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Couserans: le projet culturel de pays s'affine et s'affirme
27/09/2012 | 18:04
© MidiNews 2012

La culture avec un «grand C» occupe une place importante en Pays Couserans.

Devant un parterre d’élus et partenaires, François Murillo annonçait début 2011 la création de l’agence de développement de l’économie culturelle du Couserans, l’ADECC.

Avec la grande manifestation culturelle qui se profile du 2 au 13 octobre prochain «ça s’Agit(e) en Couserans» opération symbolique et véritable vitrine de son action, il a semblé utile de faire pause un moment sur les grands traits qui caractérisent justement l’action de cette agence, en compagnie de Francine Soum Douillet, qu’on ne présente plus et Jean-François Brunel, chargé de mission culture au sein du Syndicat de Pays Couserans.

Comme un symbole c’est aux côtés de représentants des Théâtrales en Couserans et d’Act’En Scène qu’ils reviennent sur les missions de l’ADECC.

«Plus que jamais !», c’est comme un cri du cœur émanant de l’adjointe à la culture de la mairie de Saint-Girons lorsqu’on lui demande si l’ADECC demeure un outil important pour le Couserans.

Sur un territoire aux fortes traditions, culturellement et artistiquement riche: arts plastiques, cirque, théâtre, musique, danse, etc., qui rythment la vie du Pays, une multitude d’acteurs se côtoient, sans toujours se connaître et générant l’impression d’une offre pléthorique et très hétérogène, voire en concurrence.

Le premier mérite de l’ADECC deuxième du genre créée en Midi-Pyrénées, est de «permettre de fédérer les énergies sur des projets communs»

Autour de trois pôles identifiés: le théâtre, la musique, les arts plastiques, «elle réunit des acteurs culturels jusque là éparpillés» et promeut un travail collaboratif et concerté, qui facilite autant qu’il favorise la mutualisation des moyens (tant techniques qu’humains et financiers).

Si les tâtonnements persistent aujourd’hui en matière d’arts plastiques, «des solutions sont à l’étude» pour mettre à disposition des acteurs emmenés par Tracé à Main Levée un local qui servirait tout autant de vitrine que de lieu d’exposition temporaire voire permanente.

Formalisation d’avancées plus flagrantes dans le domaine musical, le projet Passatges, chantier d’exploration musical de pays est entré dans le «paysage culturel du pays»

Formation, diffusion et création sont au cœur de l’action concertée des acteurs du territoire autour de l’ADECC.

Par son truchement ce sont près d’une trentaine de spectacles et manifestations qui sont ainsi coproduits et co-réalisés par an.

5 000 spectateurs tout public (et 600 scolaires) ont fréquenté la quinzaine de lieux de diffusion maillant tout le Couserans.


Autour d’un solide noyau dur de 16 partenaires (Union Musicale Saint-Gironnaise, Art’Cade, Biroussans, l’Estudiantina, Mandolines du Couserans, Service des affaires culturelles de la ville de Saint-Girons...), 67 Artistes professionnels se sont impliqués sans compter les communes.

Avec les rencontres Passatges, les soirées «3'4», ce sont autant de moments forts ou intimistes qui jalonnent l’exploration et la diffusion musicale.

Après le Hautbois l’an passé, c’est un autre instrument typique d’une certaine identité locale qui est mis à l’honneur cette année, la Mandoline, ou encore ces travaux sur l’anthologie de l’«Aboes» et les interactions entres les langues (en particulier françaises et occitanes).

Un soutien à la création, via des résidences d’artistes notamment, permet les échanges et l’interaction entre les musiques traditionnelles et les musiques actuelles dont la scène de musiques actuelles Art’Cade est l’illustration.

Le programme «Côté Cour - Côté jardin» est le pendant de ce qui se fait pour la musique dans le domaine du théâtre et du spectacle vivant.

Sous la coordination de l’ADECC, «au travers de coproductions, de coréalisations une dynamique nouvelle s’est mise en place» entres les Théâtrales du Couserans, Act en Scène et les services culturels de la municipalité de Saint-Girons autour desquels gravitent les acteurs associatifs.

Une «recherche de projets artistiques de qualité», préalable à l’éventuelle mise en place d’un label pays, qui s’efforce en tous les cas d’assurer «une meilleure lisibilité doublée d’une cohérence territoriale dans la programmation annuelle»

Au travers de l’accueil, du soutien à la création et à la diffusion, cette démarche inter-associative crée des liens entre artistes, amateurs et professionnels, compagnies régionales mais aussi avec le public via des opérations de sensibilisation (ateliers, stages…), ou de communication (le «ZAC» petit fascicule sur la programmation culturelle, les pages de blogs, etc.).

Ainsi, ce sont près de 30 opérations de diffusion (comme la semaine du conte tout récemment…) qui ont été réalisées cette année mais aussi 14 journées de formation ou sensibilisation (Café à écrire, ateliers d’écriture) dans lesquelles 27 communes se sont impliquées.

L’accueil de troupes et compagnies extérieures en résidence de création, reposant sur des collaborations avec des structures comme l’Estive, le COMDT, Music’Halle, la Grainerie, génère des partenariats avec des compagnies régionales (Cie Agit, Cie Des Demain, Cie Huppee) vécue comme une réelle reconnaissance.

La venue pour deux semaines en résidence de création de François Fehnert (co-fondateur de la Cie Agit adossée à la Grainerie de Toulouse) en est une parfaite illustration.

Dotée d’un budget pour cette année de près de 40 k€ (avec des financements sensiblement équilibrés entre le local et la région) et sans oublier les financements spécifiques du Conseil général sur des projets sectoriels, l’ADECC se veut un «outil coopératif amenant une plus-value culturelle aux projets du territoire»

Par touches successives, se co-construit sous sa houlette, une programmation culturelle globale et éclectique reposant sur la participation de tous.

Une saine émulation qui «tire vers le haut l’ensemble des acteurs», avec à l’arrivée l’établissement d’une véritable saison culturelle qui réussit le tour de force d’allier création contemporaine moderne et perpétuation des traditions.

Au-delà des retombées économiques que l’on peut en espérer, c’est surtout l’attractivité du territoire qui peut profiter de ces dynamiques tout en favorisant un lien identitaire étroit entre les habitants et leur pays.

Ce paysage culturel en mouvement mais obéissant d’une logique pays constitue en soi l’ossature d’une identité de territoire qui se renouvelle pour mieux perdurer.

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auteur: Py.M | publié le: 27/09/2012 | 18:04 | Lu: 6876 fois