ariège > faits divers > justice
Tribunal correctionnel de Foix: quand un accident de voiture bouleverse des vies
25/10/2012 | 19:38
© MidiNews 2012

J.M a gravement été blessé aux jambes lors d'un accident de la circulation survenu le 4 juillet dernier à Saint-Lizier.

Ce jour là, il circulait sur son scooter quand un camion lui a coupé la route.

Son avocat, Me Lesprit explique: «mon client a eu des blessures importantes aux jambes» avant de lire la déposition de ce dernier: «sans prévenir, j'ai vu un fourgon qui est venu me couper la route; je me suis couché et le fourgon m'est passé dessus»

Propos confirmés par un témoin de l'accident. J.M a bénéficié de trois mois d'ITT.

A la barre du tribunal, D.M responsable de l'accident ne nie pas les faits, mais tente de justifier ses actes: «il y avait beaucoup de circulation; j'avais mis mon clignotant ce que n'ont pu voir les témoins. Je suis responsable parce que j'aurai du regarder avant, mais il arrivait vite et après il y avait de la fumée partout»

L'avocat de la victime réagit à ces propos: «on n'est pas là pour une contravention à l'absence de clignotant, mais pour un refus de priorité. Ce Mr semble vouloir se décharger sur sa victime, une victime pour qui cet accident a provoqué de nombreux bouleversements dans sa vie !»

Au Ministère public, Marilyn Blanc enfonce le clou: «cet accident a eu des conséquences dramatiques; outre des blessures graves, la victime est dans l'incapacité de travailler. De façon manifeste, D.M a commis une faute grave»

Le substitut du procureur requérait 2 mois de prison assortis du sursis; «ce Mr a déjà une condamnation pour conduite sous l'emprise de l'alcool», 4 mois de suspension de permis.

Me Ruffié du barreau de Toulouse est revenu sur la responsabilité de son client: «D.M ne conteste pas sa responsabilité dans cet accident; néanmoins, la posture de la partie civile et le portrait que l'on dépeint de mon client m'obligent à revenir sur les faits»

Des faits qui étaient donc revus, l'avocat arguant «d'une distance mal appréciée, de versions contradictoires et de jambes qui n'ont pas été écrasées par le fourgon»

Réfutant les termes «de chauffard délinquant, d'irresponsable», Me Ruffié s'est appliqué ensuite à présenter son client sous un meilleur jour: «marié, déjà papa, avec une femme qui va bientôt accoucher»

L'avocat s'est attardé sur la durée de la suspension du permis de conduire encouru: «employé depuis trois ans et demi, il n'a aucun collègue qui pourrait faire du ramassage; avec une condamnation qui dépasserait plusieurs mois, il risquerait de perdre son emploi»

Le tribunal a condamné D.M a 3 mois de prison avec sursis et 2 mois de suspension de permis. Le renvoi pour les intérêts civils a été accordé au défendeur.

actualites Ariege
auteur: NR | publié le: 25/10/2012 | 19:38 | Lu: 13818 fois