L'hôpital public va mal: selon la CGT de l'Ariège «ici on soigne le déficit, mais pas les patients»

Manuel Tellez secrétaire CGT du Centre Hospitalier du Val d’Ariège, accompagné de ses homologues du Couserans et des délégués syndicaux des EHPAD, a tenu ce mercredi 10 février une conférence de presse sur la santé de l’hôpital public en Ariège.
Alors que Michel Thiriet directeur du CHIVA et du CHPO affichait il y a quelques jours un enthousiasme décomplexé en ce début d’année 2016 (avec une situation financière qui s’améliore, un déficit en dessous du million, des dépenses maitrisées et des relations sociales au beau fixe), le responsable de la centrale syndicale santé souhaite apporter quelques nuances à ce tableau idyllique, rappelant quelques réalités: le département de l’Ariège est un département rural avec du fait de la pyramide des âges une population âgée de près de 150 000 personnes (souvent précaire), si bien que le CHIVA en est devenu l’hôpital pivot.
Manuel Tellez est favorable à la mutualisation des moyens, mais selon lui le GHT (groupement hospitalier de territoire) va éloigner l’offre de soin et donc le service aux populations, tout en contribuant à vider l’hôpital de ses spécialistes.
«On assiste au jeu des chaises musicales qui n’amène rien de bon pour l’avenir et contribue à la fuite de la patientèle vers Toulouse (on l’estime à 45%).
De plus entre 2015 et 2017 le plan de retour à l’équilibre imposé par l’ARS nous oblige à économiser 1,5 M€.
Aujourd’hui on gèle les postes de soignants alors que l’on embauche à tour de bras directeurs administratifs et cadres… Quand on n’investit pas dans les robots comme cet engin pour faire les piluliers, un investissement à 2 M€ qui permettra de supprimer encore davantage de moyens humains…
Il y a fort à parier que dans 10 ans notre hôpital sera devenu une grande maison de retraite ou un centre de convalescence!»
Il dénonce également une certaine injustice dans l’offre de soin et remet en cause la politique du gouvernement en matière de santé, car «à force de donner des tours de vis et de vouloir faire des économies, on en arrive à de la maltraitance institutionnelle».
Et le personnel des EHPAD est là pour en témoigner: «on nous demande de faire en binôme 14 toilettes en 2 heures, sachant que l’on apprend lors de nos formations qu’il faut compter 20 minutes pour une toilette, on est dans la surenchère perpétuelle faute de moyens humains.
Paradoxalement le coût de l’hébergement est constamment revu à la hausse (il faut compter 2 000€ par mois) sans aucune prestation en nature.
Lors du dernier conflit qui avait agité les EHPAD en décembre 2013, le Dt Alain Corvez de l’ARS s’était engagé à financer jusqu’en 2017 le maintien des emplois (17 postes), se rappelle Manuel Tellez, mais avec un déficit de 350 000€ tous les ans sur les EHPAD, on dépassera le million fin 2016…
Sans compter les personnels rappelés pour des remplacements, corvéables à merci (cela représente 30 000 heures supplémentaires pour les paramédicaux)».
Et quand il évoque la désorganisation des services, le syndicaliste sait de quoi il parle: «il n’y a plus d’ophtalmo et bientôt plus d’ORL… cela va si mal que nous avons demandé au grand dam de la direction une expertise risques psycho-sociaux».
Des effets d’annonce, des financements évanescents et cerise sur le gâteau un DPIT (dossier patient informatisé de territoire) qui n’a aucun agrément de la CNIL.
«Il s’agit du suivi informatique du dossier patient sur les 5 hôpitaux ariégeois… le CHIVA a décidé d’ouvrir la voie en l’annonçant comme une première nationale, mais ils ont commencé sans autorisation de la CNIL et n’ont pas d’agrément pour héberger les serveurs qui renferment ces données confidentielles… à aujourd’hui n’importe qui pourrait consulter ces dossiers, c’est grave!
Nous avons porté plainte contre X car toutes les données des patients circulent dans la nature, il n’y a pas de consentement du patient, ni de charte informatique… c’est un véritable scandale sanitaire».
Au final les responsables CGT Santé tirent la sonnette d’alarme: «Michel Thiriet soigne le déficit de l’établissement, mais pas les patients… on n’est pourtant pas une entreprise, on est un service public et tous les territoires doivent être sur un pied d’égalité en matière de santé».
Samedi 20 février à l’appel de l’intersyndicale CGT, FSU et Solidaires, une grande manifestation est organisée à Pamiers pour dénoncer l’état d’urgence sociale qui règne dans le département.
Les personnels de santé et autres paramédicaux seront présents dans le cortège.
Le CHIVA communique:
Votre dossier sera partagé avec les autres hôpitaux de l’Ariège
Notre établissement disposera progressivement d’un dossier patient informatisé partagé avec les établissements publics de santé de l’Ariège (CHIVA-CHPO-CHAC-AX-TARASCON)
Dans quel but?
