Les non-sédentaires en congrès en Ariège: le commerce de proximité, dernier rempart à la désertification
Après Collioure en 2015 et avant Nîmes en 2017, la cité comtale accueille jusqu’au 24 février, le 95ème congrès de la FNMF (fédération nationale des marchés de France).
Plusieurs centaines de congressistes participent pendant trois jours à des tables rondes studieuses où sont abordées l’actualité et les préoccupations du commerce de proximité indispensable au dynamisme des cœurs de ville.
Un commerce de proximité qu’il convient de défendre
En zone urbaine comme rurale, au centre-ville comme dans les quartiers périphériques, les marchés constituent des lieux de vie où se développe naturellement le lien social.
Favorisant également les circuits courts et les produits artisanaux, ces rendez-vous hebdomadaires participent à des exigences de qualité et d’authenticité en contribuant à la promotion des produits locaux et des savoir-faire.
La plupart des élus ont compris qu’ils constituent des enjeux pour le présent et l’avenir d’où leur présence bienveillante lors de ce congrès.
Pour Alain Sutra, maire de Tarascon «le marché c’est un lieu de vie et de sociabilité».
Avec l’inversion de la pyramide des âges et le vieillissement des populations en Ariège, les marchés de plein vent apportent aussi des réponses en matière d’accessibilité.
Paul-Louis Maurat président de la CCI, présent à la tribune, précise que la chambre consulaire a toujours apporté son soutien au Syndicat Ariège animé par Patric Trocars: «il participe de manière significative à la vie économique et sociale de notre département, mais également au dynamisme de nos centres-bourg…
C’est très important pour la valorisation des produits locaux et le tourisme […] nous continuerons à appuyer, soutenir ces commerçants non-sédentaires qui font partie de cette tradition et constituent le cœur de vie de nos territoires».
Monique Ruben la dynamique présidente de la fédération nationale (elle compte 22 000 adhérents) admet que si 80% des élus jouent le jeu, 20% rechignent aux efforts à consentir pour garder un marché de proximité et de qualité.
«Entre la guerre des investitures et le matraquage en matière de droit de place, beaucoup de commerçants ambulants jettent l’éponge.
Pourtant ils représentent 150 000 entreprises, tous secteurs confondus (soit 90 000 entreprises répertoriées sans compter les agriculteurs qui sont à la MSA, les marins pêcheurs ou les artistes libres) soit 200 000 emplois induits».
Innovation, concurrence, transmission: les commerçants des marchés doivent actuellement relever de nombreux défis
Parmi les dossiers évoqués dans le cadre de ce congrès, la concurrence déloyale sur le domaine public.
«Nous avons interpellé Emmanuel Macron à ce sujet», précise Monique Rubin.
Originaire du Vaucluse où elle vend depuis de longues années des chapeaux, la présidente avoue que les vendeurs sauvages à l’étalage qui ne paient aucun droit sont devenus une vraie menace pour la profession organisée qu’elle défend.
«Nous demandons aujourd’hui l’application de la loi pour tous, que la vente sauvage ou le commerce interlope soient contrôlés, il faut que les règlements soient appliqués…
Sinon le pouvoir de la rue se fera entendre et nous sommes prêts à défaut de se faire écouter, à nous faire entendre».
Cependant la présidente de la FNSCMF avoue que des avancées ont été faites notamment avec le texte de loi de 2014 présenté par Carole Delga, alors secrétaire d’État au commerce.
«Nous sommes heureux que la présidente de la nouvelle région élargie soit présente ici et impliquée à nos côtés pour faire remonter nos revendications».
Des revendications qui concernent également le volet social et que Monique Rubin sera à même de développer demain à la tribune lorsqu’elle accueillera Gérard Quevillon, président de la caisse nationale du RSI.
«Nous sommes assujettis à plus de 50% de charges sociales, c’est énorme! Il y a de quoi être étranglé surtout qu’en même temps les droits de place augmentent de manière exponentielle.
Oui nous sommes inquiets, alors qu’en même temps nous sommes persuadés d’être des acteurs incontournables du secteur économique, présents au cœur des villes pour répondre aux attentes des consommateurs…
On pourrait s’attendre effectivement à davantage de considération et on attend aujourd’hui un coup de pouce».
Une présidente qui entame son quatrième mandat et qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots.
Carole Delga a garanti aux commerçants l’engagement de l’État à leurs côtés.
Elle a rappelé en préambule les actions qui avaient déjà été impulsées: signature de la «Charte pour le développement des marchés de France.
Cette charte traduit notre détermination commune à assurer la pérennité des marchés et de l’activité non sédentaire.
Nous y définissons les engagements de l’État, des communes et des commerçants à développer et valoriser ce secteur et à généraliser les bonnes pratiques».
Face à la concurrence déloyale: la loi sur l’artisanat, le commerce et les très petites entreprises a remis de l’équité entre les commerçants de droit commun et les auto-entrepreneurs.
Enfin concernant la transmission-reprise, «la loi sur l’artisanat, le commerce et les très petites entreprises facilite et sécurise les transmissions.
Le titulaire d’une autorisation d’occupation dans une halle ou un marché peut présenter au maire son successeur en cas de cession de son fonds…
J’ai allégé la cotisation des indépendants, car il faut savoir soutenir tous les commerçants ambulants qui créent de la richesse économique, mais surtout du lien social et c’est pourquoi maintenant en tant que présidente de la région, j’ai souhaité être présente ici, car la région aide le commerce, y compris le commerce non sédentaire en restaurant les halles, les places de marché…
Car il est indispensable d’amener de l’attractivité, de l’animation au cœur des villes et villages».
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