C’est en ces termes que Pierre Eclache, nouveau président du syndicat des propriétaires forestiers de l’Ariège réuni en assemblée générale ce matin au Fossat, a interpellé ses troupes.
Car selon lui, c’est de la responsabilité du syndicat «d’alerter les propriétaires», de leur faire comprendre les enjeux de demain: «nous représentons 15 000 ha de bois sur 140 000 avec seulement 350 adhérents sur 40 000, il faut donc atteindre les 39 500 autres propriétaires»
Le président Eclache a défendu sa position en sept points dans un rapport moral mené tambour battant.
Parmi les sujets abordés: les propriétaires «doivent rester seuls maîtres des décisions de gestion de leur bois dans le cadre de la réglementation en vigueur»
Concernant les parcelles laissées à l’abandon qui accroissent les risques d’incendie, «cela relève des pouvoirs de police des maires ou du Préfet qui doivent prendre leur responsabilité, cela n’a rien à voir avec le foncier ou la gestion forestière»
L’accessibilité externe et interne aux massifs est selon lui une question vitale pour les bois car «pas de voirie = pas de filière bois […] les bois sur pied représentent un capital, il est de notre responsabilité de les protéger contre les risques d’incendie.
Pour des raisons de sécurité et de responsabilité nous ne pouvons accepter que nos bois soient transformés en espaces de loisirs sans qu’au préalable une convention ait été établie»
Les contraintes de plus en plus fortes sur les dessertes extérieures au massif ainsi que les problèmes liés à la voirie ont également été évoqués lors de cette assemblée générale.
Pierre Eclache a pointé du doigt ces problèmes récurrents: «c’est au maire à rouvrir les chemins ruraux dont la fermeture a enclavé des parcelles boisées»
Face à l’éclatement foncier, aux successions ingérables, le président du syndicat demande un programme de remembrement et la révision du cadastre.
Enfin, il a été question du projet GLS (gestionnaire-locataire-sylviculteur), une expérimentation portée par le Conseil général de l’Ariège et la fédération pastorale (dont aucun responsable n’avait été invité à cette AG pour exposer le dossier) visant à lutter contre le morcellement forestier et à valoriser la forêt.
Un comité de pilotage a été constitué, il s’appuie sur les acteurs de la filière bois: CRPF, fédération pastorale, CG, GDF Sylvestre, syndicat des propriétaires forestiers.
Un technicien, Nicolas Bez, a été embauché cet été pour réaliser des diagnostics de massifs et mettre en place un dispositif approprié.
Pierre Eclache a avoué que «l’idée était bonne sur le principe mais il s’avère difficile de la mettre en œuvre.
J’ai beaucoup insisté sur la nécessité de motiver les propriétaires pour qu’ils s’intéressent à leurs bois et qu’ils participent activement aux échanges de parcelles, à la résorption de la multiplication des micro-parcelles que l’on ne peut ni exploiter, ni faire exploiter.
Ce n’est pas seulement pour le plaisir de sortir davantage de bois mais c’est pour lutter contre les risques d’incendie. Il faut absolument nous protéger. Je ne suis pas contre l’idée du GLS mais je suis contre la méthodologie mise en œuvre, ce qui est différent»
Ce projet de GLS part d’un constat: 92% de la forêt privée est constituée de parcelles inférieures à 4 ha couvertes dans la plupart des cas de forêt dite d’enfrichement.
Dans le département de l’Ariège comme dans la plupart des départements de montagne (mis à part le Jura ou les Vosges qui ont une réelle culture sylvicole), la forêt pousse naturellement, quand elle arrive à maturité, elle est rasée.
A cela il faut ajouter un fort exode rural qui a poussé les propriétaires forestiers à se désintéresser de leurs parcelles.
L’objectif du Conseil général à travers ce GLS est de constituer des unités pertinentes de gestion, proposer aux propriétaires un diagnostic gratuit et une gestion adaptée de leurs parcelles qui permettra grâce à la mutualisation des coûts d’offrir un véritable parcours sylvicole avec des bois sains, taillés, entretenus, offrant une véritable valeur ajoutée (à présent le seul débouché des forêts ariégeoises se résume à la pâte à papier).
La fédération pastorale et le Conseil général viennent d’éditer une plaquette destinée à être distribuée dans les mairies, intitulée: «Agir ensemble pour construire des unités de gestion sylvicole», espérons que les problèmes de méthodologie ou de sémantique arriveront à s’estomper entre les partis.
| Le problème de l’ours Il y a cinq ans, l’ours ne représentait pas un véritable problème pour Pierre Eclache qui trouvait même «le phénomène intéressant car il faisait partir les touristes et les ramasseurs de champignons» Entre temps le préfet de région a édité un document technique intitulé «Guide de gestion forestière en compatibilité avec les besoins vitaux des ours» dans lequel il demande aux propriétaires forestiers habitués à réaliser sur leurs bois des «coupes usagères» de les faire hors périodes susceptibles de déranger l’ours… Pour améliorer l’habitat du plantigrade il leur est également demandé d’effectuer des plantations avec «des éléments végétaux prédominants dans son régime alimentaire» «Je ne voudrais pas que pour assurer le confort de l’ours, on expulse les propriétaires forestiers, tempête Pierre Eclache. Si ces petits propriétaires font du bois pour se chauffer, ils en ont besoin car ils ne sont pas très riches. Je l’ai dit à la DREAL, si l’on veut leur interdire d’exploiter leur forêt, il faut que l’Etat leur fournisse de quoi se chauffer, autant de stères de bois coupées fendues qu’il leur est nécessaire, le tout aux frais de l’Etat !» |
- Aleda: deux soirées de la thermographie pour parler des déperditions d'énergie
- Arcouzan, le dernier témoignage de l'ère glaciaire dans les Pyrénées ariégeoises
- Haute-Ariège: 150 m3 de bois tractés par une mule
- Le martelage, une opération vouée à dessiner la forêt ariégeoise de demain
- Le Conseil général de l'Ariège se mobilise pour une sylviculture concertée
- Ariège: les animations pour la fête de l'énergie ont plu
- Vergers de la Plume: une production familiale tournée vers l'avenir
- Assemblée de la fédération pastorale à Castillon: «pour une montagne vivante»
- La Bastide-de-Sérou reçoit un soutien de la Région pour développer son action autour des énergies...
- Pays d'Olmes: carrière de calcaire des Gargantes, l'enquête publique est terminée

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.




