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Manifestation: 400 agriculteurs ariégeois défilent dans la ville rose

© midinews 2014 - L. Lopes - Terres d'Ariège

C'est à l'appel du syndicat majoritaire FDSEA-JA que les agriculteurs ariégeois à l'instar de leurs collègues des autres départements Midi-Pyrénéens ont convergé ce mercredi sur la ville rose venant grossir le cortège des 3000 manifestants et 300 tracteurs pour cette manifestation régionale, la plus importante après celle de Paris.

Provoquant des ralentissements sur le périphérique et au centre ville ou ils se sont retrouvés à plusieurs endroits symboliques (agence de l'eau, cité administrative ou Préfecture) cristallisant leurs revendications avant de rejoindre les allées Jean Jaurés et de déverser du fumier et de brûler des pneus.

Au fil de leur pérégrination, les manifestants ont déversé du fumier devant la cité administrative, siège de tous les services de l'Etat accusés de leur imposer des réglementations trop contraignantes et dont ils symboliquement ont muré l'entrée. Le siège d'Europe Écologie les Verts dans le quartier Saint Michel a été copieusement bombardé de lisier.

Le Parti écologiste a décidé de porter plainte. Et plusieurs dizaines de ragondins ont été lâchés à la préfecture. Au total ce sont plus de 17 tonnes de fumier qui ont été répandu sur la voie publique. Les opérations escargot ont occasionné des perturbations dans la circulation au grand dam des toulousains.

Dans le collimateur des manifestants: les normes environnementales, le gouvernement, l'administration et l'Europe imposant le nouveau plan nitrate de la région qui représente pour les syndicats une véritable menace pour l'agriculture.
Les zones vulnérables cœur des préoccupations des agriculteurs ariégeois
Ils étaient plus de 400 et une cinquantaine de tracteurs venus grossir les rangs de la manifestation «trois sites étaient particulièrement visés, nous sommes restés avec les délégations de l'Aveyron et des Hautes-Pyrénées à l'ONEMA (office de l'eau et des milieux aquatiques) où nous avons déployé une bâche avant de se diriger vers la préfecture de région ou nous avons également dispose une bâche contre les grilles et déversé un peu de fumier» explique Jean François Naudi vice président de la FDSEA qui assure que ses troupes se sont bien tenue.

A l'heure du déjeuner les agriculteurs se sont regroupés sur les allées Jean Jaurés «nous avons répandu un peu de terre pour expliquer aux citadins notre métier, nos difficultés... on ne venait pas pour être reçu par le préfet de région mais pour faire de la pédagogie».

 Si le cahier revendicatif du syndicat agricole pointe huit points liés aux difficultés que rencontre la profession, c'est bien la problématique des zones vulnérable qui touche de plein fouet les ariégeois malgré les dernières déclarations de Ségolène Royal souhaitant assouplir le nouveau zonage (qui doit on le rappeler ajouterait 63 communes aux 37 de la précédente directive).

Mardi 4 novembre la ministre de l'écologie a annoncé avoir mis au point une «méthode d'adaptation à la réalité de terrain des zones vulnérables aux nitrates d'origine agricole».

Cette annonce faisait suite à la réunion tenue la veille avec les préfets coordonnateurs de bassins et les agences de l'eau. L'adaptation de ce nouveau zonage répond à une réalité de bassins et porte sur «la prise en compte des limites des bassins versants alimentant les masses d'eau superficielles» explique la ministre de l'écologie ce qui évite de classer tout le territoire communal mais aussi de corriger des erreurs ponctuelles relevées pendant la concertation.

Cette nouvelle adaptation de la carte est loin de recueillir les suffrages de Jean-François Naudi. «Certes ce nouveau zonage baisse de 30% le nombre des communes qui figurent en zone vulnérable mais les mesures contraignantes demeurent.

On ne peut se contenter de petits arrangements nous demandons une vision la plus claire possible des pollutions au nitrate agricole (en faisant des relevés). On ne pourra avancer dans cette crise que si nous trouvons des solutions sur les mesures de stockage du fumier et sur l'épandage dans les pentes.

Cependant notre syndicat note que la ministre de l'écologie cherche une solution pour sortir de cette situation par le haut et on ne peut que s'en réjouir
»

Laurence Cabrol | 06/11/2014 - 18:21 | Lu: 38096 fois