Combien de journées de la femme avant l'égalité ? (partie 3)

« Chez nous dans les Pyrénées les femmes ne sont jamais restées debout pendant que les hommes mangeaient, la domination masculine n’existait pas dans la coutume », la coutume étant le droit d’aînesse. C’est ce que rapportera Isaure Gratacos dans ses écrits suite à de longues enquêtes.
Mais hormis ce statut unique qui disparut au moment de la réforme des héritiers en 1769, particularisme si solidement intégré qu’il se perpétua de façon coutumière en Ariège malgré une évolution législative, les conditions de la vie en montagne forceront comme nous l’avons déjà évoqué, la femme à s’investir et s’acquitter de beaucoup de travaux durant l’absence de son mari.
La place du chef ayant été naturellement détrônée, les hommes revenus se devront de les respecter, cela va sans dire, mais… c’est mieux en le disant.
Il faut beaucoup de femmes pour réussir un homme
Une autre coutume pyrénéenne, celle de l’année probatoire dans l’Ancien Régime à l’ouest de la chaîne qui permit au couple de cohabiter sous le même toit pendant un an malgré les fulminations épiscopales.
Il fut même probable que ces fiançailles à l’essai se soldèrent à l’échec dans certains cas sans que la femme en soit déshonorée.
Mieux encore, ils habitaient ensemble et s’épousaient qu’après avoir eu plusieurs enfants, ce qui devait donner du fil à retordre au diocèse en place. En Ariège au 19e, on était plus sages. Le défi à relever était de laisser seuls les fiancés toute une nuit obligeant le jeune homme à respecter l’honneur de sa promise.
Dans un autre registre et un siècle plus tard, aux alentours de 1950, il nous a été raconté qu’il était courant dans la petite station thermale de Sentein-les-Bains aujourd’hui oubliée, que les Biroussannes fassent amie-amie avec les grandes dames en chapeaux venues exprès de Paris ou Bordeaux en cure aux sources ferrugineuse et arsenicale du Pradeau.
Sources réputées pour faciliter la garde-robe disait-on, et bains chauds dont certaines épouses de mineurs auraient profité pendant que leurs maris travaillaient aux mines du Bocard d’Eylie. Il se pourrait que cette vallée qui fut très longtemps en marge des autres dans le Castillonnais à beaucoup de titres ait été novatrice en matière d’égalité des sexes.
À cette même époque ces mères feront en sorte que leurs filles ne se retrouvent en proie à une vie de labeur et les pousseront à partir ailleurs chercher le confort dans les grandes villes comme nourricière ou employée de maison auprès des notables. Notables qui venaient en cure à Sentein-Les-Bains…
Hommage aux hommes
Dans ce pays où il faudra légiférer en 2000 le droit à la parité aux mandats électoraux et aux fonctions électives dont la mise en œuvre se fera difficilement, les partis préférant payer des amendes plutôt que de s’embarrasser de femmes, contre toute attente les hommes auront souvent eu un rôle prépondérant dans l’évolution des mentalités. Maris, pères, amis, collègues permettront à des icônes féminines de s’imposer.
Défiant tout sexisme, Marie Curie-Sklodowska qui contribuera à une formidable avancée scientifique et restera l’une des plus grandes figures féminines de l’histoire des sciences, semble avoir connu le point parfait d’équilibre avec son mari Pierre physicien. Dans une biographie il est rapporté que la combinaison de cette femme et de cet homme entre lesquels il n’y aura jamais de rapport de domination est rare à l’époque et dans ce domaine, l’un devant autant qu’à l’autre.
Autre exemple, face à des millions de téléspectateurs Simone Veil rendra hommage à son époux qui l’aura soutenue dans ses combats les plus audacieux et notamment à une période sensible concernant la légalisation de l’avortement n’imaginant pas la haine, le mépris qu’elle allait susciter.
Notons que le 26 février dernier une jeune artiste afghane de 27 ans osera porter et défiler seule dans les rues avec une armure en fer épousant ses formes féminines. Cependant une larme d’espoir d’une évolution des mentalités dans un pays où la femme est seulement un objet de convoitise l’obligeant à se camoufler, dimanche dernier des hommes ont défilé dans les rues de Kaboul en portant les burkas afin de marquer leur solidarité vis-à-vis des femmes.
Les maux de la fin
Aucune femme quelque soient ses origines, ses appartenances religieuses, son éducation, ses orientations sexuelles, ses choix politiques, son engagement professionnel, ne doit être soumise au dictat et à la parole manipulée masculine.
Le modèle féminin occidental n’est autre que celui de la liberté de faire, de dire et de penser sans influences.
Le chemin à parcourir est long, décourageant souvent, mais pas impossible.
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