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Rencontre avec Bernardo Sandoval tête d'affiche du Printemps du Jazz à Foix

© midinews 2014

Cette année, Jazz à Foix renouvèle l’initiative en programmant en avant goût du festival estival, un concert inédit le 22 avril dans le cadre du Printemps du Jazz.

C’est Bernardo Sandoval, l’immense musicien auteur-compositeur qui sera la tête d’affiche de cette soirée exceptionnelle accompagné sur scène par Frédérik Lacourt (saxophone), Mingo Josserand (piano), Akim Bourmane (contrebasse), Christian Tonton Salut (batterie).
Jazz à Foix sous le parrainage de Bernardo SandovalEn marge des grosses productions estivales, Jazz à Foix a su trouver son tempo et son public. Pour sa 14ème édition les organisateurs (Eric Baudeigne et l’association Art’Ariège) ont mis cette manifestation sous le parrainage de Bernardo Sandoval un artiste qui a longtemps œuvré à la reconnaissance mondiale du flamenco, musique qu’il n’hésite pas aujourd’hui à métisser avec des styles latino, jazzy, afro et méditerranéens.
La musique c’est le choix de la LibertéEnfant d’une famille ouvrière, réfugié économique du franquisme, Bernardo arrive à Toulouse, baigné dans l’univers musical de son pays d’origine où il découvre le flamenco. «J’ai toujours été déraciné. Petit j’étais voyou puis rapidement il y a eu la musique et le flamenco qui a donné du sens à ma vie et qui m’a mis sur la voie. La musique c’était une certaine liberté, le flamenco avait des résonnances avec ma culture»

A 16 ans il part à Barcelone. A 20 ans diplômé de la réputée et stricte chaire de flamenco de Cordoba puis honoré par le prix du concours national de l’Union (équivalent espagnol du grand prix de l’Académie Charles Cros), Bernardo aurait pu avoir une carrière toute tracée mais il se sent vite enfermé dans ce milieu, un carcan qui entrave sa création… c’est au hasard d’une tournée qu’il a un flash avec l’Afrique: «J’ai senti le besoin d’aller chercher la racine de mes racines… oui l’Afrique c’est la racine de mon rythme»

Ensuite sa quête de liberté et sa soif insatiable de découvertes musicales, d’échanges culturels, de métissages le guident en Afrique du Sud, au Mexique, à Cuba. «Ayant connu cette racine africaine cela me donnait la possibilité de dialoguer avec toutes ces musiques du monde: le jazz, la culture latino-américaine, le classique»

Avec le recul, Bernardo Sandoval n’est pas mécontent de ses choix: «je n’ai jamais trop réfléchi, j’ai fait de la musique comme ça venait, cela m’a donné du courage pour avancer. Mais je n’ai jamais oublié les racines du flamenco, cependant quand on apprend quelque chose il faut savoir le partager sinon cela ne sert à rien.

Pendant des années je suis partie au Togo, au Bénin, au Sénégal pour travailler avec des musiciens africains. Je viens de passer cinq ans au Mexique pour composer une messe inspirée du destin des indiens Zapotèques, j’ai eu plusieurs résidences à Cuba… j’ai une vie extraordinaire!
»

Par contre le compositeur avoue qu’il ne rentre pas dans les tiroirs et tant pis s’il n’arrive pas à vendre des millions de disques, il est heureux ainsi. Pour autant il reconnait avoir fait des musiques de film à succès (notamment Western de Manuel Poirier pour laquelle il obtient le César en 1998): «Cet argent que j’ai gagné je l’ai tout de suite réinvesti dans la création car je ne cours pas derrière les subventions… c’est aussi cela le prix de la liberté»
La musique c’est une forme de politiqueUne palette musicale métissée qui lui a donné envie dans les années 95 de lancer à Toulouse le collectif 100% Collègue: «les uns chantaient en arabe, les autres en espagnol, en français… ce mélange a bien fonctionné. Par rapport à cette construction musicale, il y a eu ensuite les Motivés puis Zebda, directement politiques. Je n’ai jamais participé à ça car selon moi la politique et la musique ce sont deux choses différentes qui ne doivent pas se mélanger. La musique en soi c’est une forme de politique. Si je fais de la musique c’est que je n’arrive pas à exprimer mes mots alors qu’avec la musique oui, on peut écrire des choses avec un sens révolutionnaire»

Bernardo Sandoval a la simplicité des grands... Il se souvient de l’époque où gamin, il vendait des fleurs place Jeanne d’Arc à Toulouse pour payer ses cours de guitare. Son patron était guitariste de jazz manouche et accompagnait Django Reinhardt «quand il prenait une guitare c’était à tomber par terre!»

Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous comme disait Paul Eluard. Cette année Jazz à Foix nous donne rendez-vous avec Bernardo Sandoval.

Sandoval aime le Jazz!

Dans le cadre du printemps du jazz à Foix
22 avril à 21h à l’estive (centre culturel de Foix)
Entrée 20€ (15 euros pour les adhérents)
Billetterie sur place le soir du concert ou sur réservation: www.jazzfoix.com
Office du tourisme: 05.61.65.12.12
Laurence Cabrol | 11/04/2014 - 18:08 | Lu: 10154 fois