Dans le but d'introduire des thématiques communes aux spectacles de la saison, d'échanger et de partager des réflexions, l'Estive a imaginé 4 soirées baptisées «Entre-Deux Saisons»
Organisées en deux temps, elles débutent par une rencontre-débat ou un spectacle puis se prolongent par un moment de dégustation.
C'est au Carla-Bayle qu'avait lieu le premier rendez-vous convivial de l'«Entre-Deux Saisons», vendredi 26 octobre.
Dans la salle du lac, une assemblée nombreuse était venue assister à cette rencontre-débat sur l'Afrique de l'Ouest.
Michel Pintenet, directeur de l'Estive, a tout d'abord expliqué le principe de cette nouvelle formule de la Scène Nationale, dont l'intérêt est de «confronter talents et savoir-faire»
Cette première soirée a été organisée en relation avec la venue d'Amadou et Mariam (Mali), de Vieux Farka Touré (Mali) et du chorégraphe Seydou Boro (Burkina Faso).
Puis, Michel Pintenet a présenté les deux intervenants Christian Marquestaut et Anita Pellegrinelli, ainsi que l'animatrice de la rencontre, Patricia Pailleaud.
Chargé de mission de l'ASODIA (Association Sud-Ouest pour le Développement International Agricole), Christian Marquestaut a évoqué les différentes organisations professionnelles agricoles de la région Midi-Pyrénées.
Ses interventions sont basées sur des coopérations durables avec des agricultures étrangères, notamment le Sénégal, qui entreprennent la mise en place d'organisations paysannes, de type coopératives ou mutuelles de crédit.
L'originalité de l'ASODIA, créée en 1975, est de proposer des méthodes de développement de profession à profession, d'homologue à homologue, à tous les niveaux de la filière agricole.
Son but étant, comme pour beaucoup d'autres associations, de rendre les agriculteurs pleinement acteurs de leur propre développement.
Deux programmes sont menés au Sénégal, dans le cadre des accords de la coopération décentralisée passés entre la Région Midi-Pyrénées en France et les Régions de Saint-Louis et de Thiès.
Anita Pellegrinelli, responsable des missions internationales au sein de l'organisation «Terre et Humanisme» fondée par Pierre Rabhi, a présenté à son tour son association.
Tournée vers l'agroécologie, celle-ci part d'un principe simple: celui de «prendre à la nature ce dont nous avons besoin pour vivre et lui restituer ce qu'il lui faut pour se régénérer»
A la fois éthique de vie et pratique agricole, l'agroécologie est adaptable à tous les biotopes, au Nord comme au sud, et accessible à tous.
L'action de «Terre et Humanisme» consiste à «réveiller les savoirs endogènes» dans la perspective d'une souveraineté alimentaire des populations et de la sauvegarde de la nature.
Au Mali par exemple, dans le village de Tacharane près de Gao, l'association a défini un programme pour garantir l'autonomie et la sécurité alimentaire, à la demande du chef traditionnel.
Pour lutter contre la sécheresse et la désertification, «Terre et Humanisme» a travaillé à la diffusion des pratiques agroécologiques, à la réalisation d'aménagements agricoles et à la production de semences paysannes.
Cela par le biais d'une structure unique regroupant toutes les associations villageoises.
De nombreuses actions sont également menées au Burkina Faso, au Sénégal, au Cameroun ou dans d'autres régions du Mali.
Des associations ariégeoises en Afrique de l'Ouest
Après les interventions de Christian Marquestaut et d'Anita Pellegrinelli, concernant deux organisations expérimentées avec plusieurs programmes à leur actif, la parole a été donnée aux représentants de quatre associations ariégeoises, lancées plus récemment dans la réalisation de projets d'aide en Afrique de l'Ouest.
Pour «Présent d'Avenir» (Pailhès), «Cœur des Castid'Jeuns» (Castillon), «Malikanu» (Sieuras) et «Massathuma» (Massat), le point de départ de l'engagement a été le même: un premier voyage en Afrique de l'Ouest et un énorme coup de cœur pour le pays découvert et pour ses habitants.
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Depuis l'Ariège, différents programmes d'aide ont vu le jour: le soutien aux mères sans mari, aux jeunes filles mères ou aux enfants maliens avec Malikanu; la rénovation d'une école au Togo avec Cœur des Castid'Jeuns, permettant d'accueillir 80 enfants à la rentrée; l'envoi de matériel scolaire et une aide pour puiser l'eau en Casamance avec Massathuma; ou encore le soutien de Présent d'Avenir à une organisation de paysans sénégalais pour accéder à l'eau potable et agir sans l'influence de grands groupes.
Si la réalisation de ces projets est une grande satisfaction pour ces jeunes associations et les populations aidées, des interrogations apparaissent.
Certaines sont d'ordre pratique: où trouver des financements? Comment s'organiser pour pérenniser les actions? L'école rénovée au Togo, après trois semaines de travaux, ne va-t-elle pas se retrouver rapidement délabrée dans les années à venir par manque d'entretien?
Mais d'autres questionnements, plus profonds, appellent à la réflexion: Faut-il «tout arrêter», comme cela a été suggéré dans la salle? Selon certains en effet, l'aide sous forme de donation pourrait se révéler néfaste pour les sociétés africaines et porter un message négatif, celui de notre «supériorité»
Des interrogations auxquelles Anita Pellegrini et Christian Marquestaut ont tenté de répondre, insistant tous deux sur le fait que «donner ne responsabilise pas» et que chaque programme d'action devrait être conçu pour être par la suite pleinement relayé par les acteurs locaux.
La discussion s'est poursuivie, d'une façon moins formelle, durant le buffet Ariège/Afrique réalisé par Thierry Walencik, chef cuisinier des Terroirs du Plantaurel.
Une manière gourmande de revisiter les produits locaux ariégeois à travers des associations exotiques.
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