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Tribunal correctionnel de Foix: affaire du drapeau brûlé, liberté d'expression et notion d'outrage
20/12/2012 | 18:20
© MidiNews 2012

Une dizaine de manifestants, dont des nationalistes occitans, portant drapeaux, écharpes ou autres, arpentaient l'entrée du Tribunal correctionnel de Foix ce mardi.

Ils étaient là afin «d'apporter leur soutien» à T.F, 70 ans, poursuivi pour «outrage au drapeau, dégradations et refus de prélèvement biologique (ADN)»

Un crédo pour le comité de soutien: «il a suicidé un drapeau français; nous, en défense, disons que l'état français suicide chaque jour notre langue et notre culture»

Ce dernier poursuit: «en 14-18, plein de poilus sont morts et ont été suicidés par la France»

On l'aura compris, l'affaire qui vient en audience porte sur la «liberté d'expression» et la notion d'outrage.

On s'en souvient, le 11 novembre dernier, suite à la cérémonie de commémoration, un homme était interpellé alors qu'il venait de brûler un drapeau français.

Le prévenu est un «militant convaincu» pour son avocat Me Perotto. «Il n'hésite pas à exprimer ses convictions politiques, il s'agit d'un moyen d'expression qui n'aurait pas eu autant de retentissement s'il avait simplement parlé»

T.F est impliqué dans le fauchage des OGM, milite pour les transports gratuits, transports qu'il ne paye pas, ou contre l'aéroport de Notre Dame des Landes.

A la barre, il explique que «la cérémonie était terminée» et avoir agi «sous le coup de la colère car je ne pouvais accéder à la place»

Il parle de ses «principes fondamentaux supérieurs aux lois» et avoue qu'il aurait préféré «une journée de la paix sans uniformes et sans drapeaux, avec des chants de paix et d'amour»

«J'ai répété, souligne t-il, liberté, égalité fraternité, non à la guerre, oui à la paix - vive l'Occitanie, à bas l'État français et le totalitarisme !»

Pour Marilyn Blanc, procureure, «l'homme aime provoquer politiquement»; selon elle, «il y a eu volonté de mettre à mal un symbole et de contester la légitimité de l'État»

Six mois de prison avec sursis pour l'outrage et 100 jours amende à 10 € pour le refus de prélèvement et les dégâts ont été requis.

Après avoir plaidé la liberté d'expression, Me Perotto a demandé la relaxe pour l'outrage, «s'en remettant au Tribunal pour le reste»

Le jugement a été mis en délibéré au 15 janvier.

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auteur: NR | publié le: 20/12/2012 | 18:20 | Lu: 9030 fois