On se souvient tous des «Misérables», de l'atmosphère du livre de Victor Hugo, faite de rêves brisés, de passion, de sacrifice et de rédemption...
La semaine dernière au tribunal correctionnel de Foix, on se serait cru revenu en ce temps là... sauf que le prévenu P.C est à l'opposé du héros, Jean Valjean.
En détention provisoire depuis 3 semaines, P.C comparaissait pour «abus de confiance et escroquerie au préjudice d'une personne vulnérable»
Huit ans après les faits, la justice reproche à P.C d'avoir détourné plus de 66.000 € à une «amie»
En 2004, cet homme originaire du Pas de Calais rencontre sa future victime et son époux.
Il leur confie ses deux dogues (elle garde en pension une vingtaine de chiens), alors qu'il travaille comme intérimaire dans le bâtiment.
Des liens se nouent entre ce célibataire et le couple. Quelques temps plus tard, il s'installe chez eux.
A cette époque, le mari est gravement malade (il décèdera peu après) et le couple décide de s'installer dans le sud, à Saint Girons.
«Ils en avaient marre de la vie là bas; on avait discuté de trouver un terrain pour qu'elle puisse garder ses chiens et sur le net on avait remarqué 3-4 biens qui pouvaient correspondre»
Une question se pose, ont-ils été influencés par P.C? Lui s'en défend, mais il utilise le «nous» quand il évoque cette décision. La vente rapportera 130 000 €.
Du mois d'avril au mois d'août 2004, la vieille dame a retiré des sommes importantes sur son compte, plus de 15.000 € par mois en liquide, au guichet de la banque, toujours accompagnée par P.C qu'elle présentait comme «gérant de ses affaires»
L'homme disposait aussi de la carte bleue de sa victime.
La vieille dame, aujourd'hui âgée de 75 ans, vivait dans des campings ou de gite en gite. Lui à l'hôtel «c'était plus facile pour elle à cause des chiens»
A la barre du tribunal, le quinquagénaire présente bien; d'une voix claire et posée, sans faillir, il relate «ses faits»; des faits qui ne semblent pas correspondre à la réalité.
Alors que la victime, fragilisée par le décès de son mari, est recueillie par un couple qui alerte les services sociaux et le procureur, notre lascar disparait brutalement avec l'épouse du patron de l'hôtel chez qui il logeait.
Ils ont pris la direction de la Bulgarie d'où est originaire la jeune femme, puis s'installent sur la Côte d'Azur, avant de regagner la région parisienne. Là, on perd sa trace…
Plus tard on s'apercevra que durant la période où il côtoyait la vieille dame, P.C utilisait un faux nom, Guy Letellier.
Toutes ses connaissances ignoraient sa véritable identité, identité révélée par sa compagne quand elle le quittera.
«Un itinéraire plus que romanesque» souligne Me Dedieu, avocat de la victime, rajoutant «il s'est évanoui dans la nature son forfait accompli»
P.C a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, interdiction d'exercer une activité bénévole ou commerciale à destination des personnes âgées et obligation d'indemniser sa victime; le tribunal a suivi les réquisitions d'Olivier Caracotch, procureur de la République.
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