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Ex-mari violent et agresseur sexuel condamnés au Tribunal correctionnel
18/10/2012 | 19:09
© MidiNews 2012

Placé sous contrôle judiciaire, D.P, militaire, doit répondre de «violences aggravées, abandon de famille», en l'occurrence non paiement d'une pension alimentaire.

Le 29 juin, il se présentait au domicile de son ex-femme pour prendre les enfants, dans le cadre de son droit de visite.

«Un contentieux où la paternité est mise en cause» serait «l'objet de la discorde» pour Me Talecq son avocat.

Et en effet, l'histoire est complexe: mariés en 2006, le couple a divorcé en 2012.

Trois enfants sont nés de cette union; la mère avait intenté une action «en contestation de paternité pour le dernier» arguant qu'il s'agissait de l'enfant de son concubin (son amant durant son union avec le militaire).

Les tests ADN ont conclu que le prévenu est aussi le père du 3ème.

Ce 29 juin, la discussion «dérape», l'aîné des enfants s'enfuit, des coups sont portés a l'ex-femme alors enceinte de 6 mois et à l'ex belle-mère. Des certificats médicaux attestent des faits.

A la barre du tribunal, D.P ne nie pas les faits, mais explique: «mon geste était involontaire. C'est une accumulation de tout; elle trouve tous les moyens pour m'empêcher de voir mes enfants»

Quand la présidente lui demande pourquoi il ne paye pas de pension «alors qu'il n'a pas de problèmes de revenus», le militaire répond «j'ai toujours payé jusqu'à maintenant mais là, j'ai fait une demande de surendettement»

Pour son conseil, il s'agit «d'un homme bafoué et humilié; il est redevenu le père des trois enfants»

Me Talecq demandait «la relaxe du fait des violences de son ex»

Un «son de cloche» sensiblement différent du côté des parties civiles.

Selon Me Plais Thomas, «quand il est contrarié, il s'inscrit dans un contexte de violence» et de rappeler qu'«en 2011, le caporal chef, avait déjà écopé d'un mois avec sursis pour violences sur enfants et d'un rappel à la loi»

L'enquête de personnalité décrit «un combattant soumis à des effets de stress» (il revenait d'une mission de 6 mois en Afghanistan).

Au Ministère public, Claude Cozar «retenait la récidive et demandait la peine plancher»

D.P a été condamné à 3 mois avec sursis et mise à l'épreuve de 18 mois, obligation de soins et de payer la pension alimentaire.

La seconde affaire concerne C.F, placé sous contrôle judiciaire.

Né en 1946, ce dernier est poursuivi pour «agression sexuelle sur mineur par personne ayant autorité sur la victime»

Des agressions qui ont eu lieu de 1991 à 1994, et qui ont débuté alors que la victime était âgée de 5 ans.

A l'énoncé des faits qui lui sont reprochés, C.F s'effondre. Un médecin a été appelé avant que l'audience ne puisse reprendre.

De l'âge de cinq ans à l'âge de huit ans, la petite fille a donc subi à plusieurs reprises les attouchements de son beau-père; «sous la douche, ou encore dans le lit, il frottait son sexe contre elle. Bien entendu, il demandait à la petite de n'en rien dire à sa mère»

Ce n'est que bien plus tard, qu'elle se confiera.

A la barre du tribunal, C.F explique: «c'est la petite qui avait pris l'habitude de me provoquer»

Sous les questions de la présidente du tribunal, il finit par reconnaitre sa responsabilité «j'ai honte»

Avocat de la partie civile, Me Fabri souligne: «ces actes sont traumatisants et ce n'est pas arrivé par accident. Il minimise les faits, les attribue à la victime»

Au ministère public, Marylin Blanc rappelle la détresse de la victime: «les faits ont été commis il y a vingt ans mais elle les ressent encore dans sa chair et dans son cœur.

Son beau-père est un homme intégré mais sa personnalité est loin d'être lisse. D'après des témoignages, il est violent
»

A la défense, Me Carrère demande que «l'on tienne compte du parcours de son client qui a dévié. Ce n'est pas un homme dangereux, ni perturbé. C'est un homme conscient de ses responsabilités»

C.F a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans; obligation de soins et indemnisation de la victime; pour les intérêts civils, une expertise devra fixer les montants à payer à la jeune femme.

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auteur: NR | publié le: 18/10/2012 | 19:09 | Lu: 13767 fois