Meurtre d'un expert en art: un homme "brillant", qui "aimait les jeunes gens"
© AFP - BENOIT PEYRUCQ
Un "homme tranquille", "extrêmement brillant": au procès des agresseurs présumés de l'expert et historien d'art réputé Jean-Nérée Ronfort, tué en 2012, son compagnon a brossé le portrait d'un homme qui "aimait les jeunes gens", sans se montrer imprudent lors de ses rencontres tarifées.
"C'est moi qui ai trouvé le corps", explique à la barre de la cour d'assises de Paris Dominique Augarde. A ce moment-là, ce 4 avril 2012 au matin, Jean-Nérée Ronfort, 69 ans, gît grièvement blessé, dans le couloir de l'appartement qui faisait office de bureau, de chambre d'ami et de garçonnière, mitoyen du domicile du couple.
"J'ai poussé la porte", "vu du désordre", "il ronflait, il était couvert de sang", raconte M. Augarde. "Immédiatement, j'ai compris qu'il n'y avait plus rien à faire, j'ai appelé les secours."
Costume et cheveux gris, petites lunettes rondes sur un visage aux traits creusés, il raconte Jean-Nérée Ronfort, l'intelligence de ce compagnon qui a arrêté en 1975 son doctorat de physique nucléaire pour prendre la succession de son père.
Ensemble, les deux hommes, spécialistes du mobilier ancien, ont inventé "une nouvelle forme d'expertise", basé sur des recherches documentaires, "pour remonter l'histoire des objets". L'un et l'autre, qui vivaient et travaillaient ensemble depuis 35 ans, ont été faits chevaliers de la légion d'honneur en 2011.
Son "seul défaut": Jean-Nérée Ronfort "aimait les jeunes gens", "moi-même il y a bien longtemps, je ne le suis plus".
L'amour charnel était parti, Jean-Nérée Ronfort prenait des rendez-vous payants. Comme il en avait avec son meurtrier présumé, une jeune homme de nationalité roumaine, qu'il avait rencontré quelque temps auparavant porte Dauphine à Paris.
Lors de ces rencontres, il se montrait prudent, il "prenait la sécurité nécessaire", assure son compagnon.
Le principal accusé, Reimond Eduard Ori, aujourd'hui âgé de 23 ans, a affirmé pour expliquer le déchaînement de coups qui lui est reproché que la victime aurait tenté de le violer. C'est ce qu'il avait dit à deux co-accusés d'affirmer face à la police, a expliqué l'un d'eux.
"Totalement délirant", "absurde", "absolument hallucinant", "c'est irréel, complètement inventé", "on a l'impression d'un scénario", dit posément M. Augarde, interrogé sur la crédibilité de cette thèse, de la description donnée par l'accusé, on a "l'impression d'avoir Terminator".
Du procès, qui se tient jusqu'à jeudi, il attend "que la cour rende une certaine forme de justice, la justice n'étant pas de ce monde".
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