CHIVA: vers un traitement performant des déchets hospitaliers
Dans le cadre de la semaine du développement durable, le Centre Hospitalier Intercommunal du Val d’Ariège a mis en place une série d’actions en direction du public, notamment sur la thématique «Consommer autrement» avec un coup de projecteur mardi 1er avril sur le self de l’établissement avec un déjeuner réalisé à partir de produits ariégeois, issus d’une logique de production, de commercialisation et de consommation responsable.
Ce jeudi l’équipe opérationnelle d’hygiène et Eric Florisson, le responsable logistique, ont animé dans le hall un stand présentant les objectifs de maîtrise du flux des déchets de l’établissement: catégories, tri, réduction des volumes, filières d’élimination et de valorisation, incidences économiques et environnementales.
La responsabilité du traitement incombe au producteur«Nous nous sommes intéressés aux déchets hospitaliers qui représentent pour le CHIVA 140 tonnes par an. Sachant que le tri des déchets est un enjeu majeur pour l’hôpital car il permet de prévenir tout risque d’accident et de contamination, rappelle Eric Florisson, la responsabilité du traitement incombe au producteur, il s’agit d’une filière spécifique car un déchet assimilé aux ordures ménagères (DAOM) ne sera pas traité de la même manière qu’un déchet d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) dont le coût de la collecte est six à sept fois supérieur à celui des DAOM»
Au CHIVA ces déchets dangereux font l’objet d’une collecte spécifique, séparée, du patient jusqu’au centre de traitement, au SETMI, l’incinération du Mirail à Toulouse.
«Ce sont essentiellement des déchets infectieux: pansements souillés, pinces, poches à urine, à drainage, à aspiration, sondes, poches à sang, objets piquants, tranchants, coupants, morceaux d’anatomie… des pacs spécifiques parfaitement identifiables (de couleur jaune) sont collectés tous les jours sur tous les services de notre établissement et rejoignent au final un container «Risques infectieux» sur la plate forme déchet dans un local parfaitement sécurisé. Ce container est collecté toutes les 48 heures pour les déchets à risque jusqu’à 72 heures pour les autres»
Notons que les déchets cytotoxiques (restes de produits de chimiothérapie) font l’objet d’une collecte séparée avec des conditions d’incinération différentes (ils sont incinérés à 1200 degrés, les DASRI «classiques» à 800 degrés).
Un tri onéreux mais indispensableLe traitement des déchets d’activités de soins à risques infectieux représente 1000€/tonne et les ordures ménagères classiques 78€/tonne. Par contre pour le carton, papier, métal et verre la collecte est gratuite car ils font l’objet d’une valorisation. «La gestion du tri est une question financière mais pas seulement, il s’agit également de qualité de l’environnement» poursuit Eric Florisson.
Cette filière est parfaitement organisée, des camions spécifiques prennent en charge ces déchets, ils font l’objet de contrôles de pesées (ils sont pesés au départ et à l’arrivée) et les bordereaux de saisie sont régulièrement contrôlés par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Tous les containers portent des codes barres pour éviter tout abandon dans la nature.
Nécessité d’affiner le tri et de former les personnelsDans cette optique la formation des personnels parait indispensable. Un conseiller à la sécurité dispense régulièrement des formations et les soignants dans le cadre de leurs formations initiales reçoivent un enseignement spécifique concernant le traitement de ces déchets avec un référentiel de recommandations récentes.
Les conditions de travail et l’alibi du principe de précaution peuvent être de vrais obstacles car les employés s’ils ne sont pas informés peuvent mal répartir les déchets ou même parfois en avoir peur. «Un travail de communication en interne est indispensable. La politique générale du CHIVA renforce le tri et la qualité du tri»
Des efforts qui commencent à se faire sentir au regard du tonnage collecté d’une année sur l’autre:
- Concernant les DASRI; le CHIVA en a produit 148,5 tonnes en 2012 et 143,3 tonnes en 2013, soit une baisse de -4%.
- Pour les déchets DAOM, le tonnage s’élève en 2012 à 260,13 tonnes contre 257,4 tonnes en 2013, soit une baisse de -1%.
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