CHIVA: l'hôpital de jour, une prise en charge du cancer du sein à visage humain

De gauche à droite: Valérie Vallois, Audrey Molinari, infirmières à l'hopital de jour, Dr Gisèle Lyon-Dubreuille, oncologue
© midinews 2015

Après avoir travaillé à l’institut Claudius Régaud puis au CHU de Toulouse, le docteur Gisèle Lyon-Dubreuille est chargée depuis 2006 avec le Docteur Isabelle About du service d’oncologie médicale (un mot moderne pour parler du cancer) au centre hospitalier du Val d’Ariège.

En ce mois d’octobre consacré au dépistage du cancer du sein nous l’avons retrouvé à l’hôpital de jour, une structure qui accueille les patientes durant une demi-journée ou une journée pour des chimiothérapies ante ou post opératoire.

Après leur prise en charge très complète assurée par les deux infirmières et les deux aides-soignantes de l’unité, ils peuvent après les soins rentrer chez eux.

Neuf chambres individuelles totalement équipées (télé, toilettes, lecteur de musique, livres…) et décorées permettent de recevoir dans les meilleures conditions une douzaine de patients (tous cancers confondus) par jour.

«Ici nos patientes sont choyées, nous leur proposons une prise en charge coordonnée avec psychologue, esthéticienne, ostéopathe, masseuse, assistante sociale», précise l’oncologue.  
Dès les premiers symptômes, un délai de prise en charge inférieur à 8 jours
«Une patiente ayant repéré un symptôme sur son sein à la possibilité de téléphoner directement au chirurgien (le docteur Israël Gutierrez), de voir son gynécologue ou son médecin traitant, explique Gisèle Lyon-Dubreuille.

De la consultation à la prise en charge, les délais doivent être très courts (inférieurs à une semaine). Il faut organiser une biopsie, un prélèvement, pour voir si c’est bien un cancer et quel cancer. C’est le chirurgien qui s’en charge, il réalise ensuite le bilan d’extension (à savoir s’il est localisé au sein ou s’il s’est déjà propagé ailleurs).

Il présente ensuite le dossier en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) regroupant tous les intéressés: radiothérapeutes de l’Oncopôle de Toulouse avec qui nous travaillons en télé médecine, chirurgiens, hormonothérapeutes... une réunion ouverte aux généralistes aussi qui nous ont adressé la patiente. On prend des décisions avec tous les éléments du dossier: opération ou chimio.
»

C’est à ce moment que l’oncologue fait connaissance avec la patiente (auparavant on travaille seulement sur dossier).

«C’est une rencontre dans sa globalité, ses antécédents, son mode de vie. Avec l’assistante sociale, nous ouvrons des dossiers d’aide, car la maladie peut avoir un impact sur la vie sociale et professionnelle.

Mais après la chimio nos patients ne sont pas lâchés dans la nature, la surveillance est organisée sur cinq ans: consultation médicale, contrôle radio tous les six mois... tout est très protocolisé.

Il faut donner à cette prise en charge une dimension humaine. Nous avons tous été formés au centre Claudius Regaud et donc en mesure de réaliser ici toute la prise en charge de la patiente dans les meilleures conditions
». Une formation qui se poursuit tous les ans grâce au réseau Oncomip.

Le cancer du sein est le premier cancer et la première cause de décès par cancer chez la femme. En France, près de 48 800 nouveaux cas et 11 886 décès ont été recensés. On estime qu’une femme sur 8 sera confrontée à cette maladie au cours de sa vie. Détecté a un stade précoce, le cancer du sein peut être guéri d’en plus de 90% des cas.

La généralisation du dépistage organisé du cancer du sein pour l’ensemble des départements date de 2004. Aujourd’hui plus de 22 millions de dépistages par mammographie ont été réalisés dans le cadre du dépistage organisé depuis sa généralisation en 2004.

Pour en savoir plus sur le dépistage: GIP au 05 34 09 87 93.

Laurence Cabrol | 16/10/2015 - 18:44 | Lu: 6247 fois