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Chasse: une saison 2014/2015 historique pour le sanglier

© midinews 2015

«Entre 8 000 et 10 000 sangliers tués cette année dans le département de l’Ariège!

Qu’est-ce qu’il serait arrivé si nous n’étions pas intervenus ?
» tempête Jean Luc Fernandez le président de la fédération des chasseurs ariégeois qui au terme de cette saison exceptionnelle fait le bilan avec ses ACCA.

À Fougax et Barrineuf pas moins de 230 spécimens, 205 à Aston… les chiffres donnent le tournis sachant que cette année la fédération avait anticipé au regard des dernières campagnes en étendant la période de chasse de 15 jours.
Prolifération des sangliers en Ariège
Un tableau de chasse qui laisse rêveur au regard des dossiers d’indemnisation «grand gibier», car outre ses missions de gestion cynégétique, l’indemnisation des dégâts occasionnés aux cultures et aux récoltes agricoles est assurée par la Fédération départementale des Chasseurs (la saison dernière l’enveloppe s’élevait à plus de 220 000 €).

Elle n’est possible que pour les dégâts occasionnés par les seuls sangliers et les autres espèces de grands gibiers soumis à plan de chasse (sachant qu’en Ariège les dégâts sont causés à 90 % par les sangliers et se concentrent essentiellement sur les coteaux et le piémont).

Des dégâts financés par le timbre «grand gibier» payé par les chasseurs ariégeois: «les dégâts aux cultures supportés par les chasseurs ariégeois croissent à la même vitesse que le nombre et l’appétit des sangliers, ajoute le président Fernandez.

Nous avons d’excellentes relations avec le monde agricole, mais nous restons très vigilants par rapport aux dégâts, car nous nous sentons bien seuls quand il faut payer l’addition. Une facture alourdie depuis quelque temps par le cours des céréales».

 Le président se bat pour une véritable réforme «seule la refonte courageuse du système sortira les fédérations départementales des chasseurs et les exploitants de cette spirale infernale»

Au niveau des effectifs, le président Fernandez a déploré une perte d’une centaine de chasseurs «ce sont souvent des populations âgées et l’augmentation depuis trois ans des nouveaux permis ne permet pas encore de colmater les brèches».

 Pour autant le truculent président des chasseurs ariégeois s’est félicité de l’abondance et de la variété du gibier ariégeois en même temps que du coût modéré de cette pratique ancestrale qui fait du département de l’Ariège une destination prisée des citadins.
La chasse au chien d’arrêt pénalisée
Les contraintes du monde agricole, notamment le déchaumage et le labour après moisson contribue largement à la destruction des nids (cailles et perdrix).

Et bien que la fédération des chasseurs fasse un effort important pour la réimplantation des perdreaux, beaucoup de chasseurs sont pénalisés et condamnés à la double peine: l’absence des migrateurs (les cailles et les bécasses n’étaient pas au RV cette année) et la disparition du petit gibier en zone de plaine du fait des pratiques imposées par la PAC.

Heureusement les autres espèces se portent bien: le passage des palombes et la présence de galliformes de montagne ont fait oublier cette frustration passagère.

Jean-Luc Fernandez a précisé pour le grand tétras que ses chasseurs ont contribué par les comptages et leur contribution aux études nationales, à fixer un quota acceptable pour tout le monde. Lagopède, perdrix grise, grand tétras... autant d’espèces pour les passionnés de chasse en montagne, «des espèces qui ne sont pas en danger dans les Pyrénées».

Concernant le grand gibier même si la fédération est vigilante concernant les dégâts occasionnés par les sangliers, les motifs de satisfaction sont cependant importants «je remercie tous ceux qui pratiquent la chasse en battue avec des chiens courants sur les zones à ours, preuve que les chasseurs ariégeois sont capables depuis 20 ans de pratiquer la chasse en présence de l’ours.

Les cervidés sont abondants si bien que sur certains territoires comme Mazères, Rieucros ou Saverdun nous avons dû augmenter les plans de chasse.

Nous travaillons en relation avec l’ONF gestionnaire des territoires de montagne pour avoir des plans de chasse et des pistes adaptés.

Nous enregistrons une baisse des populations des chevreuils qui serait due à l’apparition d’un parasite.

Le Dt Alzieu directeur du laboratoire vétérinaire départemental travaille sur cette problématique. Grâce à ses études sur la pestivirose de l’isard et la border Disease des ovins nous avons réussi à trouver un terrain d’entente avec les éleveurs qui à titre expérimental vont lancer une campagne de vaccination sur le massif d’Orlu (6500 ovins sont concernés).

Autant d’initiatives qui prouvent une fois de plus que les chasseurs sont des gens responsables. Si bien que nous sommes consultés pour le SCOT, le PNR, le PLU et des conventions de partenariat sont signées pour notre expertise du terrain
».

Rendez-vous est donné d’ores et déjà à tous les chasseurs ariégeois samedi 25 avril à partir de 9 h à Montgailhard (salle polyvalente) pour la traditionnelle Assemblée générale.

Laurence Cabrol | 19/02/2015 - 20:06 | Lu: 39915 fois