Marie-Hélène Lafon
«Les Pays»
Editions Buchet Chastel
Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance: ils sont les derniers.
Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres. Elle s'engage donc dans ce travail avec énergie et acharnement.
Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers inconnu.
Elle n'oubliera rien du pays premier, et apprendra la ville où elle fera sa vie. «Les Pays» raconte ces années de passage.
Agrégée de grammaire, Marie-Hélène Lafon est enseignante de français.
Elle est un écrivain en quête d’une écriture absolue, animée par une irrépressible envie d’écrire et libérée des contraintes inhérentes à sa condition sociale originelle.
Elle est l’auteur d’une dizaine de romans et nouvelles, encrés dans le réel d’un monde paysan qui n’en finit pas de disparaître. Ses héros sont reclus dans le silence et n’existent que par le geste, le corps.
Elle appartient à cette famille d’auteurs pour laquelle l’écriture doit tendre à une épuration formelle, des auteurs qui ont le souci d’être toujours plus dense avec des moyens toujours plus simple.
«Je dis aussi que j’écris à la lisière, en lisière. Je crois que c’est d’abord sociologique; je viens de loin, d’un monde, une famille de paysans du Cantal, où le livre existait peu, où, à l’exception d’une grand-tante restée vieille fille, la tante Jeanne, personne, jusqu’à ma sœur et moi, n’avait fait d’études, où, en d’autres termes, il n’allait pas du tout de soi d’entrer en littérature, d’abord avec les livres lus, ensuite avec ceux que l’on tend à écrire et que, je le constate, on écrit et publie, on étant indéniablement moi.
Lire des livres pour étudier, pour avoir un métier, pour devenir par exemple fonctionnaire, professeur, comme ma sœur et moi l’avons fait, est licite, voire encouragé; un tel parcours, bien que courant dans les années soixante-dix, peut même passer pour un objet de fierté; mais écrire des livres, c’est une autre affaire, ça sépare, ça échappe. Je suis dans cette échappée, cette séparation du lieu d’origine sociale et culturelle, par ce fait même, je suis à distance, je reste à distance aussi du milieu d’accueil, dirais-je, celui dans lequel se passe ma vie, ici et maintenant; c’est l’apanage des transfuges sociaux, d’où qu’ils viennent.
C’est ce que j’appelle être à la lisière, entre deux mondes, en tension entre deux pôles, tension féconde et constitutive, je le crois, de l’écriture.
Je dis encore que je suis un écrivain de sillon, ou que je travaille comme on laboure. C’est d’abord une question de matériau: l’enfance et les origines sont paysannes, plantées dans la terre, et, jusqu’à présent, sans que je sache pour combien de temps encore, j’éprouve la nécessité d’écrire à partir de là […]
Mon rapport au monde passe par le corps et mon écriture aussi: je ne lâche jamais un texte pour publication éventuelle sans l’avoir au préalable mâché, ruminé, et dit, prononcé, proféré à voix haute, ce qui implique de passer littéralement mot après mot par le corps, le ventre, la bouche.
Mes livres viennent du corps, et d’un lieu, lieu social et culturel je l’ai dit, lieu géographique aussi, à l’évidence»
Marie-Hélène Lafon
Mardi 11 décembre à 19 heures à l’Estive de Foix
Au bar de l’Estive - Entrée libre
Avec «Un livre, un vin», Les Caves Deymier vous font déguster à chaque café littéraire, un vin sélectionné selon le livre et l’auteur.
Avec la Bibliothèque Municipale de Foix et la Librairie Majuscule.
Renseignements 05.61.05.05.55 / www.lestive.com.
Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège
Crédit photo: Jean-Luc Paillé
- Tarascon: la compagnie Fées et Gestes «sans dessous... dessus» pour la Saint-Valentin
- La Cie Sans Paradis fixe présente Love me tender for ever: 24 heures de lettres d'amour sur les...
- Association Foix Terre d'Histoire: 30 costumes et cinq époques différentes pour un défilé tout en...
- Les «mosaïques lumières» de Catherine Juge-Thouroude
- Théâtre au Casino de Lavelanet: Mystère Pessoa, mort d'un hétéronyme
- Saint-Girons: le cinéma de Max Linder
- Plexus: spectacle de danse à l'Estive de Foix
- Pamiers: conférence de Paul Pérez, électro-plasticien, à la salle Espalioux
- La Fabrique d'image à l'Estive: des parents sages comme des images
- Saint-Lizier accueille les journées européennes des métiers d'art en Midi-Pyrénées
- Balades culturelles de février: musique et danses
- Théâtre à l'Estive de Foix: Jan Karski, mon nom est une fiction

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





