Plan grand froid 2014/2015: Nathalie Marthien préfet de l'Ariège ne laissera «personne au bord de la route»
Comme chaque année à la même époque, le préfet de l’Ariège vient de réunir le comité départemental de veille sociale élargi composé des représentants des associations, des collectivités locales, du SAMU, des établissements de santé, des pompiers et des forces de l’ordre.
Les grandes orientations en matière d’accueil, d’hébergement et d’insertion des plus démunis ont été présentées et les initiatives locales coordonnées pour répondre au mieux aux besoins des personnes sans abris pendant la période hivernale.
Un plan qui vise à renforcer le dispositif d’accueil d’urgence en place durant toute l’année
Nathalie Marthien préfet de l’Ariège après avoir remercié tous les partenaires de l’hébergement d’urgence et du plan grand froid, «toutes ces associations qui font un travail admirable», a rassuré l’ensemble de ses partenaires quant aux moyens alloués, «ils seront identiques à ceux de l’hiver 2013-2014».
Elle a cependant convenu qu’en matière d’hébergement d’urgence les acteurs de la solidarité sont confrontés à une quasi-saturation du dispositif tout au long de l’année.
Il s’agit d’une population constituée pour la plupart d’hommes, plus de 20% de familles avec enfant et beaucoup de personnes déboutées de droit d’asile car le département de l’Ariège a la spécificité d’être à la fois le plus précaire de Midi Pyrénées et d’accueillir un centre d’accueil pour demandeur d’asile (le CADA du Carla Bayle dispose d’une centaine de places).
«Lorsque l’instruction des dossiers sont défavorables, ces personnes sont déboutées du droit d’asile et exclues de ce dispositif. On doit cependant trouver une solution temporaire avant qu’elles soient éloignées du territoire. Notre objectif c’est de faire en sorte que ces personnes soient traitées de la manière la plus humaine possible».
Les orientations du plan hiver 2014-2015 sont identiques à celles mises en œuvre lors de la précédente campagne en insistant sur la prévention et l’anticipation des effets de la vague de froid. «Nous faisons en sorte qu’il y ait des places supplémentaires d’hébergement d’urgence, de 50 places, nous passons à un dispositif qui permet d’aller jusqu’à 110 places.
Les associations craignent avec la crise que les statistiques de la précarité augmentent. Nous suivrons de très prés cela. Et nous ne laisserons personne au bord de la route».
Véronique Castro, directrice de la DDCSPP a souligné la grande solidarité entre les services de l’Etat, les collectivités et les associations qui sont indispensables pour repérer les personnes en danger dans la rue mais également dans le soutien psychologique (maraudes de la Croix Rouge), la distribution de vêtements et de denrées alimentaires.
En terme de crédits destinés à toutes ces actions, ils ont augmenté de 5% cette année. «Cela va favoriser la mise en place du dispositif et au-delà de ces hébergements, nous aurons des crédits pour les places d’hôtel à utiliser en cas d’urgence» commente le préfet. Pour autant elle insiste aussi sur la sanctuarisation de trois places d’hébergement pour les femmes victimes de violences car le phénomène est malheureusement loin de s’essouffler en Ariège.
Ouverture d’une maison relais de 21 places à Foix
Tous les participants à cette réunion avaient en tête le drame de Lavelanet au mois de septembre dernier qui a couté la vie à trois pensionnaires de la maison relais de la Croix Rouge. Jean-Paul Xibera, a indiqué qu’un immeuble de l’OPAH avait été mobilisé pour reloger les survivants à ce terrible incendie.
Début 2015 la maison relais de Foix avec ses 21 places sera ouverte avec l’objectif de trouver un hébergement pérenne.
«Nous débutons les maraudes à partir de ce soir (à raison d’une à deux fois par semaine sur le territoire de Foix, Pamiers et Saint Girons grâce aux 70 bénévoles qui s’impliquent à nos cotés). Mais avant d’avoir commencé nous manquons déjà de couvertures. Je lance donc un appel au don de couvertures».
Le SIAO à travers le 115 permet d’améliorer la prise en charge
David Deceuninck responsable de l’association Herisson Bellor gère le service intégré d’accueil et d’orientation. Disponible 7j/7 et 24h/24 toutes les demandes d’hébergement transitent par ce numéro unique et gratuit, véritable outil central de régulation.
«Les places ouvertes à l’année sont occupées à 100%», tempère le directeur de la structure «mais à partir du 12 novembre Emmaus met à disposition 7 places supplémentaires (3 à Lavelanet et 4 à St Jean du Falga) où l’on pourra orienter des hommes isolés souvent laissés pour compte au profit des familles.
Et le 17 novembre l’institut protestant se Saverdun ouvre 16 places au domaine de Rivière. Trois familles du CADA pourront y être accueillies. Ces ouvertures vont rapidement être occupées.
Aussi si nous devons passer au niveau 2 ou 3 du plan grand froid, nous serons obligés de faire appel à d’autres structures en fonction de la demande. Au total 110 places d’hébergement d’urgence sont mobilisables».
Un indispensable maillage territorial
Pour Jean-Paul Xibéras de la Croix Rouge, il n’est pas rare d’aller jusqu’au village des Cabannes pour récupérer des personnes dans le besoin.
D’où la nécessité d’un maillage du territoire. Alain Sutra, maire de Tarascon a promis de mettre à l’étude la création de places d’hébergement d’urgence à l’année sur sa commune. Le préfet a souligné l’implication des forces de l’ordre qui multiplient les patrouilles: «on essaie d’être dans l’anticipation en travaillant dans le dialogue et l’information avec le calendrier de sortie des familles du CADA.
Heureusement que le milieu associatif est souple et permet de trouver des solutions. Par ailleurs j’ai aussi une enveloppe fermée qui peut être déplacée s’il y a un risque sur les populations. Il faut garder cette marge de manœuvre pour des situations imprévisibles».
En attendant l’objectif de «zéro demande de mise à l’abri non pourvue par manque de place» continue à être en vigueur pendant toutes les périodes dites de vigilance grand froid du 1er novembre au 31 mars voire au-delà si la météo devait s’obstiner à la baisse.
| Bilan de la période 2013/2014 Actions specifiques mises en œuvre -Extension des horaires d’ouverture de l’accueil de jour de Foix géré par l’association Chélidoine et ouverture de l’accueil de jour de Saint Girons le mercrdi après-midi -Repas chauds pour les personnes en grande précarité sur divers sites (St Girons, Pamiers) par les structures d’urgence sociale. -Maraudes de la Croix Rouge du 1er nov au 30 avril 2014 ont permis d’aller au-devant de 535 personnes au cours de 77 sorties sir les secteurs de Foix, Pamiers et St Girons. -Mise en place de 7 places d’hébergement d’urgence par l’association Emmaus à St Jean du Falga et Lavelanet -Ouverture de 16 lits à l’institut protestant de Saverdun Profil des personnes hébergées en urgence -Sexe: 81% d’hommes et 19% de femmes -26% de jeunes (-18 ans) -16% de familles (avec enfants) 12% de couples -A noter que les personnes à droit incomplet représentent une part très importante des personnes hébergées |
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