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En Ariège l'Education nationale et les établissements spécialisés s'engagent pour l'accompagnement des jeunes

© midinews 2014

Ce matin, c’est en présence de Sylvie Clarac, secrétaire générale de l’Inspection Académique et de Philippe Bertein IEN et ASH de Foix qu’une dizaine de responsables d’œuvres gestionnaires d’établissements spécialisés et médico-sociaux du département et presque autant d’intervenants, se sont retrouvés à la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale pour une journée finalisée par la signature de conventions de partenariat.

La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées renforcent les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés. Elle affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté.

Les parents sont de plus étroitement associés à la décision d'orientation de leur enfant et à la définition de son projet personnalisé de scolarisation (P.P.S.).
Un engagement conjointAujourd’hui ce sont 19 enseignants équivalents temps plein de l’Education Nationale qui travaillent dans ces établissements spécialisés ariégeois et les conventions signées entre les deux parties mettent à disposition moyens humains et matériels pour la réussite scolaire des enfants et des adolescents orientés par la MDPH et affectés dans ces structures.

Ces conventions cadre de coopération font l’objet d’un renouvellement, il s’agit de l’aboutissement d’un travail collectif considérable, d’un engagement réciproque et d’une coopération combinée permettant aux élèves à la fois de bénéficier d’un dispositif adapté et de recevoir un enseignement de qualité.

Philippe Bertein a rappelé dans son introduction l’article 1er de la loi de refondation de l’Ecole, principe de l’école de la République et sa notion inclusive de l’élève: «L’Education Nationale ne peut pas tout faire au regard des profils des enfants en situation de handicap, 25 à 30% sont orientés vers le secteur ou médico-social. Vous êtes nos partenaires privilégiés pour mettre en place ces fameux PPS»

L’IEN de Foix a rappelé qu’«en France il y avait une journée de lutte contre les discriminations, une semaine de goût, une journée du handicap mais le chemin est encore long pour l’éduction des personnes en situation de handicap. Si depuis la loi du 11 février 2005 beaucoup de choses ont été faites au niveau quantitatif, il reste encore beaucoup à faire à niveau de la qualité de la prise en charge de ces enfants singuliers.

Depuis l’arrêté du 2 avril 2009 liant les unités d’enseignement et l’Education Nationale, chaque unité d’enseignement est dotée d’un projet écrit et négocié. De notre côté nous sommes très vigilants sur la formation de ces enseignants mis à disposition. Un socle commun de culture va voir le jour à partir des principes inscrits dans le marbre de la loi depuis 2005, des stages ITEP sont mis en place dans le département, les murs de nos établissements doivent s’ouvrir vers une scolarité partagée, en interne dans chacune des structures mais aussi en milieu ordinaire
(écoles et collèges)»
Au moment des échanges avec la salleA la lumière de leurs expériences respectives les responsables de certains établissements spécialisés ont ensuite pris la parole.

Philippe Oriol, nouveau président de l’ADAPEI a rappelé qu’il s’agissait d’une grosse machine: «Beaucoup de progrès ont déjà été réalisés mais il en reste autant à accomplir, notamment au niveau de l’autisme où il faut trouver une meilleure solution, inclusion ou établissements spécialisés. Le partenariat est essentiel il permet de mettre en place un temps partagé, entre milieu ordinaire et établissement adapté. Ce partenariat est essentiel»

Pour Christian Alvarez, président de l’APAJH, «tout ce qui va dans le sens de l’école inclusive est positif pour nous. Nous avons assisté la semaine dernière à un congrès à Paris sur le thème de l’accessibilité universelle au cours duquel nous avons eu la visite du ministre de l’éducation nationale. Notre souci c’est d’aller toujours plus loin dans ce concept d’école inclusive, la professionnalisation des APS, le cursus de formation des maitres, tout ce qui fluidifie les parcours et l’aller-retour entre EN et établissements spécialisés.

Il ne faut pas de rupture entre la vie des enfants et des adultes. S’il y a une tranche d’âge qui nous intéresse c’est bien les 16-25 ans, souvent on les oblige a se déterminer trop rapidement dans leurs choix, ils ont besoin de temps. Globalement nous sommes satisfaits, cela avance dans le bon sens
»

Denis Tessier, directeur du CAMSP/CMPP note qu’il est indispensable de maintenir le secteur détaché. Michel Nigou, directeur adjoint de la Vergnière a rappelé que son établissement appartenait à la fonction publique: «Notre histoire avec l’Education nationale est longue, lorsque nous recevons les familles, elles sont rassurées car elles se rendent compte qu’il y a de vrais salles de classe, de vrais enseignants, une vraie école. A la Vergnière nous avons une classe intégrée et nous faisons de la scolarisation à temps partagé. Mais les inclusions ont un coût, y compris en termes de transport. Pour réussir il faut qu’il y ait juxtaposition, collaboration, entente entre les équipes techniques et enseignantes»

Selon Jessica Faydi directrice de l’ITEP (association UGECAM Languedoc-Roussillon): «La place des enseignants dans nos structures est aussi importante que celle des équipes thérapeutiques car il en va de la réussite du projet personnel de chaque jeune»

Des équipes pluridisciplinaires, un travail de qualité, des enseignants qui se sont impliqués en passant des certifications pour faire progresser ces élèves un peu particuliers mais ô combien attachants.

Enfin Philippe Bertein a remercié tous les intervenants au nom de l’institution: «Il n’est pas simple de scolariser en établissement ces jeunes au profil singulier, il faut oser, tenter, expérimenter, laisser la place à l’erreur, indispensable à tout apprentissage»

Après la signature des conventions la matinée s’est achevée par la visite d’une exposition dans le hall de la Direction Académique, réalisée avec du matériel de récupération et par l’intervention de la chorale des enfants de l’ITEP de La Tour du Crieu.

Laurence Cabrol | 23/06/2014 - 19:40 | Lu: 21619 fois