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L'égalité femmes/hommes passée au crible ville par ville en Ariège

Illustration: Kudryashka

Difficile de trouver un sujet qui échappe aujourd’hui aux études statistiques des instituts spécialisés.

Dernière livraison en date, celle de nos confrères de «La Gazette des Communes», associée pour l’occasion au Centre d’observation et de mesure des politiques d’action sociale (Compas), qui ont mis au point un comparateur pour établir l’état des lieux le plus précis possible en matière d’égalité femmes/hommes.

Le niveau de précision de l’étude réalisée à l’échelle nationale porte sur l’ensemble des communes de France.

«Alors, qu’habituellement, l’inégalité entre les femmes et les hommes est un sujet de dimension nationale propice au débat d’idées, notre comparateur en fait une problématique locale et concrète, à même d’aider les collectivités à mieux remplir leurs nouvelles obligations imposées par la loi du 4 août 2014.

L’objectif, c’est que les élus s’en emparent pour ouvrir le dialogue au sein de la collectivité entre élus, avec les agents, et, en externe, en direction des administrés, des associations, des partenaires publics et privés… Également, que des chercheurs utilisent ces chiffres pour nourrir leur analyse de la société française
», explique à «La Gazette des Communes» Louis Maurin, consultant pour le Compas.

Quatre indicateurs ont été retenus : le taux d’activité, la part de cadres supérieurs, la part de bas niveau de formation et le salaire horaire. Plus qu’une volonté d’en tirer des conclusions localisées, l’outil poursuit donc l’objectif de fournir une aide à la décision en matière de politique de la ville.

Un comparatif Foix-Pamiers sans surprise
L’Ariège n’a pas échappé à la sagacité des statisticiens. On s’en doute, les disparités sont importantes d’une ville à l’autre. Nous avons retenu les exemples des deux principales cités du département, Foix et Pamiers*.

A Foix, le taux d’activité des 25-54 ans s’établit par exemple à 90 % pour les hommes (contre 94 % en France) à comparer aux 87 % pour les femmes (86 % en France). Les Fuxéennes affichent donc un taux d’activité supérieur à la moyenne nationale, à l’inverse des Fuxéens.

Ces mêmes Fuxéennes n’occupent cependant que 9 % d’emplois de cadre, loin des 15 % à l’échelle nationale. Résultat similaire pour les Fuxéens, à 16 % contre 20 % en France.

Sans surprise, le salaire horaire des salariés hommes est plus élevé que celui de leurs collègues féminines à Foix comme ailleurs, 13 € contre 12 € (15 € et 12 € en France).

Du côté de Pamiers, le taux d’activité des hommes s’affiche à 93 % (presque la moyenne nationale de 94 %) quand celui des femmes n’excède pas 81 %, offrant un très grand écart entre les «sexes» La forte activité industrielle de la capitale de la Basse Ariège expliquant vraisemblablement cette situation.

Comme pour la ville de Foix, le taux de cadres penche favorablement vers les Appaméens (15 % contre 10 %). Idem pour le salaire horaire : 12 € contre 11 €. Là encore, la sociologie des entreprises locales explique ce niveau de salaire, plus faible qu’à Foix, ville administrative et de services.

Un élément intéressant cependant à retenir dans les deux villes : le pourcentage de «bas niveau de formation» Les femmes y arrivent en tête (40 % contre 35 % aux hommes à Pamiers, et 35  % contre 30 % à Foix) mais ne se positionnent pas de la même façon par rapport à la moyenne nationale.

Sur cet indicateur, 37 % des femmes françaises nourrissent le «bas niveau de formation», les hommes 30 %. La sociologie de l’activité appaméenne confirme, cette fois encore, sa différence.

Il n’est pas certain que les édiles des communes étudiées découvrent de véritables surprises dans la connaissance de leur population. Cela ne manquera cependant pas de les intéresser.

*Pour découvrir les statistiques de votre commune : http://www.comparateurterritoires.fr/femmes-hommes/

PB | 30/10/2014 - 18:42 | Lu: 23889 fois