Tribunal correctionnel de Foix: quand la vente de «chichon» tourne mal

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C’est une histoire de «chichonneurs – revendeurs» qui se sont retrouvés au tribunal correctionnel après qu’une vente ait mal tourné et que le futur acheteur se soit fait «tabasser» par le revendeur, aidé en cela par ami et famille.
Me Baby: les activités illégales sont souvent dangereuses
Ce soir du 22 août, Loïc, 28 ans, à rendez-vous avec Victor (19 ans) qui doit lui vendre du cannabis.

Après avoir poireauté trois quarts d’heure, et un brin énervé, Loïc décide se rendre au domicile de son fournisseur. Il explique à la barre: «souffre-douleur au collège, je ne voulais plus me faire marcher dessus. J’ai le sang chaud, et non, je n’étais pas en manque».

Arrivé chez Victor, le prévenu (il est poursuivi pour menace de mort) et victime laisse sa compagne dans la voiture avant de forcer la porte de son agresseur.

Il reçoit des coups de batte de baseball, est aspergé de bombe lacrymo et tombe au sol. À la présidente il déclare que Gautier, troisième prévenu ne l’a pas touché.

«Seul Victor l’aurait agressé pendant que son beau-père aurait maintenu sa femme dans la voiture». Quand il quitte le domicile, Victor le vise de sa fenêtre avec une carabine à plombs, sans pour autant tirer.

En défense, le jeune Victor argue: «il voulait tout me prendre».

Au parquet, Claude Cozar glisse: «cette affaire implique chacun avec des responsabilités différentes».

Du sursis simple était requis pour les trois prévenus, Gautier et Victor étant sans casier judiciaire, et Loïc «étant accessible au sursis simple» malgré un petit casier.

En défense de Loïc, Me Navarro a souligné: «un commando lui est tombé dessus, il a toujours des séquelles au niveau de la nuque». Un renvoi sur intérêts civils était demandé.

En défense de Victor, Me Frédéric Baby ironise: «c’est hallucinant d’entendre quelqu’un qui veut la protection de la loi alors qu’il l’a enfreinte. On ne peut apporter cette protection si M. n’est pas jugé (achat de stupéfiants, NDLR) pour ce qu’il a fait».

Loïc poursuivi pour menace de mort matérialisée a été condamné à deux mois sursis, renvoi sur intérêts civils.

Gautier poursuivi pour violence aggravée par deux circonstances a écopé de 500€ amende sursis.

Victor poursuivi pour violence aggravée par deux circonstances, usage et détention de stupéfiants a quant à lui été condamné à 6 mois sursis, renvoi sur intérêts civils.

NR | 03/12/2015 - 19:48 | Lu: 13158 fois