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Plus d'une vingtaine d'accidents de ski tous les jours aux Urgences du CHIVA

© midinews 2014

Sur les sept millions de skieurs qui ont dévalé les pistes des stations françaises l’an passé il y a eu 140 000 blessés (ce qui fait 2.44 blessés pour 1 000 journées/skieurs).

Actuellement c’est le grand rush dans les Pyrénées ariégeoises qui viennent de se voir gratifier de vingt centimètres de neige fraiche depuis le début de la semaine. Mais en pleine période de vacances à la neige, il est un service qui ne désemplit pas, c’est celui des Urgences du centre hospitalier du Val d’Ariège: il accueille tous les jours une vingtaine d’accidentés.Les pathologies sont plus graves«La traumatologie du ski c’est beaucoup sur les périphériques: entorses, fractures des genoux, chevilles, épaules, poignets et quelques cas de traumatismes crâniens pris en charge mais qui pour la plupart sont évacués sur le CHU de Toulouse» indique Jean-Marc Mouchague, médecin urgentiste.

Ce professionnel a le sentiment avec le temps d’avoir affaire à des pathologies plus lourdes, bien loin des petits bobos:

«Le ski est devenu un loisir plus facile d’accès et le matériel est très performant, que l’on soit skieur confirmé ou skieur débutant les prises de risques sont également plus importantes et les poly-traumatismes qui peuvent arriver lors d’une chute ou d’un accident à la mesure de la vitesse ou des risques pris»Nous ne sommes pas égaux devant les accidentsLes débutants, en particulier au cours de leurs 4 premiers jours de ski, seraient deux fois plus exposés que les autres aux accidents.

Et si 83% des accidents sont à mettre au compte des skieurs «alpins», les «snowboardeurs» suivent en deuxième position avec 16% et les «mini-skieurs» avec 1%. L’entorse du genou concerne environ un accident sur cinq, et la moitié est grave car elle touche les ligaments croisés antérieurs. En snowboard une blessure sur trois concerne les poignets et les épaules.Pour que les joies de la glisse ne se terminent pas aux UrgencesSi l’on devait rappeler quelques principes de sécurité:

«Bien entendu le port du casque, il devrait être la norme pour tous, poursuit le Dt Mouchague. Sur des skis il faut être en situation de pouvoir réfléchir et maitriser sa vitesse car c’est un loisir qui peut avoir des conséquences graves»

Ils sont une quinzaine de médecins urgentistes comme lui a être formés pour le secours en montagne:

«La spécificité de ce département c’est la montagne. Aussi il y a toujours une garde assurée ici pendant les vacances d’hiver (15 jours) et l’été (2 mois) car nous sommes amenés à réaliser des secours sur zone: l’hiver sur les stations (accidents de ski, raquettes, etc.) et l’été pour les loisirs liés à la montagne, l’escalade, la randonnée… toutes ayant pour dénominateur commun des traumatismes sévères comme fractures du fémur, traumas crâniens ou abdominaux.

Nous intervenons sur zone avec les secouristes du PGHM et avec l’hélicoptère du détachement aérien de gendarmerie positionné à l’aérodrome des Pujols
»Une chaine des secours efficace grâce à un indispensable travail d’équipeDimanche dernier Jean Marc Mouchague était de garde au SMUR Montagne, il a réalisé quatre interventions sur station: un trauma épaule et fracture à Ax 3 Domaines en fin de matinée, un accident à Goulier Neige où une fillette de 8 ans a heurté un matelas de sécurité. Avec une suspicion de trauma crânien, elle a été évacuée sur le CHAC.

A Guzet, un homme âgé de 69 ans, victime de tachycardie a été pris en charge et transporté sur le Centre hospitalier du Couserans. Enfin vers 17h dans le secteur de Pédoures près de l'Hospitalet, un randonneur espagnol de 51 ans, victime d'une blessure au genou a été conduit au CHIVA.

«L’hélicoptère est utilisé pour le ski mais également pour des SMUR héliportés sur des habitats isolés quand les problèmes de santé sont graves, cela permet d’arriver plus vite sur site», poursuit l’urgentiste, conscient de l’importance de cette chaine des secours dans un département de montagne.

Quelques chiffres à mettre en perspective

En incidence par 1000 journées-skieurs, les snowboardeurs arrivent en tête avec 2.78/1000, devant les «alpins», 2.38/1000.

Globalement, les membres inférieurs sont les plus touchés (43%), suivent les membres supérieurs (37%), le tronc (13%), la tête (7%).

La pathologie la plus fréquente est l’entorse du genou (23%) – LCA pour 16%, avec un risque accru chez les femmes de plus de 15 ans, suivie de l’épaule (14%), les blessures du thorax, du rachis et du bassin représentent 13%, les traumatismes crâniens 3%.

Les collisions sont de plus en plus fréquentes sur les pistes (12.5% des accidents) et comptent pour le tiers des blessures à la tête (traumatisme ou plaie).

Une bonne nouvelle: le port du casque est en nette progression, soit 97% des enfants, 72% des ados, 37% des adultes.

Sources: Medscape France, du 21 février 2013
Laurence Cabrol | 05/03/2014 - 19:11 | Lu: 23169 fois