Ecomusée d'Alzen: un passé bien vivant pour mieux savourer le présent

Salade et crudités accompagnent les tranches de saucisson avant le bœuf bourguignon et ses petits légumes suivi du fromage (vache et brebis) que couronne le dessert dont la fameuse faisselle, le «matirou», en langue d’ici.
Il ne s’agit pas du menu de l’une des tables réputées d’Ariège mais bien du menu gourmand servi ce jour sur les terrasses ombragées de la table paysanne de l’écomusée d’Alzen.
Ici avec ou sans réservation on peut venir manger le midi sur les hauteurs du village d’Alzen petit paradis de verdure dont le maire André Rouch s’est fait l’hôte d’honneur pour une présentation à la presse locale de cet autre volet des activités proposées sur site. La table paysanne accueille les particuliers mais aussi les groupes pour des séminaires et conférences et les fêtes comme les mariages.
Part belle est réservée aux mets bio et fermiers. «Tout est produit sur l’exploitation ou vient des producteurs locaux environnants», clame André Rouch.
Ouvert en 1998, au cœur de ce qui allait devenir plus tard le Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises et dont il est aujourd’hui l’une des Maisons de Parc, l’Ecomusée d’Alzen est avant tout un site touristique. «Nous avons dix mille visiteurs par an environ, au moins un bus par jour, surtout des écoliers», évoque tout sourire André Rouch.
Inspiré d’écomusées illustres celui d’Alzen se veut, au cœur d’une ferme typique entièrement restaurée, sur quelque deux hectares de terrains, le chantre de l’élevage traditionnel, associé à la culture des sols, dans l’ancienne ferme d’Albert et Sidonie, figures locales.
Loin de toute image passéiste, même si elle se permet quelques clins d’œil un brin nostalgique, la ferme se veut bien vivante avec vaches, cochons, brebis, chèvres… de races locales qui permettent de produire lait, fromages et viandes pour la table paysanne.
Le visiteur peut ainsi participer à l’élaboration de produits transformés (pain, fromage, jus de pommes…) en été, profiter des ateliers pédagogiques, découvrir dans la boutique les productions diverses et variées d’artisans et agriculteurs locaux et bien sûr replonger au travers des diverses salles d’exposition dans la vie rurale traditionnelle.
Une véritable expérience socialeLe centre d’interprétation d’Alzen est adossé à une autre structure, depuis 2006, la Casta, du nom de cette race bovine locale, acronyme du centre d’accompagnement social aux techniques agropastorales. Un chantier d’insertion sous forme d’association loi 1901, reconnu par les pouvoirs publics.
«En fait nous proposons sur site mais aussi sur nos locaux de Pamiers, 4 types d’activités. Les services cuisine et traiteur, commente Florence Moget directrice de la structure, des chantiers en extérieur comme le débroussaillage, la réalisation de clôture, de murs en pierre sèche, la gestion de rivière pour les collectivités, l’accueil et l’animation sur le site du public et des écoles et la gestion de la ferme, ses jardins potagers et ses productions de fromage dont le vache aux normes CE»
Sous le sceau du développement durable le site développe une activité économique qui «constitue ainsi près de 30% de ses ressources propres et même plus», mais il se double d’une vocation sociale au travers de ce chantier d’insertion.
«Nous employons actuellement 27 personnes et quatre encadrants, poursuit la directrice, à qui nous proposons des contrats de 26 à 35h, souvent sur trois jours pour limiter les transports, rémunérés au SMIC»
Des personnes qui viennent de toute l’Ariège, souvent adressées par Pôle Emploi: «Nous accueillons des Bac –5 à Bac +5, complète André Rouch, pour des contrats de 6 mois renouvelables au maximum quatre fois. Mais l’objectif c’est qu’ils repartent d’ici avec un travail ou des perspectives de formation, dit-il encore évoquant cette personne installée à son compte pour fabriquer des nichoirs à oiseaux ou cette autre partie suivre une formation d’ingénieur du son à Toulouse. Nous avons 50% de sorties dites positives», se félicite André Rouch.
Savante alchimie positive finalement entre ce site qui permet à des personnes en difficultés sociales ou professionnelles de rebondir dans leur parcours professionnel, contribuant directement au dynamisme et à la pérennité de la petite structure. En retour c’est tout le village, composé de 25 hameaux qui en profite.
La population est ainsi passée de quelques 180 habitants il y a une quinzaine d’années à près de 250 aujourd’hui. Et l’école qui un temps ne comptait plus d’enfants en reçoit aujourd’hui 58 et tous les niveaux sont présents.
Probablement qu’Albert et Sidonie dont la maison restée quasi en l’état constitue l’un des clous de la visite seraient fiers de voir ainsi récompensées leurs années de labeur dans des travaux à la ferme qui profitent aujourd’hui au plus grand nombre.
Plus d’infos:
www.ecomuseealzen.fr
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