Pamiers: la loi Macron dans le collimateur de l'intersyndicale

© midinews 2015
Alors que les députés examinent actuellement le projet de loi pour la croissance et l’activité présentée par le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, la riposte s’organise.
Après la manifestation toulousaine de lundi, l’intersyndicale CGT, Solidaires, FSU entend mobiliser contre la loi Macron en organisant ce vendredi 30 janvier une manifestation à Pamiers.
Un appel à la grève a été lancé et les services publics, Aubert& Duval, l’ADAPEI ou encore l’APAJH devraient connaitre quelques perturbations même si d’ores et déjà, les syndicats estiment qu’«il ne s’agira pas d’une journée historique».
Pour autant ils ne baissent pas la garde, ils comptent mobiliser contre cette loi fourre-tout, mais surtout en expliquer les tenants et les aboutissements. C’est au cours d’une conférence de presse hier soir qu’ils en ont ébauché les contours.
Pour Didier Mézin de la CGT, on ne peut pas dissocier la loi Macron et ses enjeux des négociations pour le dialogue social.
«Le lien ente ces deux lois c’est que l’on est à présent dans une logique de contreparties, une stratégie de casse sociale au sein de l’entreprise remettant en cause l’existence même des instances représentatives des salariés (CE, CHSCT). Il y a longtemps que la tentation d’aller piocher dans les acquis sociaux pour lutter contre le chômage record revient avec force, notamment du côté du patronat, mais la loi Macron fait pire encore.
D’où la nécessité à travers l’intersyndicale d’expliquer cette loi et de ne pas en minimiser les faits, d’autant qu’au final beaucoup de choses pourraient être décidées par ordonnances… c’est triste de voir qu’un gouvernement socialiste est capable de nous imposer une politique antisociale. Sarkozy y avait peut être pensé, mais il ne l’a jamais fait, car tous les Français seraient descendus dans la rue.
Aujourd’hui on a l’impression que les travailleurs sont résignés face à des conditions de travail précaires !»
«On se répète depuis deux ans, mais la pédagogie c’est aussi savoir se répéter», embraye Daniel Mémain pour Solidaires Ariège. Il dénonce un travail de déconstruction des acquis sociaux, un travail de sape qui touche tous les domaines du droit du travail (permettant notamment d’assouplir la procédure de licenciement économique, des prudhommes au travail le dimanche, la nuit, le démantèlement du transport ferré.
Pour Guillaume Estalrich de la FSU, c’est une attaque frontale au cadre de travail des plus faibles, car le travail le dimanche concerne un public de femmes.
Une manifestation pour dire non à l’austérité
Un ministre trop libéral au gout de l’Intersyndicale ariégeoise qui a fait la grosse erreur de ne pas consulter les partenaires sociaux avant de s’adonner au démantèlement des professions réglementées et des acquis sociaux.
«Le gouvernement et le Medef tentent de nous faire croire que faciliter les licenciements, alléger la fiscalité des entreprises grâce aux crédits d’impôt (loi de sécurisation de l’emploi et pacte de responsabilité] permettrait le retour de la croissance et de l’emploi…
Nous voyons le résultat, le chômage explose! Il n’y a aucun équilibre, aucune avancée pour les salariés, c’est de la déconstruction pure et simple. L’ANI en 2013 aujourd’hui la loi Macron nous sommes sur des régressions sociales pour les salariés !»
L'intersyndicale appelle à un rassemblement vendredi 30 janvier à 11 h devant l’usine Aubert & Duval à Pamiers
En photo ci-dessous, le tract contre la Loi Macron diffusé par la CGT

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