L'ancien ministre et ex-député UMP Eric Raoult, maire du Raincy (Seine-Saint-Denis), a été entendu mercredi matin dans le cadre d'une enquête pour violences conjugales après des plaintes de sa femme d'avec qui il est en instance de divorce.
L'élu a été entendu pendant plusieurs heures à Bobigny sous le régime de la garde à vue dans le cadre de cette enquête ouverte après que sa femme, qui a également été son assistante parlementaire et dont il est séparé, eut déposé "plusieurs plaintes" à son encontre, a indiqué une source proche de l'enquête.
"J'ai répondu à des questions (...) au sujet de reproches qui me sont faits par mon épouse", a déclaré M. Raoult, joint par l'AFP. "Nous ne vivons plus ensemble actuellement", a précisé l'élu de 57 ans, qui a perdu aux dernières législatives le siège qu'il occupait depuis 2002.
Interrogé par l'AFP, le parquet de Bobigny n'a pas souhaité communiquer. La garde à vue de M. Raoult, qui avait débuté en milieu de matinée, a été levée en fin d'après-midi.
Après sa sortie de l'hôtel de police de Bobigny, le maire UMP, qui réfute toute violence physique, a par ailleurs affirmé à l'AFP qu'il voulait "porter plainte pour dénonciation calomnieuse" contre son épouse.
"On va évaluer le préjudice. A chaque article de presse qui tombe, je pense que ça va augmenter le préjudice", a-t-il dit, estimant pouvoir réclamer "entre 300 et 500.000 euros" de dommages et intérêts.
"A la suite de mon audition, il m'a été indiqué qu'une confrontation serait ultérieurement organisée", a par ailleurs indiqué M. Raoult dans un communiqué transmis mercredi soir.
Contactée par l'AFP, son épouse n'a pas souhaité faire de commentaires. "Je demande le respect de ma vie privée", a-t-elle expliqué.
L'élu connaît des problèmes de santé depuis quelques temps, qui lui ont valu d'être hospitalisé pendant plusieurs jours en juin après un malaise.
Ce fidèle de Jacques Chirac avait été son ministre de la Ville et de l'Intégration (1995-97), un domaine dont il a fait sa spécialité.
Il a effectué toute sa carrière politique en Seine-Saint-Denis et est depuis 1995 maire du Raincy, commune cossue dans un département pauvre.
Volontiers électron libre et "grande gueule", il a, à plusieurs reprises, défrayé la chronique. En 2009, il a été un des partisans affichés du débat sur l'identité nationale initié par le ministre de l'Immigration, Eric Besson.
Un an plus tard, il a émis des réserves sur la volonté de Jean-François Copé, alors patron des députés UMP, de punir pénalement le port du voile intégral, jugeant que cela donnait "l'impression d'une croisade".
Lors des émeutes de 2005, il avait été le premier à imposer un couvre-feu aux mineurs de sa commune, pourtant épargnée par les violences, avant même que le gouvernement ne décrète l'état d'urgence.
Début juin, il avait proposé la candidature de Nicolas Sarkozy au Nobel de la Paix afin que soit "reconnue la part essentielle de (son) action internationale durant son quinquennat pour le maintien de la paix dans le monde".
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