Journée d'action des personnels de l'Education Nationale: 100 % de grévistes à Tarascon sur Ariège
Des manifestants FSU devant l'Inspection Académique en février 2011© midinews (archives)
Ce mardi 3 février était une journée nationale de grève pour la principale fédération de l’éducation, la FSU (fédération syndicale unitaire).
Un appel à la grève autour de trois mots d’ordre fédérateurs : conditions de travail, formation et revalorisation des salaires.
Un écho appréhendé de manière différente que l’on soit à la direction des services départementaux de l’éducation nationale qui communiquait sur 15 à 18 % de grévistes pour le premier degré en Ariège, au ministère de l’Education Nationale où seulement 7,54 % de grévistes (tous personnels confondus) étaient comptabilisée ou au SNES-FSU qui faisait état pour sa part de 20 % de grévistes.
Une grève qui avait cependant un tour particulier au regard de la carte scolaire pour la rentrée 2015 dont les dotations ont été dévoilées il ya quelques jours à peine par la rectrice académique.
En effet le département de l’Ariège, rappelons-le, se voit amputer de trois postes dans le premier degré, des chiffres encore plus tranchés pour le second degré où l’on enregistre 157 élèves en moins et la suppression de 14 postes (équivalents temps pleins).
Autant de paramètres déjà passés au crible des différentes représentations syndicales, mais qui participent dans un territoire rural comme l’Ariège à creuser les inégalités et exacerber les mécontentements des enseignants.
Une résonnance locale à des problèmes nationaux et vice versa
Parmi les mécontents dans le rassemblement initié ce matin devant l’Inspection académique, les enseignants du collège de Tarascon/Ariège qui comptait ce matin (fait exceptionnel) 100 % de grévistes. Ils ont demandé une audience au DASEN qui les a reçus avec une délégation de la FSU conduite par Marc Faget et Laurent Murati.
«Ce qui se passe en Ariège est symptomatique au plan national. Mais au-delà des trois mots d’ordre de cette grève nationale, nous avons évoqué les problèmes de temps partiel, les rapports avec la hiérarchie et l’accueil des élèves en situation de handicap» précise Marc Faget.
Au programme de cette entrevue, bien entendu les réseaux d’éducation prioritaire: Tarascon sort de ce réseau alors que l’on prévoit à la prochaine rentrée une augmentation d’effectif (+20 élèves) en même temps qu’une baisse des dotations (de 2 à 7h en moins).
Les enseignants de Tarascon présents ce matin estiment qu’ils auront des difficultés supplémentaires à gérer dès la prochaine rentrée et en ont fait part à Jacques Briand qui lui est resté sur ses positions et surtout sur la dotation académique.
«L’inspecteur d’académie a botté en touche renvoyant sur la prochaine réunion technique du 2 mars pour le second degré» a précisé un enseignant du collège du Montcalm à Tarascon.
«Nous ne sommes pas syndiqués, tous les enseignants et employés de vie scolaire s’opposent à cette redistribution des cartes. Nous n’avons aucune compensation à la sortie du réseau d’éducation prioritaire et 20 élèves en plus alors que les classes sont déjà surchargées. Au final ce sont de mauvaises conditions de travail pour les élèves et pour les enseignants.
Nous fonctionnons déjà sans moyens depuis deux ou trois ans. Les 400 élèves de notre établissement sont le fruit de l’immigration et un gros travail d’intégration est à faire, cela demande une forte mobilisation de tout le personnel éducatif»
Selon les enseignants, la réunion paritaire du 2 mars marquera la fin du processus, les choses seront définitivement actées.
Aussi ils se réservent la possibilité d’organiser des actions avant cette date fatidique : rencontrer les parents et leur faire part de leur désaccord, mobiliser les élèves et toute la communauté enseignante, organiser des réunions publiques, etc.
Dès ce soir, ils marqueront leur mécontentement par leur vote au sein du conseil d’administration de leur établissement.
dans la même rubrique
- Union sacrée des syndicats ariégeois autour de la mobilisation du 9 avril
- Ecole: assises départementales de la mobilisation de l'école et de ses partenaires pour les valeurs de la République
- Violences conjugales: une formation en direction des professionnels de la santé
- Saverdun: 25% des instituteurs absents à l'école élémentaire Pierre et Marie Curie
- Le conflit s'installe dans la durée à la pharmacie du CHIVA
- Semaine de la presse à l'école: et si on parlait sexualité au collège Pasteur de Lavelanet
- Pharmacie du Chiva: grève illimitée à partir d'aujourd'hui de 13 à 17 h
- Couserans: projet de territoire Action Construction Durable
- Foix: les retraités manifestent à l'appel de l'intersyndicale
- Montgailhard: les Francs-Maçons en congrès
- Combien de journées de la femme avant l'égalité ? (partie 3)
- Démographie médicale en Ariège: les médecins s'invitent dans le débat politique
- Combien de journées de la femme avant l'égalité ? (partie 2)
- Education Nationale: le premier degré récupère trois postes pour la prochaine rentrée en Ariège
- Combien de journées de la femme avant l'égalité ? (partie 1)
- Journée internationale des droits des femmes: une Ariégeoise rencontre François Hollande






