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Usines Cottes du Fossat: un accord d'entreprise se dessine dans un climat plus serein

Vue des usines Cottes du Fossat
© midinews (archives)

Une mobilisation importante a précédé hier le deuxième round crucial sur les 3 réunions qu'impose la procédure du plan social d'entreprise affectant les Usines Cottes du Fossat et menaçant directement de licenciement 26 postes à la fin août.

Un rassemblement organisé à l'initiative de la CGT, syndicat majoritaire au sein de l'usine, qui a mobilisé quelques habitants, élus du territoire (on aura vu notamment les maires de Pailhès et du Fossat) et les salariés de l'usine (environ 1/3 des effectifs étaient présents) en amont du comité central d'entreprise programmé à 14h.

Une journée marathon à vrai dire débutée dès 9h et qui se sera terminée après 18h. Rabah Sedikhi, secrétaire du comité d'entreprise (CGT), représentant les salariés de l'Usine de Cottes au sein de ce CCE aux côtés de Guillaume Plauzolles et deux représentants des salariés de l'Usine de Saint-Estève (qui fait partie du même groupe), en détaille les principales avancées.

En matinée en effet, c'est le cabinet d'expertise SECAFI qui rendait ses conclusions objectives sur la démarche de plan social face aux représentants des salariés.

Un rapport qui selon Rabah Sedikhi met en avant trois points essentiels: «Sur le motif économique qui a déclenché toute cette procédure, le rapport indique clairement qu'il n'est pas avéré. Il mentionne également que le produit phare, les pains Pérènes, est celui qui marge le plus à l'échelle du groupe.

Le rapport indique clairement, insiste le secrétaire du comité d'entreprise, que la suppression de ces 26 postes affectera la production de ce dernier pour lequel l'Usine Cottes dispose d'un réel savoir-faire assurant la qualité du produit
»

A moyen terme, ce même rapport l'affirme, ce serait le site du Fossat qui serait menacé «à horizon de 18 - 24 mois» Enfin le rapport du cabinet SECAFI considère que les comptes de l'entreprise sont en équilibre: «ils sont positifs»
Un accord d'entreprise doit trancher mardi prochain sur l'avenir des 26 salariésC'est sur la base des conclusions de ce rapport que les représentants des salariés ont présenté un projet alternatif aux représentants de la direction, MM. Muller, DRH France et Franceries, responsable des relations des entreprises, en présence des experts de la SECAFI, afin que s'ouvrent les débats dans le cadre du CCE de l'après-midi même.

D'emblée, Rabah Sedikhi, évoque le «dialogue constructif et un réel échange ouvert» qui ont pu s'établir entre représentants des salariés et de la direction.

«Notre but, assure Rabah Sedikhi, c'est d'avoir un site pérenne, un vrai projet industriel et de sauver des emplois sur le territoire» C'est tout l'objet de ces échanges sur le projet alternatif soumis par les représentants des salariés.

«Plutôt que d'avoir des licenciements secs à la fin août, nous proposons que dans le cadre du PSE, les 26 salariés concernés voient leur contrat de travail maintenu mais sortent de la masse salariale de l'entreprise en poursuivant des formations de perfectionnement voire d'évolutions de carrière, selon les principes de la Charte de l'industrie agro-alimentaire à laquelle le groupe adhère afin de sécuriser les parcours professionnels et soient réintégrés à l'issue de cette période de formation de 12 à 18 mois au sein de l'entreprise. Une formation alors intégralement prise en charge par l'organisme formateur»

A l'issue de la courte interruption de séance pendant laquelle chaque partie a revu ses positions la direction a fait savoir «qu'elle n'est pas contre le principe»

Un accord de principe a été trouvé que résume Rabah Sedikhi: «nous devons formaliser mardi prochain (soit le 29 juillet, NDLR) un accord d'entreprise entérinant par écrit nos accords verbaux»

La direction a toutefois souhaité assortir cet accord d'une obligation principale, «celle d'un retour d'activité et de volumes suffisants au terme de cette période de transition sans quoi elle serait autorisée à notifier les licenciements»

Les départs volontaires seront privilégiés (une dizaine de salariés sur les 26 aujourd'hui menacés de perdre leur poste auraient déjà signifié leur intention de partir).

Désormais direction et représentant du personnel confie à la DIRRECTE le soin de les aider à formaliser cet accord et de participer à la définition du programme de formation qui en résultera.

«C'est une belle avancée, résume Rabah Sedikhi, on a franchi une belle étape par rapport au projet de licenciements dans le cadre du PSE initialement évoqué», qui se montre optimiste sur l'aboutissement de cet accord mardi prochain: «dans l'immédiat les 26 postes seraient sauvés sauf pour ceux qui souhaitent partir dans le cadre de démarches volontaires»

Si tout cela devait se confirmer mardi prochain, l'ultime round, décisif, programmé le 8 août prochain dans le cadre du PSE devrait se dérouler dans un climat apaisé, plus constructif, et donc favorable pour l'usine, son projet... et tout un territoire.

Sylvain Sastre | 24/07/2014 - 18:20 | Lu: 40318 fois