Installation du nouveau Conseil régional: Carole Delga (PS) entend mener «une politique d'excellence et de proximité»

Importante affluence ce lundi à Toulouse pour l’élection de Carole Delga et l’installation du nouveau Conseil régional.
Les mesures de sécurité en vigueur (portiques de sécurité, chiens renifleurs, déploiement de forces de l’ordre) n’ont pas réussi à gâcher l’esprit de cette journée de renouveau qui a vu l’arrivée d’une jeune femme de 45 ans à la tête de la seconde plus grande région de France.
Un moment historique que ce 4 janvier 2016 qui pour la première fois a réuni dans l’hémicycle les élus de la nouvelle région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées, deux territoires qui à bien des égards eurent un passé glorieux et aujourd’hui un avenir prometteur.
Dans son discours, la nouvelle présidente a cité Georges Frêche qui dès 1974 dans un de ses ouvrages évoquait cette «géographie, l’histoire et la raison qui scellent une alliance naturelle et équilibrée entre Toulouse et sa façade méditerranéenne où s’égrènent Perpignan, Narbonne et Montpellier».
Mais ses 4 565 communes, ses 13 départements, ses deux métropoles, ses deux cultures, catalanes et occitanes, son réseau de villes moyennes et la vitalité de sa ruralité, la deuxième région de France, aussi vaste que 13 des 28 pays de l’Union européenne connait ses atouts (économiques, patrimoine naturel, valeurs de tolérance et de progrès liées à son ouverture au monde), mais également ses faiblesses avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale et de grandes disparités territoriales.
Aussi la nouvelle présidente entend faire de la création d’emplois, une des ses priorités et pratiquer une politique renouvelée: «je veux faire de la politique autrement avec une gouvernance partagée et une proximité forte».
Pour Carole Delga, cette union est une chance
Aussi la nouvelle présidente a appelé les 158 conseillers régionaux réunis pour la première fois en assemblée plénière, d’oublier les postures électorales, les oppositions idéologiques pour se mettre au travail dans un esprit constructif où chacun trouvera sa place pour faire vivre un projet collectif.
«Je veux le dire avec force en ce jour si important pour moi, pour vous. Nous devons être individuellement et collectivement exemplaires. Nous devons être individuellement et collectivement responsables.
Nous devons être individuellement et collectivement soucieux de donner une nouvelle image de la politique (…) Nous devons bâtir un contrat de confiance avec nos concitoyens».
Aussi ses priorités seront dans les jours qui viennent de mettre en œuvre «un plan Marshall pour l’emploi à destination des entreprises du BTP», d’élaborer avec les forces vives «un schéma de développement économique, un schéma de formation professionnelle et d’apprentissage», d’impulser les «états généraux du Rail» et dès l’automne, «une conférence régionale pour l’emploi et la croissance».
Mais avant cela la présidente entend lancer une grande consultation populaire visant à désigner le nom de la future grande région.
«J’entends être la présidente de toutes et de tous» a martelé Carole Delga dans son discours, rendant hommage à son prédecesseur, Martin Malvy: «il restera le chevalier de la Rose pour cette région et ses habitants».
Puis de formuler le vœu que Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées devienne «une région qui compte en France et en Europe et dont la voix si singulière sera entendue bien au-delà de nos frontières.
En vous remerciant pour l’honneur et la confiance que vous m’accordez, je vous le dis avec la plus grande force, vous pouvez compter sur ma détermination à chaque instant pour mener à bien ma mission et notre projet».
La nouvelle présidente de la grande région a été élue 89 voix pour, 29 abstentions, et 40 votes contre: «c’est un signal fort qui est donné en matière d’ascension républicaine, de méritocratie. Je suis émue et pleinement déterminée, très motivée pour travailler ardemment avec proximité».
Comme elle l’avait indiquée lors de sa campagne électorale, la présidente entend mener à terme son mandat de députée: «je vais avoir une année très chargée, mais je l’assume complètement. J’ai toujours eu une position très claire, je m’engage dans cette voie avec résolution.
Le travail ça me connait, du courage, je n’en manque pas!»
Dans les couloirs de la plénière, certains nouveaux élus à la région tels que l’Ariégeois Kamel Chibli (7ème vice-président en charge de l’Éducation, de la Jeunesse et du Sport) ont du mal à dissimuler leur émotion: «c’est une belle journée, une journée riche en émotions, nous prenons la dimension des responsabilités qui nous attendent… 5,7M d’électeurs, ce n’est pas neutre! (…)
Je porte l’Ariège avec fierté. Ce sont les électeurs du département qui nous ont désignés et qui m’ont permis aujourd’hui d’accéder à l’exécutif… c’est pour moi une belle et grande aventure. À présent on attend que les électeurs se mobilisent d’ici le 30 juin pour le choix du nom de cette grande région.
Personnellement je suis partisan de garder les mots Pyrénées et Méditerranée, mais ce sont les citoyens qui trancheront».
Un moment d’émotion pour l’ancien trois quarts centre Didier Codorniou, tombé en politique depuis 2001 (maire de Gruissan) et désormais 4ème vice-président de la grande région en charge de l’Économie maritime, du littoral et des aéroports: «l’évènement a du sens, car j’ai travaillé et joué dans ces deux régions qui n’en font plus qu’une aujourd’hui (…)
Les propos et le discours de la présidente m’ont touché, elle est dans le pragmatisme, l’humanisme et la réalité du changement, mais un changement dans le bon sens du terme. Aujourd’hui nos populations sont de plus en plus exigeantes, il faut que ça se traduise en terme de lisibilité, de traçabilité et de discours».
La tête de liste du Front National, Louis Aliot est sceptique quant à la solidité de cette union de façade avec les forces de gauche et de progrès: «il y a des divisions dès l’origine, on verra par la suite. Madame Delga a fait un certain nombre de promesses. On verra si elle les tient. Nous serons attentifs au traitement démocratique de tout cela».
Et quand on évoque la stratégie qu’il compte déployer, l’opposant tempère ses propos: «quand ça ira dans le sens des territoires, sur le rééquilibrage territorial, la ruralité, nous serons à ses côtés. En revanche si c’est pour distribuer l’argent public à des associations de clientèle électorale, elle nous trouvera farouchement opposés à ces pratiques-là».
Une page se tourne, une nouvelle ère débute pour tous ces nouveaux élus, conscients des enjeux de demain.
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