Restructuration radicale à l'usine de la Moulasse: une cinquantaine d'emplois menacés
L’histoire industrielle du site d’Eychel semble se répéter. On se souvient en 2012 de la mobilisation des salariés de la Moulasse, inquiets pour l’avenir de leur usine spécialisée dans la fabrication de papier à cigarettes.
Peu avant Noël ils ont appris que la direction, sous prétexte de «la décroissance des ventes de cigarettes» envisageait une restructuration industrielle avec à la clé l’arrêt d’une machine et la suppression de 35 à 55 emplois…
Une «situation inacceptable» pour les salariés qui suspectent la direction de vouloir «casser leur outil de travail» alors que le groupe SWA affiche des profits historiques. Face à cette menace, la résistance s’organise.
Dès ce mardi soir, la CGT, syndicat majoritaire et la FILPAC (fédération du livre et du carton) ont organisé une conférence de presse et des actions sont prévues à partir de la semaine prochaine (pétitions, manifestations, rassemblements…), bref une importante mobilisation en vue pour maintenir cette activité historique en Couserans.
290 emplois en jeu sur un territoire déjà sinistré
Dernier fleuron industriel du Couserans, cette papeterie (ancienne papeterie «Job») appartient à un groupe américain multinational côté en bourse, «Schweitzer De Mauduit».
Le groupe américain possède trois sites en France (à Saint-Girons, au Mans et à Quimperlé), le reste aux USA, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie du sud-est.
Depuis plusieurs mois, les salariés voient dans sa stratégie une volonté d’affaiblir l’usine de la Moulasse, qui pèse 290 salariés sur un territoire déjà lourdement sinistré (et «250 emplois induits» estime la CGT).
«On ne veut pas être mis devant le fait accompli comme à Lédar, où on avait dû jouer les pompiers de service» résume Frédéric Birobent (UD CGT de l’Ariège).
«Des millions d’euros de perte», «des départs non remplacés», «des investissements annoncés abandonnés», «l’entretien défaillant du matériel», «un carnet de commandes qui se dégrade» ou pire encore «un site pillé par des échanges intergroupes unilatéraux»… tous ces signes énoncés par les représentants syndicaux leur font aujourd’hui craindre le pire, estimant que cette dégradation de la situation est «artificielle».
Conscients qu’il s’agit là du dernier bastion économique du territoire, ils entendent mobiliser autour de ce dossier.
Une restructuration mettant en péril l’avenir de l’entreprise
C’est dans le cadre de la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences), un concept de gestion prévisionnelle permettant d’anticiper les besoins en ressources humaines que ce plan a été présenté aux salariés fin 2015 en s’appuyant sur la baisse de la consommation du tabac: «pour légitimer cette mesure, la direction s’est appuyée sur des choix de santé publique.
Tout cela est à pondérer, car à partir de 2019 les pays asiatiques vont être assujettis à la norme LIP, un papier sécurisé fait pour réduire les incendies accidentels.
C’est une production à haute valeur ajoutée… bien sûr elle a été délocalisée en Pologne alors qu’il y avait ici une vraie cohérence industrielle» explique Frédéric Birobent qui hasard du calendrier vient de recevoir les résultats de l’étude prospective commandée l’été dernier permettant de chercher des pistes de reconversion économique du site ariégeois.
Une étude indépendante démontrant les réelles capacités industrielles du site de la Moulasse
C’est un cabinet indépendant (RH Partner) qui a été missionné pour ce travail d’analyse et de prospective.
À la lecture de ses résultats, le plan proposé est encore plus inacceptable pour le syndicaliste: «il est injustifié au plan économique, incohérent au plan industriel et mortifère pour l’entreprise et le territoire».
Avant de développer: «au regard de cette étude nous sommes en mesure d’affirmer que le groupe pille la richesse de l’entreprise, qu’il dégrade l’outil de travail.
En effet depuis trois ans il crée des richesses en France et accumule les profits qu’il préfère investir sur de la technologie en Pologne ou des investissements hasardeux aux Philippines… Des solutions alternatives existent permettant de sauver le savoir-faire des salariés, leur outil de travail et l’emploi sur le territoire».
Selon Jean-Jacques Martin cette étude met en avant que l’outil industriel de la Moulasse est «un outil performant et d’avenir» notamment qu’il a un réel potentiel pour pénétrer d’autres marchés.
«Au lieu de vouloir l’arrêter à partir de juin, il suffit de réaliser quelques aménagements sur la machine 1 pour fabriquer des emballages de luxe ou des emballages écologiques, un réel créneau, car d’ici peu il n’y aura plus de plastique…»
De quoi redonner un peu d’espoir aux salariés de la Moulasse qui face à l’inquiétude qui se profile à l’horizon sont désormais bien décidés à se mobiliser.
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