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Réforme de la cartographie de l'éducation prioritaire: l'UNSA tire la sonette d'alarme

© midinews 2014

Les vacances scolaires ont débuté, mais à priori pas pour Antoine Loguillard, secrétaire départemental de l’UNSA qui vient de lever le lièvre: le ministre de l’Éducation nationale a fait paraitre au BO du 5 juin 2014 une circulaire intitulée: «refondation de l’éducation prioritaire»

Il y a actuellement 1081 réseaux d’éducation prioritaire dans toute la France. Ce sont les recteurs qui identifient collèges et écoles susceptibles d’être éligibles à ces réseaux sur la base des indicateurs de difficulté sociale mis à leur disposition par le niveau national.

Cette circulaire ministérielle du 5 juin dernier prévoit que «la carte de l’éducation prioritaire a vocation d’être revue à la rentrée 2015, puis tous les quatre ans pour tenir compte des évolutions des contextes sociaux»

Antoine Loguillard en tant que représentant élu des personnels a profité du Comité technique académique du 24 juin pour poser la question à la rectrice académique sur la méthodologie mise en œuvre au niveau de l’Académie de Toulouse. Et quelle ne fut pas sa surprise d’entendre que le ministère prévoyait d’arrêter la nouvelle cartographie de l’éducation prioritaire dans le courant de l’été sans même avoir pris le temps du dialogue avec les partenaires.

«La rectrice m’a donné des éléments inquiétants, car le nombre de réseaux d’éducation prioritaire (REP) actuellement sur l’académie de Toulouse est de 28 établissements (dont 9 ÉCLAIRS, ce sont les plus aidés et 19 en réseau de réussite scolaire ou RRS). Le seul département de l’Ariège comptabilise 2 établissements ÉCLAIR (les 2 collèges de Lavelanet) et 2 RRS (collège de Tarascon et de Vicdessos).

Avec la nouvelle carte des REP on passe à la rentrée 2015 de 28 établissements à 19 (soit 9 en moins) et Antoine Loguillard d’ajouter: «aucune assurance sur le maintien de ces 4 collèges en éducation prioritaire ne m’a été apportée, au contraire, la réponse très évasive des autorités académiques ne peut que nourrir mon inquiétude de voir l’Ariège sortir de ce dispositif»
L’Ariège sortirait à la rentrée 2015 du dispositif de l’éducation prioritaire Aujourd’hui le responsable syndical se dit abasourdi par un tel calendrier et le manque de concertation qui guide cette décision lourde de conséquences pour le département de l’Ariège surtout au moment où le même ministère de l’Éducation nationale vient de publier la «Géographie de l’École» (voir notre article du 02/07/2014) un document qui démontre cartes à l’appui que l’Ariège fait partie des départements les plus défavorisés de Midi-Pyrénées et tout particulièrement les secteurs de Lavelanet et de Vicdessos considérés comme des «zones à risques d’échec scolaire» où la part des non-diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés dépasse les 60 %. (À Pamiers ce sont 30% de jeunes qui rentrent dans cette logique, notamment des jeunes issus des quartiers du Foulon ou de la Gloriette)

Selon le secrétaire départemental de l’UNSA, la sortie de ces collèges de l’éducation prioritaire aura pour conséquence immédiate la diminution des moyens attribués et par voie de conséquence la suppression de postes et de classes, plus particulièrement dans les écoles où les moins de 3 ans ne seraient plus comptabilisés dans les effectifs (tel est le cas dans les écoles qui ne sont pas en zone d’éducation prioritaire): «au collège Pasteur de Lavelanet ou au collège de Vicdessos le fait d’être situé en zone d’éducation prioritaire permet de bénéficier de 36 heures supplémentaires pour organiser des apprentissages, ce n’est pas neutre, c’est l’équivalent de deux postes supplémentaires.

L’arrêté n’est pas encore passé, il faut mener une action auprès du ministre c’est pour cette raison que nous venons d’adresser un courrier à nos trois parlementaires pour les informer de la situation et signaler notre mécontentement! Pourquoi faire passer cette circulaire pendant la période estivale, en catimini si ce n’est par crainte de l’opinion publique ?
»
On oppose une précarité à une autre et c’est intolérableAutre sujet de mécontentement pour l’UNSA, la suppression d’emplois d’assistants d’éducation (AED). «Déjà à la rentrée 2013, nous avions rencontré les parlementaires pour dénoncer la suppression de 2000 emplois d’AED au plan national (dont 8 en Ariège alors que l’effectif du second degré augmentait en même temps de 28 élèves) suite à une erreur technique des services du ministère qui n’avaient pas anticipé la revalorisation du SMIC horaire sur lequel sont payés ces emplois et face également à des crédits insuffisants.

Nous avons appris lors du comité technique académique du 24 juin que le contingent académique des emplois AED était à nouveau en diminution de 16 emplois suite à un redéploiement en faveur du vice-rectorat de Mayotte. Cette mesure se traduit par la suppression d’un emploi d’AED en Ariège alors même que les effectifs sont en hausse de 69 élèves à la rentrée 2014.

Certains AED sont déjà à 3/4 temps ils vont passer à mi-temps. Au moment où il y a des créations de postes dans toutes les catégories de l’Éducation Natioanle, on tape sur les plus faibles, les AVS dont le statut est d’une grande précarité. Ce n’est pas digne d’un gouvernement qui se veut porteur des valeurs de justice sociale !
» Là encore le syndicat UNSA éducation par la voie de son secrétaire départemental interpelle les trois parlementaires.
La maintenance informatique des lycées externalisée dans le privéEnfin, cerise sur le gâteau, lors du CTA du 24 juin, il a été question du service des AIDAT (assistance informatique décentralisée de l’Académie de Toulouse). Jusqu’à la rentrée 2015, il est prévu que l’État continue d’assurer cette compétence liée à l’acquisition et la maintenance du matériel informatique, mais après cette date butoir, les AIDAT vont disparaitre et leurs personnels pourtant reconnus pour leur compétence devront envisager une reconversion professionnelle ou reprendre leur service en formation initiale pour ce qui concerne les professeurs.

De quoi indigner Antoine Loguillard qui au cours de cette même réunion a appris que le choix de la région est d’externaliser cette compétence et de la confier à une société privée.

«Les techniciens de l’AIDAT ont reçu un courrier dans lequel on leur demande de changer ni plus ni moins de métier. L’état a transféré les compétences sans les moyens. Ce choix ne nous convient pas, nous l’avons fait savoir lors du conseil académique de l’Éducation nationale (CAEN) du 27 juin, Viviane Artigalas, en charge de l’enseignement secondaire et des TIC au Conseil régional nous a assuré qu’aucune décision définitive n’avait été encore prise sur ce dossier.

C’est pour cette raison que nous saisissons Marc Carballido, afin qu’il puisse amender son point de vue et faire le choix progressiste du service public
»

Autant de mauvaises nouvelles qui risquent de gâcher les vacances de nos élus et peut-être la rentrée des classes en septembre.

Laurence Cabrol | 15/07/2014 - 18:21 | Lu: 41991 fois