ariège > faits divers > justice
Meurtre de La Roue: la Cour d'appel de Toulouse condamne Mekki Boughouas à 30 ans de réclusion criminelle
25/09/2012 | 18:39
© MidiNews (archives)

La semaine dernière, la cour d'assises de Haute-Garonne a condamné en appel Mekki Boughouas à 30 ans de réclusion criminelle non plus pour meurtre mais pour «violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner»

On s'en souvient, le dimanche 13 janvier 2008, Julien Fernandez était découvert sans vie près des locaux de la discothèque familiale (La Roue), transpercé par plus de 40 coups de couteaux.

6000 € avaient été dérobés au jeune homme.

Rapidement, les policiers arrêtèrent deux hommes, Mekki Boughouas et Othman el Houari, découvrirent les cagoules utilisées pour l'agression, et une trace ADN de Mekki Boughouas, sur une de ces cagoules. Plus tard un autre complice, Kamal Azzouzi était appréhendé.

La Cour d'assises de Foix condamnait Mekki Boughouas à 30 ans de réclusion pour le meurtre de Julien Fernandez; El Houari à 4 ans de prison et prononçait l'acquittement pour Kamal Azzouzi.

En appel, devant la cour d'assises de Haute-Garonne, Mekki Boughouas a de nouveau nié avoir tué de 42 coups de couteau Julien Fernandez, présentant Othman El Houari, son complice de braquage, comme l'auteur des coups mortels.

Mis hors de cause pour le meurtre du directeur artistique de la boîte de nuit, mais condamné à quatre ans de prison dont deux fermes pour association de malfaiteurs, cet ancien militaire du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers, cité comme témoin, n'a cessé de clamer son innocence.

Comme à Foix, Marylin Blanc, avocat général, a pointé du doigt le «discours abracadabrant» de l'accusé, soulignant qu'«aucun élément n'a démontré la présence d'Othman El Houari sur les lieux le 13 janvier 2008; alors que tout relie Mekki Boughouas à la nuit des faits; la cagoule portant son ADN, retrouvée sous le genou de la victime, le fusil et la voiture qu'il fournit et l'argent qu'il va dépenser»

La requalification des faits en «violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner» a surpris famille et avocats.

Pour Me Alexandre Parra-Bruguière, avocat toulousain, «la qualification est modifiée, on n'a pas affaire à quelqu'un qui a tué volontairement, mais pour autant on lui inflige la même peine que celle d'un meurtrier; les jurés ont pris en considération le fait qu'il y avait deux personnes cette nuit là, mais que c'était Mekki Boughouas qui avait tué.

Dans le doute, ils ne l'ont pas condamné pour meurtre, tout en prononçant une peine de 30 ans de réclusion criminelle
»

«Une requalification pour éviter le doute sur la culpabilité» pour Me Subra-Suard, du barreau de Foix et un des deux avocats de la famille de Julien Fernandez: «pour la famille de Julien, il n'est pas pointé comme l'auteur d'un meurtre, mais d'un braquage qui dérape»

«Toutefois, poursuit l'avocate, nous étions partis à Toulouse appréhendant un peu cet appel. Craignant que la Cour d'appel de Toulouse ne dépassionne ce débat, ne diminue la peine; nous étions déçus d'entendre la qualification, mais contents que la condamnation de 30 ans soit maintenue»

Un procès et un appel difficiles à vivre pour les proches de la victime, condamnés a revivre ce drame, mais comme le souligne Me Subra-Suard: «sur ces 3 jours, des gens très présents, très dignes ont entouré la famille de Julien et le résultat est globalement positif»

actualites Ariege
auteur: NR | publié le: 25/09/2012 | 18:39 | Lu: 19572 fois