Carte scolaire 2016 en Ariège: l'UNSA dénonce le manque d'anticipation

Suite au comité technique paritaire, Antoine Loguillard secrétaire départemental de l’UNSA-Education tire la sonnette d’alarme et comme à l’accoutumée depuis quelque temps il pointe du doigt une fois encore les problèmes de gouvernance de l’Inspection Académique de l’Ariège, selon lui «incapable d’anticiper des problèmes, ni d’être en capacité de défendre la situation ariégeoise auprès des entités académiques».
Ce n’est pas la première fois que le torchon brûle entre ce syndicaliste empêcheur de tourner en rond et son administration de tutelle, mais cette fois c’est chiffre à l’appui qu’il dénonce ces errements arithmétiques.
Dans le premier degré, les projections d’effectif annoncées pour les cinq ans avenir étaient de l’ordre de -720 élèves (soit -6% ou encore toute la population des écoles de Foix pour avoir un ordre d’idée encore plus précis).
«Bien que l’on soit protégé par le protocole 1er degré signé entre les élus, l’IA et la Rectrice permettant de maintenir les moyens, nous ne sommes pas à l’abri en 2018 au lendemain des prochaines élections présidentielles d’avoir des surprises.
Il faut profiter de cette marge de manœuvre pour restructurer le tissu scolaire et mettre en œuvre des dispositifs qualitatifs (dispositif des moins de 3 ans et renforcement pédagogique) qui permettraient d’améliorer les résultats».
Antoine Loguillard poursuit: «c’est la première fois depuis Jules Ferry que l’Ariège a recruté des enseignants contractuels dans le premier degré». Une hérésie selon lui, car les postes sont bien là.
De plus ces postes précaires sont localisés dans des zones d’éducation prioritaire (Bélesta ou Villeneuve) ou dans les maternelles (Verniolle, Varilhes). Ces jeunes enseignants sont condamnés à la double peine, celle d’un premier apprentissage à temps plein dans la précarité tout en préparant le concours de professeur des écoles.
Concernant le second degré, le syndicaliste rappelle que Jacques Briant avait pour la rentrée 2015 une politique de retrait de poste dans les collèges pour abonder les lycées (11,5 postes en moins dans les collèges et +10,5 dans les lycées), car dans ses projections il avait prévu un net affaissement des effectifs dans les collèges (-152 élèves) et au contraire une hausse dans les lycées (+174). Or il n’en est rien.
«Grossière erreur de stratégie, en définitive on enregistre -85 élèves au collège et +3 au lycée. Sachant par ailleurs que la réforme des collèges doit se mettre en place avec la création de 4 000 postes pour l’accompagner (étalés sur deux rentrées).
Nous demandons que l’IA rectifie son erreur à la rentrée et qu’il soit conforme aux orientations de la ministre pour les collèges. La dotation académique est de +120 postes (au national +2 800) nous demandons que la priorité aille aux collèges de Midi-Pyrénées et sur les 120 postes nous en demandons 80 soit les deux tiers».
Autre pierre d’achoppement les ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire). On prévoit 11 élèves supplémentaires à la rentrée 2016 dans ces unités déjà en sureffectif et où l’UNSA dénonce depuis la rentrée un manque d’accompagnement: «nous proposons d’ouvrir un ULIS au nouveau collège de Mazères».
Quant à l’enseignement professionnel, Antoine Loguillard déplore le manque de travail de réflexion sur la carte des formations pour la rentrée 2016: «aucune formation n’ouvrira en Ariège alors que paradoxalement les chefs d’entreprise ont du mal à recruter cette main-d’œuvre qualifiée».
L’UNSA a profité des élections régionales pour écrire une lettre ouverte aux candidats. Et surprise, seuls deux ont répondu (Michel Galesi et Carole Delga).
«L’Ariège n’a pas de BTS en lycée professionnel. Nous demandons des ouvertures de BTS pour la rentrée 2017 permettant ainsi aux jeunes ariégeois des lycées professionnels de poursuivre leur formation sur place et de trouver une meilleure insertion professionnelle… à force de retarder la mise en place de ces groupes de travail, l’IA risque d’en perdre le pilotage!»
Enfin en terme de remplacements, le syndicat enseignant dénonce le manque de ressources humaines: «on fait du bricolage (les maternelles ne sont pas une priorité donc les postes ne sont pas remplacés et pour les plus grosses écoles, il y a répartition des élèves dans les classes).
Si bien que depuis la rentrée de septembre on déplore déjà 200 journées non remplacées… il n’y a pas dans ces cas-là de continuité pédagogique!»
La carte scolaire définitive sera présentée au printemps… il est temps d’y apporter quelques ajustements.
dans la même rubrique
- Les chiffres du chômage en janvier 2016: la vraie fausse baisse profite aux demandeurs d'emploi ariégeois?
- Accueil des réfugiés en Ariège: vers un regroupement familial
- La mairie de Lavelanet reconduit l'opération «Un fruit pour la récré»
- Carte scolaire: le Donezan manifeste devant l'Inspection Académique de l'Ariège
- École: les ébauches de la nouvelle carte scolaire en Ariège ne font pas que des heureux
- Handicap: signature de la convention CDG09 FIPHFP
- Licence pluridisciplinaire en Sciences sociales: l'offre de formation du Centre universitaire de l'Ariège s'enrichit
- Social: présentation du schéma départemental de l'autonomie
- Éducation: un jeudi par mois, les collégiens mangent ariégeois!
- Foix: quand la justice envoie des enfants dans la rue
- Marie Lajus, préfète de l'Ariège à la rencontre des professionnels de l'Hébergement d'Urgence
- Carte scolaire 2016 en Ariège: l'UNSA dénonce le manque d'anticipation
- Foix: MonaLisa, un sourire pour nos anciens!
- «Marianne qui es-tu?»: les enfants des ALAE de l'Ariège exposent leur vision de la citoyenneté
- Foix: citoyenneté et laïcité sur le devant de la scène avec les acteurs éducatifs
- Crise des migrants: neuf réfugiés déjà accueillis en Ariège








