Moulin de Barrau. Comme autrefois «et tourne, tourne, petit moulin...»
C’est vers 1450 que remontent les premiers écrits relatant l’existence du Moulin de Barrau, appartenant à une famille du même nom.
«Il aurait été construit par l’église catholique comme beaucoup à l’époque» Démoli une première fois par les guerres de religion entre 1500 et 1600, puis par la crue du millénaire en juin 1875, c’est finalement en 1920 que le Moulin est à nouveau reconstruit définitivement, cette fois, sur les bases de ses fondations qui, elles, ont résisté à toutes les péripéties de l’histoire.
Aujourd’hui, l’imposante bâtisse (de briques et de bois) sur les rives de l’Arize à la sortie de Montesquieu-Volvestre «à 500 mètres de la frontière» en les deux départements de l’Ariège et de la Haute-Garonne, est propriété de deux frères, Jean-Claude et Michel Médale.
«Nous on est ici depuis1957 et mon père a acheté en 1961, poursuit Jean-Claude. C’est dans la région le plus ancien moulin qui soit encore en activité. Et c’est le plus vieux moulin» Plus de 150 ans à eux deux et meuniers, minotiers plus précisément, depuis la fin de leur service militaire, comme déjà le furent leur père et leur grand-père. Ici, ils donnent naissance à leur mouture, comme on le faisait autrefois, à l’ancienne pour une production de farines variées bio pour l’essentiel.
Un ensemble de qualité qui les a fait connaitre dans toute la région et qui leur a valu d’être contacté par le PNR des Pyrénées Ariégeoises pour la production de farines pour des pains biologiques tout d’abord puis du Millas crédité de la marque Parc.
Il faut dire que s’il possède un moteur électrique utilisé exceptionnellement lorsqu’il n’y a pas assez d’eau ou en cas de pannes, le moulin de Barrau fonctionne à l’énergie hydraulique à 100%: «Il y a un barrage pour faire la hauteur de chute, d’environ 2.5m puis une turbine, l’axe central (le fer du moulin, pour les spécialistes) fait tourner tout le moulin, explique Michel Médale, l’ainé des deux frères»
Un moulin qui a une âmePuis l’impressionnante mécanique se met en branle, jusqu’au plancher recouvert de farine, qui vibre.
De courroies, en arbre de transmission et autres engrenages, chaque pièce joue son rôle, depuis ce simple axe central actionné par la chute de l’eau sur le rouet. Le Moulin travaille, sur trois étages. Deux meules en pierre, en silex plus exactement, (elles étaient quatre à l’origine) prénommées Sainte-Marie et Saint-Joseph, broient le grain de blé ou de maïs et donne naissance à la mouture.
Deux procédés de fabrication coexistent afin de ne pas mélanger les variétés de farine, puisqu’un autre mécanisme lui actionne des turbines qui broient le grain avant que la tamiseuse ne produise une farine «bonne, pure et nette»
Le tout rythmé par un ingénieux régulateur, datant de Watts et l’invention des machines à vapeur dont le carillon indique que l’ensemble tourne à la bonne allure (environ 150 tour/min) et sert aussi d’avertisseur au meunier comme dans la comptine. «Chaque machine a sa vitesse propre donc il faut adapter la vitesse du moulin à l’ensemble des machines. Ce régulateur nous aide à être plus précis»
Farine de blé bio, farine d’épeautre, farine multicéréale, farine de maïs (jaune ou blanc) et même farine de riz, de pois chiches ou de châtaigne, ce sont près de 60 T qui sortent par an du Moulin de Barrau. Une quantité dérisoire au regard des 50T par 24h que sont capables de sortir des minoteries plus ou moins industrielles.
«On a toujours fait bio… mais on ne l’appelait pas bio autrefois, c’était naturel. Nous on a continué à acheter le grain aux agriculteurs et aux coopératives Bio et on a toujours était habitués à faire de la farine bio… et on s’est rendu compte que les acheteurs, les particuliers, revenaient. On retrouve le goût naturel, parce qu’on ne met aucun additif en cours de fabrication ni pour la conservation…»
Pascal, son fils, venu de l’aéronautique à Toulouse, est déjà prêt à prendre la relève. Une chance pour le Moulin pour lequel chaque jour de la semaine (sauf le lundi pour cause de réparation et d’entretien afin que pas un grain de sable ne vienne gripper cette belle mécanique bien huilée) les deux retraités sont à la tâche: «même si maintenant on va moins vite» Mais la transmission est, cette fois encore, assurée.
Ici dans les premiers contreforts des Petites Pyrénées, sur les rives de l’Arize tourne tourne un petit moulin qui comme autrefois fabrique toutes sortes de farine à l’ancienne. Mais des farines qui répondent au goût du jour, variées et de qualité, 100% naturelles.
Et pour longtemps encore murmure la rivière.
Pour les amateurs:
Minoterie Médale SARL
Moulin de Barrau à Montesquieu-Volvestre: 05.61.90.40.16
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