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Orgeix: intervention délicate du service de déminage de la sécurité civile au Barrage de Campauleil

© midinews 2014

Nous vous l’avions annoncé mercredi soir, une centaine de munitions de la seconde guerre mondiale ont été découvertes sur le chantier du barrage EDF de Campauleil (Orgeix) dans la vallée d’Orlu.

«Il a été créé un chemin pour accéder au barrage et lors des travaux de terrassement en contre bas de la route, en creusant avec leur engin, les ouvriers ont mis au jour ces munitions. Ils ont alerté la gendarmerie celle-ci a signalé la découverte à la préfecture qui a saisi le service de déminage de la sécurité civile à Toulouse, d’où notre présence ici» explique Daniel Piquemal démineur chargé d’assurer la destruction de ces munitions de guerre.

Ce service de la sécurité civile intervient sur six départements de la région Midi-Pyrénées et neutralise entre 8 et 10 tonnes de munitions par an. «L’an passé nous avons fait une bombe de l’aviation allemande, nous effectuons également des renforts nationaux qui permettent de gérer tous type de munitions de la guerre de 1870 à 39-45»
Des missions plurielles avec un dénominateur commun: la mise en sureté des populationsOn les a vus également intervenir lors de la prise d’otage du sénateur Jean-Pierre Bel au centre universitaire de Foix en mars 2010.

La priorité des démineurs est la mise en sûreté de la population avant la neutralisation même du problème, qu’il soit un engin explosif improvisé (EEI), une prise d’otage, un braquage ou voire même une perquisition. Dans ces cas là, le danger étant immédiat, ils interviennent sous trois heures au maximum sur l’ensemble de leurs territoires de compétence, en contact direct avec le Centre d'Opérations et de Renseignement de la Gendarmerie (CORG), le Centre Information et de Commandement de la police nationale (CIC) ou le RAID.

Ces professionnels sont également en mesure de neutraliser des colis piégés et pour eux les munitions n’ont plus de mystères. «Nous avons ici trois types de munitions allemandes datant de la dernière guerre mondiale, des obus encartouchés de 5cm complets avec douille et poudre propulsive, des projectiles de mortier de 5cm et des projectiles de mortier de 8cm. On suppose que la cargaison d’un camion allemand a été volontairement versée à la fin de la guerre. Si tel est le cas, on ne trouvera pas d’engins ailleurs»
Si un projectile vient à exploser c’est de 10 à 15 mètres de dégâtsAprès cette découverte insolite une partie du chantier a été arrêtée et les spécialistes sont depuis ce matin sur place pour procéder à l’évacuation de ces explosifs sur un site déterminé à l’avance où il seront neutralisés en toute sécurité.

Dès leur arrivée sur site, les démineurs ont installé un périmètre de sécurité avant de récupérer les munitions: «Nous allons les déplacer sur une carrière en exploitation pour les détruire», indique Joël Burgas, responsable de cette délicate opération. Car même si leur aspect est corrodé ces fusées sont en parfait état de fonctionnement. L’objectif des démineurs c’est de neutraliser ces munitions en déclenchant leur explosion de façon contrôlée afin de minimiser les périmètres de sécurité et éliminer tout risque pour les populations.

«Nous connaissons parfaitement bien ce type de munitions, ce sont des obus courants en bon état de conservation. La gendarmerie nous a orientés sur un site précis car ici nous sommes trop proches de la route et des habitations pour procéder à ce genre de manœuvre.

S’il nous convient nous les transporterons à cet endroit car en multipliant les transports on augmente les risques d’explosion. Ils seront évacués avec nos véhicules qui sont équipés de bacs à sable très souples. Dès que la munition est plongée à l’intérieur, elle est immobilisée… Arrivés à l’endroit précis où ils seront détruits nous allons calculer la profondeur d’enfouissement de ces engins pour ne pas avoir de projection d’éclat et contrôler l’explosion.

Pour la destruction nous allons créer une explosion pour les choquer… je peux détruire de une à deux tonnes de munitions sans aucun problème!
» poursuit le chef du chantier.

Si tout se passe comme prévu la destruction aura lieu demain à l’heure du déjeuner et le chantier pourra reprendre son cours en toute sérénité.

En cas de découverte d'un engin explosif

-  Ne jamais manipuler ou déplacer l’objet suspect,
-  Appelez les services de police ou de gendarmerie (17) ou les sapeurs pompiers (18)
-  Établissez un périmètre de sécurité
Laurence Cabrol | 26/05/2014 - 19:14 | Lu: 26069 fois