Foix: une soirée de maraude avec la Croix rouge à la rencontre des plus démunis
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Les SDF sont particulièrement vulnérables aux températures extrêmes.
Avec l’instauration du plan grand froid 2014-2015 par la préfecture de l’Ariège, les bénévoles de la Croix Rouge ont depuis le début du mois de novembre repris le chemin des maraudes afin de détecter, prévenir et limiter les risques sanitaires et sociaux liés au froid.
«L’hiver dernier nous sommes allés à la rencontre de 535 personnes au cours de 77 sorties, des maraudes qui se déroulent à Foix, mais aussi à St Girons et à Pamiers», explique Jean-Paul Xibera, responsable de l’antenne fuxéenne qui au cours de ces sorties distribue, nourriture, boissons, couvertures et vêtements.
Une présence discrète, mais permettant de dresser le profil de tous ceux qui choisissent ou subissent la rue.
«Ces maraudes sont intensifiées pendant la saison hivernale quand le mercure flirte avec les températures négatives, car pendant cette période les populations en errance ou en situation de grande précarité sont fragilisées. Outre les dangers de l’exposition au froid, il y a des pathologies diverses et chroniques liées à la vie dans la rue.
Il convient de proposer des solutions de mise à l’abri ou d’hébergement leur permettant de bénéficier d’un cadre sécurisé. Nous sommes en relation avec le 115 qui nous oriente vers les places de mise l’abri disponibles».
La maraude constitue aussi pour les plus démunis un lien social indispensable autour d’une tasse de café ou un bol de soupe : «nous ne sommes pas là pour juger, mais pour essayer de voir quels sont les besoins de ces personnes, les écouter, les diriger s’ils le souhaitent vers des services sociaux»
Un rituel bien rodé
Les soirs de maraude, Jean-Paul s’entoure d’une équipe de trois bénévoles. Ce jeudi ce sera Madeleine, une jeune retraitée acquise à la cause des associations caritatives, Damien et Pauline, deux jeunes qui, face aux besoins, ont choisi de s’engager dans l’action humanitaire de proximité.
«Cette année nous n’avons pas eu de souci pour trouver des bénévoles», s’étonne presque Jean-Paul qui est trop souvent confronté à ce problème récurrent.
Aux alentours de 19 h le véhicule une fois chargé est prêt à marauder. «Il y a la nourriture et les boissons chaudes, des gants et des bonnets, mais aussi des kits hygiène et quelques couvertures» précise Damien qui fait ses premiers pas au SAMU social.
Avant la fermeture des boulangeries, l’équipe de la Croix rouge doit récupérer les invendus qui seront distribués pour améliorer le quotidien des SDF. Cependant avant de partir le responsable de l’antenne de Foix fait le point avec le 115 pour connaitre le nombre des hébergements d’urgence disponibles: «ce soir nous avons de la chance, il y a des lits chez Emmaüs à St Jean du Falga, mais il faut les occuper avant 21 h»
Cette année des sans-abris plus nombreux et de nouveaux profils se dessinent
Le jeu de piste peut commencer… pendant des dizaines se kilomètres le véhicule équipé d’un gyrophare (pour être vu de loin) commence son circuit, un trajet préétabli et s’arrête à chaque situation de précarité: des lieux un peu retirés, la salle d’attente de la gare et ses alentours, les portes-cochères, les parkings…
«Parfois on nous téléphone, on nous donne un signalement comme cette personne que l’on a récupéré à 10 h du soir dormant à même le sol, sans couverture sur le parking du Léo Lagrange.
Un monsieur de plus de soixante ans complètement démuni».
Jean-Paul ne cache pas ses inquiétudes, car cette année outre les «piliers» qu’il voit d’une année sur l’autre, le nombre de sans-abris est à la hausse: «depuis le début des maraudes nous avons repéré de nouvelles têtes, de nouveaux venus, des jeunes, des filles, des gens en rupture récente… une douzaine ou plus.
Le contact n’est pas encore établi, ils ne savent pas qu’il y a la maraude, qu’à l’accueil de jour ils peuvent faire leur toilette. Ils sont à la rue, n’ont pas de squat, ne sont pas hébergés chez des connaissances.
Je demande à mes équipes d’être particulièrement vigilantes, car on ne les identifie pas aussi bien que les autres. Notre rôle est important dans la mesure où ils acceptent la main tendue, on peut les convaincre en douceur d’accepter un hébergement s’ils sont en danger, leur donner des points de repère, les orienter».
La misère s’exporte. «L’autre soir, nous avons pris en charge un espagnol qui dormait depuis dix jours dans sa voiture. Il n’avait plus d’argent pour mettre du carburant ni pour se nourrir».
Parmi ces nouveaux arrivants en rupture de ban, D. une jeune femme de 25 ans dont la vie se résume à trois poches en plastiques trainées sur un charriot à roulettes. Elle vient pour la première fois à la rencontre du SAMU social. Besoin de couvertures, de vêtements chauds, D. dort sous une toile de tente. Elle refuse pourtant de passer la nuit à l’abri.
Parmi les « habitués », un barbu de 63 ans qui vient chercher sa soupe et commence a échanger avec Jean-Paul qu’il connait depuis plus de trente ans: «35 ans de galère ça crée des liens», plaisante B. Il confirme la présence d’un nouveau public. «Ils sont plus violents, on n’a pas les mêmes manières !»
Si certains gardent la trace et l’odeur de la misère pendant de longues années, d’autres s’en sortent et retrouvent leur dignité, un projet de vie: «passer de l’hébergement d’urgence vers le logement c’est possible, commente Jean Paul. Nous avons aussi cette satisfaction-là de ne plus les voir dormir dans la rue et de les croiser en ville bien propres… si nous arrivons à contribuer à les faire décrocher, à leur faire mettre le pied à l’étrier c’est énorme !»
À la mesure du travail de terrain que les associations réalisent tous les jours.
Croix-Rouge française
1 rue Paul Bert
Saint-Girons
05 61 66 36 36
11 boulevard Alsace Lorraine
Foix
05 61 02 62 64
26 chemin de la Chartreuse
Pamiers
05 61 67 56 30
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