Carte scolaire 2015: pour la FSU «ces dotations ne permettent pas de restructurer l'école en profondeur»
Depuis que la dotation académique a été dévoilée au grand public, la nouvelle carte scolaire pour la rentrée 2015 prête à discussion. Après l’UNSA la semaine dernière, ce matin, Marc Faget et Guillaume Estalrich de la FSU se sont prêtés à l’analyse et ont annoncé un appel à la grève pour le mardi 3 février.
Dans le premier degré, les moyens académiques sont revus à la baisse avec la suppression de trois postes.
Marc Faget a rappelé que la situation de l’an passé était identique et qu’il avait fallu l’intervention des parlementaires ariégeois pour obtenir des postes supplémentaires: «pour nous ce n’est pas une manière satisfaisante d’appréhender la carte scolaire, le ministère doit être capable d’abonder en poste et de les répartir de manière équitable dans chaque département».
Une distribution de postes faite au compte-goutte pour gérer l’urgence
À la prochaine rentrée on enregistre 142 postes supplémentaires pour 2595 élèves en plus «le ratio est meilleur que l’an passé, mais les nouveaux dispositifs (tels que l’amélioration du régime des décharges ou les nouveaux dispositifs dans les REP+dans la Haute-Garonne) vont consommer ces postes», commente le représentant syndical un peu choqué de voir les dotations faites aux différentes académies en fonction des poussées démographiques de certains départements (31,81 ou 82) alors que d’autres (32 ou 65) enregistrant des baisses démographiques significatives reçoivent tout de même des effectifs supplémentaires.
Choix politiques de la rectrice ou pas, force est de constater que ces deux départements ont signé un protocole avec l’administration dans lequel ils s’engagent à faire des efforts au niveau du réseau local des écoles, en contrepartie on les ménage pendant trois ans en terme de dotations. Un tel protocole a été proposé à l’Ariège en novembre dernier, les élus ariégeois ne l’ont pas accepté.
À ce jour on ne connait pas encore avec précision les contours définitifs de la nouvelle carte scolaire, car les arbitrages ne seront connus qu’après la tenue des comités techniques après les élections départementales pour autant Marc Faget reproche à cette distribution d’être «faite au compte-goutte» et craint de voir sacrifiés les réseaux des écoles rurales et de montagne ainsi que les enseignements spécialisés.
Idem pour certains nouveaux dispositifs comme l’accueil des moins de 3 ans, qui ne pourront être financés auxquels s’ajouteront les problèmes des remplaçants ou des RASED non réembauchés: «cette dotation ne permet pas de revenir sur les dégâts des années précédentes ou de mettre en place les nouveaux dispositifs et les projections faites pour les rentrées 2016-2017 avec une tendance à la baisse des effectifs, va justifier la suppression des postes à venir.
En définitive on est sur des dotations qui permettent d’accompagner les baisses démographiques, mais pas de restructurer l’école».
Second degré un taux d’encadrement inférieur à l’année précédente
Les chiffres sont clairs et nets: -157 élèves pour -14 postes (ou équivalents temps pleins) au collège, +174 élèves au lycée pour +13 postes, au LEP -25 élèves pour deux postes de moins.
«Si l’on peut comprendre les ajustements en fonction des effectifs, au total le taux d’encadrement est inférieur à l’année précédente», commente Guillaume Estalrich pour le second degré. Selon lui «la dotation académique ne suit pas l’évolution démographique.
Les réformes et les priorités ne se traduisent pas dans le concret, car si avec 8 élèves en moins on enregistre trois postes en moins, il y aura nécessairement davantage d’élèves par classes. La rectrice gère la pénurie comme l’inspecteur le fera par la suite l’inspecteur académique.
Et ce qui se passe en Ariège est symptomatique au plan national c’est pour cette raison qu’on appelle à la grève le 3 février avec pour mot d’ordre: les conditions de travail, la formation et les salaires». Et le représentant syndical de développer.
Depuis des années les conditions de travail ne cessent de se dégrader avec une augmentation des effectifs au collège et un manque de personnel «associé» (infirmiers, conseillers d’orientation, psychologues, administratifs, assistantes sociales).
Autant de postes indispensables dans le parcours de l’élève: «de nos jours, l’enseignant doit faire office d’infirmier, de conseiller d’orientation voir de psychologue… autant de missions qui ne sont peut-être pas visibles, mais qui pèsent au quotidien.
Nous ne sommes pas les seuls, les directeurs ont aussi la pression… on assiste à une évolution dramatique.
À cela s’ajoute les réformes successives, les évaluations qui s’accumulent sans que jamais aucune ne soit faite: on l’a vu avec les lycées (pour le bien-être des élèves et des enseignants) on le voit avec l’éducation prioritaire où l’on se lance dans une réforme à moyens constants en y intégrant Mayotte (qui est totalement en éducation prioritaire)».
Au-delà des conditions de travail l’enseignant se plaint d’un manque de reconnaissance du métier et du parcours du combattant dont il faut faire preuve pour accéder à la formation continue et initiale: «ce sont des métiers où il faut s’adapter aux publics, les pratiques pédagogiques sont vouées à évoluer».
Au passage Guillaume Estalrich écorche les nouveaux ESPE (qui remplacent les IUFM) où la formation universitaire prendrait le pas sur la formation professionnelle et conclut sur la rémunération des enseignants, qui loin de la réputation de «nantis de la République» ont perdu en 15 ans 17 % de leur pouvoir d’achat suite au gel du point d’indice (soit 2 mois de perte de salaire par an).
Un point qui pèse selon lui dans la perte d’attractivité de ce métier, «c’est pour toutes ces raisons que notre syndicat a appelé à la grève mardi avec un rassemblement à 10 h devant l’inspection académique de l’Ariège».
La FSU a invité tous les syndicats à la rejoindre, seule la CGT à répondu à l’invitation (mais sans appeler à la grève).

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