Parti Socialiste: l�improbable percée, derrière Benoit Hamon, des socialistes de gauche
 Surfant sur la crise financière dont il se proclame «le plus crédible» au sein du PS pour la résoudre, Benoit Hamon, jeune député européen (il a juste 41 ans) encore inconnu du grand public il y a quelques mois, fait aujourd’hui figure d’outsider au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste.
Animateur du courant «Nouvelle gauche» et co-fondateur du N.P.S. –Nouveau Parti Socialiste, cet ancien conseiller technique de Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi et de la Solidarité, pense que cette crise majeure, qui se décline en fait en crises, financière, énergétique, climatique et alimentaire, présente au moins un avantage «elle permet de bousculer l’ordre établi»
La motion «Un monde d’avance» qu’il défend avec d’autres, tels Henri Emmanuelli, Marie Noëlle Lienemann ou Pierre Larrouturou tient ainsi meeting sur meeting dans toute la France.
C’est Pierre Larrouturou, celui-là même qui plaide, depuis plus de quinze ans, pour la semaine de travail de quatre jours, qui devait animer le débat en Ariège, mais un contre temps familial ne lui a pas permis de rencontrer, comme prévu, les journalistes.
Ce sont donc deux militants locaux, Marc Colombani et Christiane Causse qui ont reçu la presse quelques minutes avant la réunion de Ferrières.
«L’instant est grave, et le PS se doit de proposer une alternative à la politique de Nicolas Sarkozy. Le détricotage du Code du Travail fait que nous sommes revenus aux conditions sociales de 1935 !»
Après avoir expliqué la crise «cette année, quelques 200 milliards d’euros sont allés aux bénéfices alors qu’ils seraient allés aux salariés si l’on avant gardé l’équilibre salaires/bénéfices du début des années 80», Marc Colombani explique que la crise n’est pas tombée du ciel.
«Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de crise sociale»
Puis, il propose toute une série de solutions «pour un nouveau réalisme économique de gauche», dans le cadre d’ «une autre ambition européenne»
«Meilleur contrôle des activités bancaires et des crédits, modification de la répartition des richesses, restrictions européennes au libre-échange, développement de l’Etat-stratège, pour retrouver enfin la voie de la justice fiscale»
Au niveau du département, ces militants de la gauche du PS brocardent volontiers cette majorité départementale qui selon eux est passée du TPS «Tous Pour Ségolène» au TPD «Tous Pour Delanoe», et croient en leur chance.
Certes, le mouvement initié par Benoît Hamon a le vent en poupe, mais pourra-t-il passer en tête ? «Si nous avions deux mois de campagne interne de plus, sans aucun doute !» affirme Christiane Causse.
Réponse, du 14 au 16 novembre, lors du congrès de Reims.
Photo: ©AriegeNews 2008 |