Foix: pour que la santé mentale ne soit plus un tabou en Ariège, parlons-en!
Parce que la santé mentale, un enjeu national, une question de société et de santé publique, la MGEN a reconnu la santé mentale comme thématique prioritaire en 2014.
La section locale de cette mutuelle en relation avec l’association Espoir Ariège a proposé jeudi soir une série de tables rondes en direction du public, des professionnels, des intervenants, des accompagnants ou personnes concernées par des problèmes de santé mentale dans leur parcours de vie.
Il faut savoir qu’une personne sur 5 est affectée par un rouble de santé mentale au cours de sa vie. Cela peut arriver à tout le monde un jour ou l’autre. Au XXIe siècle la santé mentale est encore considérée comme tabou, des mots comme schizophrénie, troubles biopolaires ou camisole chimique effraient le grand public, emmurent les malades dans une extrême solitude. Leur isolement est alors synonyme de désocialisation, de perte de repères et d’exclusion.
Pourtant à y regarder de près le plan psychiatrie et santé 2011-2015 stipule que «la santé mentale est un droit de l’homme… toute action visant à préserver ou a restaurer une bonne santé bénéficie à l’ensemble de l’individu, toutes les conséquences des troubles mentaux sur la collectivité sont importantes.
La diversité est une richesse, les personnes malades font partie de notre communauté. Aider la population à interroger ses représentations, à dépasser ses peurs, c’est créer les conditions sociétales favorables au cheminement vers une demande de soin au moment où elle peut être utile. C’est aussi donner la chance à chacun de rencontrer l’autre».
Et grâce à cette manifestation organisée à Foix ce 13 novembre, il était facile de rencontrer ces personnes comme vous et moi qui sans complexe abordent les troubles dont ils souffrent et avec une certaine clairvoyance leur place dans la société.
Marie-Jo Palmade, la présidente de l’association Espoir Ariège a rappelé en introduction les raisons qui ont poussé à sa création il y a 15 ans à présent : la solitude de 8 familles dont un proche souffrait de maladie mentale, l’incompréhension de l’entourage, des amis, des pouvoirs publics et al grande solitude de ces malades. Un sentiment d’abandon que l’on pourra lire encore aujourd’hui en creux dans tous les témoignages.
«Si le petit collectif des années 2000 a décidé de se constituer en association loi 1901, qui a été reconnue en 2007 d’intérêt général c’est pour faire comprendre la différence, partager la conviction que quelque chose est toujours possible même si le chemin est long, continuer à défendre les droits de ces personnes et du handicap en général… le chantier est vaste, mais vous le constaterez l’ensemble des intervenants veulent essayer de faire évoluer les choses.
Je tiens à les remercier pour leurs témoignages, leurs parcours de vie sont souvent difficiles et parfois exemplaires. J’ai promis dès le départ de suivre leur adage: surtout rien sur nous sans nous. Chaque fois qu’ils prennent la parole, ils parlent d’eux et pas quelqu’un à leur place parce que ce sont des êtres humains à part entière».
Claire a 53 ans. Elle est bipolaire. C’est le décès prématuré de son enfant qui déclenche sa maladie. «Avant je ne m’étais pas aperçu que j’étais différente des autres. À la mort de mon enfant, j’ai commencé à vouloir me suicider. À l’hôpital psychiatrique, on a dit que j’étais bipolaire.
Aujourd’hui mon traitement s’est équilibré, alors sourions à la vie ». Et Claire prend pour témoin la caméra pour s’adresser à sa famille: «je sais que vous m’aimez, mais je sais aussi que vous ne me comprenez pas.
Vous êtes très mal à l’aise par rapport à moi, parfois même vous me faites des reproches alors que je mériterais de l’affection. Je sais que vous m’aimez, je vous aime aussi. Je voudrai seulement vous faire comprendre que la maladie mentale est une chose qui fait terriblement souffrir intérieurement».
Aujourd’hui Claire vit seule avec une auxiliaire de vie. Elle est en cours de guérison.
Laurent a 45 ans. Il est bipolaire. Selon lui une maladie bien peu connue ou si mal: «les reportages que l’on peut voir à la télé sont tellement extrêmes que l’on ne se reconnait pas. Ce sont des clichés.
C’est une maladie assez compliquée à gérer avec des hauts et des bas, comme tout le monde dans la vie, mais chez nous les hauts sont encore plus hauts et exacerbés et quand ont est en bas, dans le dark c’est un véritable enfer… Actuellement ça fait trois jours que je souffre et c’est très compliqué pour moi».
Laurent est conscient que sa maladie le coupe du monde, le desocialibilise: «on est très seul. Ca fait deux ans que je n’ai pas de copine à cause de cette maladie, les filles ont peut. Je dois régler beaucoup de choses et j’ai du mal à régler ces choses-là. Il faut vouloir s’en sortir et la volonté, personne ne peut vous la donner à votre place».
Alexis est schizophrène. Il a été invité par Espoir Ariège pour témoigner. Il a sorti un livre en 2010 «Espoir de Schizo» pour expliquer son parcours, entre maladie et médecines alternatives.
«Depuis une quinzaine d’années je me fais soigner à la fois par l’institution psychiatrique et des techniques alternatives de mieux-être: sophrologie, acupuncture, chi-qong… qui m’ont aidé à reprendre contact avec la réalité. Car on est dans une maladie où on est dans notre tête, notre pensée».
Alexis souffre également de l’image que les médias donnent de sa maladie: «vous savez les schizos sont très doux, bien sûr les médias ne s’attachent à raconter les 2 ou 3 histoires violentes pour vendre du papier, mais il faut sortir de ce profil-là. Si on est violent, c’est pour nous, il y a des tentatives de suicide… oui il y a un gros travail de communication à faire sur les malades et les maladies mentales !»
Et si ensemble on changeait les choses?
Espoir Ariège: 06 07 44 28 43
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