Assemblée générale de l'ASPAP: «le coeur du problème c'est le Couserans»
22/04/2013 | 19:28
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L’assemblée générale de l’ASPAP (association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées) a eu lieu samedi 20 avril aux Forges de Pyrène.

Devant une centaine d’adhérents, des éleveurs ou des représentants du monde agricole, les vice-présidents ont fait le point de la situation: «aujourd’hui la situation est grave pour le département de l’Ariège et surtout pour le Couserans qui concentre à lui seul une vingtaine d’ours slovènes réintroduits» a indiqué Philippe Lacube.

Alors que paradoxalement le dernier ours ariégeois va rentrer au Museum d’Histoire Naturelle de Toulouse, les conséquences de l’introduction de ces grands carnivores dans les montagnes ariégeoises ne cessent de s’étendre.

Selon les responsables de l’ASPAP, «si les Bergers, vachers, éleveurs sont montés en première ligne face à cette atteinte à leurs conditions de travail mettant  en cause leur existence et leur survie, aujourd’hui promeneurs, pêcheurs, chasseurs, randonneurs et autres pratiquants de la montagne ont compris que le temps de profiter de cet espace de liberté qu’ils parcourent et affectionnent est désormais compté»

Du côté espagnol, dans la région de Somiedo, des gardes empêchent même l’accès à certains sites sous couvert de préservation de l’animal et 500 contraventions sont dressées contre les randonneurs. «Côté français on en prend la direction, notamment en empêchant tout acte de chasse dans une zone fréquentée par le plantigrade»

Cependant ce dont peuvent se réjouir les co-présidents le l’ASPAP c’est le choix du gouvernement d’écarter toute réintroduction: «dans le contexte actuel, ce serait malvenu… oui c’est un effet positif de la crise»

Pour autant, les éleveurs ne baissent pas la garde
«L’ours est le bras armé de la politique d’ensauvagement de la montagne, nous ne voulons pas voir notre territoire devenir une grande réserve naturelle» explique à la tribune Jean-Pierre Mirouze, éleveur et maire de St Beauzeil dans son rapport.

Aujourd’hui l’ADDIP (Association de Défense de l'Identité Pyrénéenne), la grande sœur de l’ASPAP, est arrivée à fédérer tous les départements de la chaîne pyrénéenne (des Hautes-Pyrénées au Pays Audois) et travaille sur des dossiers de fonds: «nous parlons d’une voix commune, celle des Pyrénées […] nous sommes le moteur de ce combat qui n’est pas fini loin de là. Aujourd’hui c’est un combat de terrain avec une situation préoccupante pour le Couserans»

Autre point positif évoqué par Bruno Besche-Commenge, la reconnaissance de l’ADDIP invitée à Bruxelles dans la commission environnement, au sein du groupe grands prédateurs, aux côtés de Laurent gardes du CERPAM et de la FNO (fédération nationale ovine): «tous les pays représentés montent au créneau sur la gestion des grands prédateurs et le bilan pour l’ours tient autour de cette seule phrase: manque d’acceptance des populations concernées.

Les premiers lâchers d’ours ont été réalisés en 95-96 dans le cadre du programme européen Life, un programme qui stipulait dans son article 2, qu’ils devaient tenir compte des réalités économiques et sociales du terrain.

Quant à l’article 22: les réintroductions ne sont pas obligatoires. Cependant si les états membres décident de les faire malgré tout, ils doivent le faire en accord avec les populations concernées.

L’Europe est très légaliste, elle a appliqué l’art 22 de la directive habitat à la lettre mais elle a été bernée par les autorités françaises (notamment Gilbert Simon directeur à l’époque de Nature et Paysages au ministère de l’Ecologie, grand défenseur de l’ours et du loup), les Pyrénéens n’étaient pas d’accord pour de telles réintroductions et ils ne le sont toujours pas. Maintenir la pression sur le terrain c’est aujourd’hui fondamental
»

Philippe Lacube a mis en garde les éleveurs couserannais: «quand certaines personnes vous disent on va s’occuper de tout, on va trouver des solutions, n’attendez rien d’eux. Les solutions c’est vous seuls qui les trouverez. L’ASPAP sera là pour vous y aider car il faut reprendre possession de ces territoires et il faudra encore faire preuve de solidarité»

D’aucuns ont pu revivre à travers ces propos la guerre des Demoiselles, période pendant laquelle les Ariégeois ont défendu l’accès libre à la forêt, leur espace de travail et de vie.

La soirée s’est achevée avec la chorale de l’ASPAP et son dernier tube «O Montagnard, garde ta liberté»… en quelque sorte le mot d’ordre de cette assemblée générale.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 22/04/2013 | 19:28 | Lu: 7115 fois