Un errement de l'histoire réparé avec la réhabilitation de l'instituteur Jean Souque

Révoqué de l’enseignement en 1943, sous le gouvernement de Vichy, par le préfet et l’inspecteur d’académie de l’époque, Jean Souque, aujourd’hui âgé de 95 ans a été pleinement réhabilité par son ministre de tutelle, Vincent Peillon, par le truchement de Nathalie Costantini, Inspectrice académique de l’Ariège, lors d’une cérémonie tout en émotion à l’école de Saint-Alary ce week-end.
Engagé dans le camp des combattants de la liberté, Jean Souque, l’instituteur, ne s’était offusqué ni alarmé à l’époque de ce «petit papier» qui officiellement le révoquait même si à son retour dans les salles de classes, après de terribles blessures qui le laissèrent presque mort sur le front, rien ne changeait vraiment puisqu’il exerça son métier passionnément de longues années durant.
Jusqu’à obtenir les palmes académiques et même la légion d’honneur du temps où François Mitterrand dirigeait l’Elysée.
Réintégré dans le corps enseignant 70 ans aprèsPéripétie administrative que tout ceci, à cheval sur deux époques bien distinctes dans l’histoire de France?
Pas simplement, car avec les élèves du collège du Mas-d'Azil, venus avec leur professeur d'histoire et le principal de l'établissement, présenter leur travail de mémoire sur la mésaventure de Jean Souque devant Nathalie Costantini, François Murillo et nombre de personnalités, l’émotion a pointé grand le bout de son nez.
D’autant que cette fois après maintes démarches, l’inspectrice académique a remis en main propres à Jean Souque son certificat de réintégration dans le corps des enseignants, signé des mains de monsieur Peillon. Soit tout juste quelques 70 ans plus tard.
«Lorsqu’on voit un peu de ciel bleu et que l’on est entouré de hautes murailles, on sait alors ce qu’être libre représente», dira avec beaucoup d’émotion notre instituteur.
Une injustice réparée, même pour la forme, et qui se veut un juste retour de l’histoire en faveur de cette homme qui aura jusqu’au bout défendu à son niveau des valeurs de la république si souvent bafouées aujourd’hui par quelques groupuscules ou autres.
Aujourd’hui, sous le regard bienveillant de ses parents, sa mère en particulier, tout là-haut, un honneur retrouvé, assurément, pour le vieil instituteur mais aussi la dignité, celle du juste récompensé du devoir accompli, humblement, durant toutes ses années.
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