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Foix: débat sur la laïcité mardi soir avec la Ligue de l'Enseignement

«La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte», proclame le célèbre article deux de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État.

Pour autant, précise l’article premier de la loi, «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public».

Ces restrictions sont notables. «Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux (…) en quelque emplacement public que ce soit» sauf les cimetières. «Il est interdit de tenir des réunions politiques» dans les lieux de culte. En outre, «les sonneries des cloches seront réglées par arrêté municipal».

Un principe dont on reparle à la veille de Noël dans l’actualité à travers l’installation de crèches dans des lieux emblématiques de la République (bâtiments de collectivités territoriales en Vendée ou à Béziers).

En 1905, l’État s’est déclaré propriétaire de la majorité du patrimoine immobilier des églises alors existant. On se souvient dans certaines vallées ariégeoises de l’émoi qui a suscité pareille mesure.

A Cominac (hameau d’Ercé), lors de la séparation de l’église et de l’état en 1905, le curé Caujolle, protégé par les ours conduits par les paroissiens, lit une lettre de protestations de l’inventaire qui lui était imposé: ce dernier ne put se faire qu’un an plus tard… Le motif invoqué pour s’opposer à l’inventaire était (comme dans bien d’autres communes) que la construction de l’église avait été financée par les paroissiens et que l’État s’appropriait donc leurs biens...

Lettre du préfet de l’Ariège au ministre de l’Intérieur (9 mars 1906):

«Lorsqu’il arriva, le percepteur se trouva, à l’église, en présence d’une foule compacte d’environ 300 personnes — tout le village — comprenant au moins 100 hommes et 200 femmes, filles ou enfants, et en plus trois beaux ours que tenaient en laisse leurs propriétaires respectifs, et quatre curés, celui de Cominac, celui d’Aleu, le vicaire d’Ercé et le curé d’Aulus».

Un épisode ancré dans la mémoire collective par une série de cartes postales anciennes.

Devenu un pilier de notre ordre juridique — sauf en Alsace-Moselle, où subsiste le Concordat de 1801 —, la loi de 1905 est souvent malmenée, menacée. Elle s’invite régulièrement dans le débat politique ou judiciaire — on se souvient de la crèche Baby-loup — aussi pour rappeler les principes de 1905 (liberté de croire ou de ne pas croire, neutralité absolue du service public, séparation des Églises et de l’État) dans une société diversifiée, fragmentée, Guy Cirla, Secrétaire général de la Ligue de l’Enseignement de l’Ariège Vice-Président du Cercle Condorcet propose un Exposé/débat sur le thème de la laïcité mardi 9 décembre à 18 h Salle Frédéric Soulié (mairie de Foix). Entrée libre

Conférence/Débat sur la laïcité
Mardi 9 décembre à 18 h salle Frédéric Soulié  (mairie de Foix)
Entrée libre

08/12/2014 - 19:21 | Lu: 14265 fois