Ski: malgré un début de saison difficile, les stations ariégeoises tirent leur épingle du jeu
Il est tombé hier 50 cm de neige sur les cimes d’Ax 3 Domaines. Mais c’était sans compter sur le vent d’ouest et l’effet de fun de ce matin.
Depuis le mois dernier le moral des Jacques Galès, directeur des pistes joue au yoyo… heureusement à partir de la semaine prochaine on annonce enfin l’hiver!
Il est vrai que les dernières vacances ont été éprouvantes pour les salariés de la station qui malgré le déficit de neige naturelle se sont appliqués à travailler la neige de culture afin de répondre aux attentes des visiteurs.
Un équipement unique dans les Pyrénées installé au pied des pistes
Aux 215 enneigeurs dernières technologies qui desservent le réseau de neige de culture, garantissant et complétant la neige naturelle, la station s’est dotée depuis trois semaines d’une véritable «usine à neige» installée au pied des pistes.
«Elle a fait l’attraction des touristes pendant les dernières vacances», avoue Arnaud Cercos, le «Monsieur neige» de Bonascre.
La «Snow Factory» est un produit allemand revendu par Techno-Alpin, leader du marché de neige de culture. Ce procédé a été développé à l’origine dans la grande industrie, pour les bancs des poissonniers ou le BTP dans les pays chauds.
«Au Qatar on utilise ce procédé pour ralentir la prise du ciment, poursuit Arnaud. Le principe est simple, il utilise de l’eau, transformée en glace, découpée par des couteaux et expulsée au-dehors par turbine.
Cela représente 50 tonnes de neige par jour (soit 1 000 m3) et pour les trois semaines de location il faut compter sur un budget de 3 000€».
Ici pas de rejet de gaz à effets de serre, la SAVASEM et EDF se sont engagés à produire de «l’énergie verte». L’eau est prélevée dans les bassins collinaires destines à la fabrication de la neige de culture, concernant cette usine à neige, il s’agit de la retenue de Manseille à 1 750 m d’altitude.
La neige est ensuite étalée par dameuse sur la zone afin d’assurer le lien entre le pied de piste et le reste du domaine.
Des résultats plutôt satisfaisants
C’est en tout cas l’avis de Fabrice Esquirol, directeur de la station: «depuis le début de la saison les flux de nord-ouest et le froid, n’arrivent pas à s’installer.
Pour autant la saison n’est pas si mauvaise, nous sommes ouverts depuis le 28 novembre, les progrès de la technologie, le savoir-faire des hommes contribuent à contourner les aléas climatiques.
La neige de culture reste l’outil numéro 1 et nous avons actuellement un enneigeur qui s’affranchit même des températures négatives, c’est formidable!
Ensuite nous avons mis en place un certain nombre de techniques: le transport de la neige en camion, le damage est vraiment au point grâce au savoir-faire des hommes et à la technologie… et puis nous avons fait des choix payants en sacrifiant des pistes secondaires pour récupérer des masses de neige et les disposer sur des pistes plus commerciales, plus essentielles pour les skieurs…
Tout est question de stratégie, de technicité et de professionnalisme des personnels de la station».
En Ariège on n’envisage pas encore le transport de la neige par hélicoptère comme on a pu le voir récemment en Savoie, mais on ne manque pas d’idées et d’initiatives pour faire fructifier l’or blanc et l’économie touristique qu’il génère.
Ce qui a changé aujourd’hui, c’est la fragilité accrue des stations face aux aléas météo. Depuis vingt ans, on est passé de 25 à 55 millions de journées-skieur en France.
Les domaines skiables ont massivement investi, tandis que les communes multipliaient les programmes immobiliers, à grand renfort de niches fiscales.
La diversification: «les stations de montagne doivent aujourd’hui repenser leur modèle pour proposer un tourisme moins dépendant de la neige, plus axé sur les quatre saisons», prône ainsi le «pôle d’excellence Tourisme de montagne», tout juste créé par le ministère des Affaires étrangères.
Le secteur n’y croit pas: «le tout-ski est fini, mais sans le ski, tout est fini», martèle Laurent Reynaud, délégué général de Domaines skiables de France (DSF). Une antienne reprise par Henri Nayrou, président du Conseil départemental de l’Ariège.
Selon lui il faut s’adapter, mutualiser les énergies, la solidarité entre les stations. C’est pour cette raison qu’il a réuni mardi soir les directeurs des huit stations ariégeoises et crée un comité de liaison autour de l’Agence de Développement du Tourisme (ADT).
«Il faut faire le lien, communiquer, être partenaires à tous les niveaux… je ne veux pas croire que les stations de moyenne montagne n’ont plus d’avenir!
On a vu lors des dernières vacances des initiatives fortes pour pallier le manque de neige, la solidarité de l’ensemble des acteurs a joué, tout le monde a mis la main à la pelle pour proposer une offre de ski satisfaisante… paradoxalement l’offre de ski était là, mais il manquait les skieurs à la journée…
L’avenir des stations est lié aux changements induits par l’évolution du climat, mais aussi par les attentes nouvelles de la société. J’en ai résumé l’esprit par une phrase empruntée au directeur de DSF: le tout-ski est peut-être fini, mais sans le ski tout est fini!».
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