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Smectom du Plantaurel: coup de théâtre après huit jours de grève, les salariés demandent la médiation du Préfet

© midinews 2014

«Depuis vingt ans, on n’avait jamais vécu un conflit aussi dur dans la maison», avoue cet agent qui depuis jeudi dernier fait le piquet de grève devant le centre de tri et de collecte de Varilhes.

Il est vrai qu’à force de promesses non tenues et de maladresses, un malaise profond suivi d’une crise de confiance a conduit les salariés du service public d’élimination des déchets à cesser depuis le 16 octobre leur travail.  
Vendredi 24 octobre pas de sortie de grève en vue
Le conseil syndical extraordinaire de mercredi dernier convoqué à la demande de la commission du personnel et de l’intersyndicale avait pourtant permis de renouer le dialogue social et de mettre en avant un certain nombre d’avancées (en matière de pouvoir d’achat, d’investissements, mais également de mises en conformité réglementaire en matière d’hygiène, de salubrité bref des revendications qui dataient du printemps dernier) garantissant le fonctionnement de ce service public avec l’organisation désormais indispensable d’une nouvelle gouvernance (promise dans la lettre d’intention du président Pédoussat) pour le pérenniser.

Mais comme la confiance se mérite plus qu’elle ne se décrète, tous les agents attendaient de voir ces dispositions gravées dans le marbre avant de se prononcer sur la reprise du travail. Après la réunion de négociation de jeudi et la remise à plat dans le détail de tous les engagements pris de part et d’autre permettant une sortie de grève.

On n’a pas fait sept jours de grève pour 14 € par mois
Coup de théâtre ce vendredi. Si la direction a acté les revendications portées depuis le printemps, elle devait chiffrer l’augmentation destinée aux employés en matière de pouvoir d’achat: «le président et son directeur général ont fait leurs calculs. Ils nous ont proposé 200 € bruts par an, soit 14€ nets par mois, explique Éric Coneim de l’intersyndicale.

Quand nous avons présenté cela aux agents, ils n’ont pas été satisfaits du résultat. Nous avons repris les négociations à 14 h et nous sommes tombés sur une fin de non-recevoir sur toutes les demandes. Le président nous a menacés: si l’on ne reprend pas le travail, il revient en bloc sur toutes nos demandes.

C’est pour nous une douche froide au regard de ce qu’il nous avait laissé entendre hier. Nous avions même commencé à nous organiser pour reprendre le travail et procéder au ramassage des ordures dès samedi matin tellement confiants de l’aboutissement de nos négociations
».

Face à cette confiance qui tarde décidément à revenir, les représentants des salariés ont décidé de faire appel à la médiation du préfet.

«Nous n’avons pas compris ce revirement de situation», poursuit le délégué de l’UNSA. Quant à l’été d’esprit des troupes «mes collègues sont remontés, excédés, hier encore on parlait de restaurer la confiance, c’est une nouvelle preuve du double discours que ces gens sont capables de tenir.

Et la façon dont on nous a asséné cela avec mépris… on a en face des comportements irresponsables. Nous voulons communiquer en direction des usagers, il ne faut pas qu’ils aient l’impression d’être pris en otage dans ce mouvement social. Mais on ne peut pas reprendre le travail aujourd’hui dans ces circonstances.

Tous les ans le Smectom a des excédents qui lui permettent d’autofinancer ses investissements. Les usagers doivent le savoir. Nous étions prêts à reprendre notre travail, nous sommes navrés par tout ce qui se passe au sein ce service public
».

Une dernière assemblée générale aura lieu vendredi soir en présence des représentants du personnel et le conflit pourrait bien se durcir dans les jours à venir.

Laurence Cabrol | 24/10/2014 - 18:24 | Lu: 49322 fois