Ce dossier a vocation à améliorer la qualité et la sécurité de votre prise en charge et à faciliter votre parcours de soins sur le territoire de l’Ariège:
- Il contient vos antécédents que chaque nouveau professionnel de santé amené à vous prendre en charge peut ainsi connaitre.
- Plus de risque d’oublier d’informations importantes comme les examens qui vous ont été prescrits, les médicaments que vous prenez, les comptes rendus des précédentes hospitalisations et consultations,…
- Puisque le médecin a les résultats de tous vos examens, vous éviterez de subir des examens inutiles qui font double emploi;
En cas d’urgence, vous augmentez vos chances en gagnant un temps précieux.
Qui peut prendre connaissance du contenu de votre dossier?
- Les équipes médicales et paramédicales
Pour mieux coordonner nos actions sur le territoire, acquérir toutes les informations utiles au diagnostic et mettre en œuvre les meilleures stratégies thérapeutiques, les équipes médicales et para médicales qui vous soignent dans les établissements mentionnés ci-dessus accèdent à vos données. Ils les enrichissent.
- Les réseaux de soins
Afin de vous faire bénéficier des meilleures stratégies thérapeutiques et/ou de faire progresser la recherche médicale, nous adhérons à des réseaux de soins comme Oncomip, Diamip, Matermip, Orumip, ….
Ainsi votre dossier, avec votre consentement, peut être étudié par les spécialistes de votre pathologie au cours de réunions de concertation pluridisciplinaire.
- Votre médecin traitant
La loi du 4 mars 2002 permet à tout médecin désigné par vous de prendre connaissance de l’ensemble de votre dossier médical. Les lettres de sorties peuvent ainsi être transmises par voies électroniques sécurisées.
- Vos images radiologiques, scanner et IRM
Nos établissements souscrivent au PACS régional (réseau d’images radiologiques). Ainsi les films disparaissent au profit d’images électroniques. Votre médecin traitant accèdera en toute sécurité à vos images grâce à sa carte professionnelle.
- Votre DMP
Les principaux éléments contenus dans votre dossier peuvent être transmis à votre Dossier Médical Personnel, ce qui ne serait pas possible avec un dossier non informatisé.
- Le médecin du département d’information médicale
Le médecin responsable de l’information médicale, assisté de techniciens ou de prestataires placés sous son autorité, est amené à décrire l’activité de l’établissement. Avant toute transmission, ces données sont anonymisées.
- Le bureau des entrées
Les informations administratives contenues dans votre dossier servent aux bureaux des entrées à des fins de facturation (assurance maladie et mutuelles). Les personnels du BE n’ont pas d’accès aux données médicales. Le serveur identité partagé est hébergé chez un hébergeur agréé.
Quelle sécurité?
Ce système est sécurisé. Il est uniquement accessible aux professionnels dûment habilités et soumis au secret professionnel. Pour toute transmission de données à caractère médical et personnel vers d’autres professionnels de santé comme votre médecin traitant, nous utilisons une messagerie sécurisée et cryptée habilitée par le ministère de la santé.
Aucune donnée vous concernant ne sera transmise à des sociétés privées commerciales ou publicitaires, cela nous est interdit.
Puis-je refuser l’informatisation de mon dossier?
Les informations recueillies lors de votre consultation ou de votre hospitalisation, font l’objet, sauf opposition de votre part adressée par écrit à la direction, d’un enregistrement informatique sécurisé. Vous pouvez demander par écrit à la secrétaire médicale que votre dossier ne soit pas visible par l’un des établissements nommés ci-dessus ou par des personnels de nos établissements.
Nous attirons simplement votre attention sur le fait que certaines informations utiles viendraient à manquer pour une évaluation complète de votre état de santé. Vous pouvez également vous opposer à la transmission des données à un des réseaux de soins.
Les données personnelles des patients sont également susceptibles d’être partagées avec des partenaires extérieurs à l’établissement dans certaines situations:
- Le logiciel d’orientation des patients «ViaTrajectoire» qui permet de préparer votre admission dans un Service de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR). Les données vous concernant seront transmises à ce logiciel à moins que vous n’exerciez une opposition formalisée à cette transmission.
La transmission des données visibles uniquement par des professionnels autorisés est sécurisée. Une déclaration du logiciel à la CNIL a été réalisée en 2009.
- Les images réalisées par le service d’imagerie du CHAC font maintenant l’objet d’un archivage numérique dans un cadre régional, qui permet d’offrir un archivage mutualisé et de développer la téléradiologie.
Ces images sont susceptibles d’être transmises à d’autres professionnels de santé, en cas de nécessité. Elles peuvent également être analysées en cas de besoin à distance (télé-expertise) par des spécialistes afin d’obtenir un avis complémentaire.
Seuls les professionnels de santé ayant une autorisation d’accès aux informations pourront avoir accès à ces images.
Le système d’archivage numérique appelé PACS a fait l’objet d’une déclaration à la CNIL.
La messagerie sécurisée Medimail permet d’échanger des données de santé vous concernant avec des professionnels habilités (médecins traitants) quand ces informations sont nécessaires pour assurer la qualité et la sécurité de votre prise en charge.
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