait encore, l’habillage du piano n’est en rien dans sa sonorité… palissandre, noyer, le meuble aussi précieux et travaillé qu’il soit n’a aucune incidence sur la partie acoustique.
«Aux finitions, poignées, chandeliers… les connaisseurs reconnaissent le facteur de piano»
Jean-Jacques Trinques, est membre de l’AFARP (association française des accordeurs réparateurs de piano) et depuis 1999 conservateur du musée du piano à Limoux, le premier musée public de France dédié à cet instrument.
«Cette collection représente deux siècles de notre histoire pianistique. Près de 100 pianos ainsi que divers matériels sont exposés. Des pianos droits, carrés à queue, petits ou grands, piano-girafe et d’autres curiosités comme le piano-pont ou niche à chien, l’harmonium, mécanique, pneumatique…»
Un voyage dans le temps et l’espace en compagnie de ce passionné qui sait raconter de belles histoires…
«Le piano Pleyel, d’un millénaire à l’autre» par Jean-Jacques Trinques Editions l’Harmattan, 2003
Musée du Piano à Limoux (Aude) Renseignements à L’office de Tourisme: 04 68 31 85 03
Pianos Porchez 56, avenue du général Leclerc - 09000 Foix Tél/fax : 05 61 65 01 50
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/02/2008 |
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