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Femmes dans l'agriculture: leurs droits à la loupe
17/08/2012 | 17:22
© MidiNews (archives)
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Elles sont 680 chefs d’exploitation en Ariège, soit 1/4 du total. Sans oublier les 200 conjointes collaboratrices, et 200 salariées agricoles.

Et il est loin le temps où, même si elles travaillaient sur les exploitations agricoles, les femmes n’avaient droit à rien, ou à pas grand chose.

Années après années, leurs droits se sont étoffés. Et ce sont tous ces droits qui sont minutieusement expliqués dans un guide («Guide des femmes en Agriculture»). Une première qui sera présentée officiellement le 26 août en Ariège.

«L’idée était vraiment de pallier à un manque d’informations en matière de droits, qu’ils soient professionnels, sociaux ou personnels» explique Stéphanie Pedrini (animatrice pour la FDSEA de l’Ariège).

Avec sa collègue Delphine Gasc, elles ont travaillé à l’élaboration du guide et se sont par la même occasion penchées sur l’histoire des femmes dans l’agriculture.

«Nous avons un dictionnaire datant de 1954. Le mot 'agricultrice' n’existe pas !» s’amuse Stéphanie Pedrini, «dans un autre, une agricultrice est automatiquement définie par 'femme d’agriculteur'»

Il faut donc mesurer le chemin parcouru.

«Avant, les femmes ne prétendaient à rien» poursuit Delphine Gasc, «sans retraite, elles dépendaient totalement de leurs hommes. Comme les femmes d’artisans qui faisaient la comptabilité mais qui n’avaient aucune reconnaissance officielle»

C’est peut être pendant les deux guerres qu’elles ont gagné le respect.

Leurs hommes partis sur le front, elles ont fait tourner les exploitations, seules. A leur retour, plus rien n’est jamais plus comme avant.

Et en 1946, la «commission nationale des agricultrices» est créée. Dans la foulée, le syndicat agricole majoritaire (FNSEA) voit la création de «commissions départementales d’agricultrices»; en Ariège, elle est présidée par Anne-Marie Calmet.

Au fil des années, c’est l’évolution de la loi qui est venue pas à pas améliorer le statut des femmes en agriculture.

«Les choses continuent d’avancer...» selon Stéphanie Pedrini. A l’image de la création en 2010 (ce n’est pas vieux) du statut de «co-exploitantes» où chacun des conjoints est considéré comme exploitant à part égale.

D’autres statuts ont été formalisés comme le statut de «conjointe salariée» ou de conjointe «collaboratrice»

Ils peuvent d’ailleurs tous, dans l’autre sens, être mis au masculin.

Quant aux mentalités, beaucoup confient que les femmes doivent peut-être plus faire leurs preuves que les autres dans le milieu. Et la tâche sera plus facile quand l’exploitation lui a été transmise par la famille.

Des progrès restent donc à faire, quand on peut encore entendre dans certaines réunions (de source féminine attentive), «les femmes, c’est bon pour faire les confitures !»

«Mais le but n’est pas de s’apitoyer sur le sort des femmes dans l’agriculture» insiste Delphine Gasc, «mais au contraire, de montrer que même si c’est un métier difficile, il est attrayant.

Le monde agricole sait être solidaire. C’est une manière de dire aux nouvelles venues qui veulent se lancer dans ce secteur qu’elles ne seront pas seules
»


Pour découvrir le guide...

Le lancement officiel se fera le 26 août au cours du Festiv’Agri à Mazères.

La commission des agricultrices y tiendra un stand, où y sera retracée l’évolution de la condition féminine au cours des années.

Des portraits de femmes croisant plusieurs générations seront aussi présentés.
actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 17/08/2012 | 17:22 | Lu: 20295 fois