Lavelanet: Roger Salvador et le Secours populaire en mission à Madagascar

Roger Salvador, secrétaire général de l’antenne de Lavelanet a participé à la dernière mission du Secours populaire qui s’est déroulée mi-octobre (en plein printemps austral), à Madagascar, sur la région d’Antsirabé (pôle industriel agro alimentaire), à 200 kilomètres au sud d’Antananarivo, la capitale.
Une mission humanitaire, sur les Hautes Terres (région du Vakinankaratra) à 1.500 mètres d’altitude.
Enfants, écoles, traditions et modes de vie
Une dizaine de jours pour un premier contact avec Madagascar et son peuple dans cette région centrale, avec ses rizières, ses cultures de fruits et légumes, les zébus, leurs traditions et modes de vie ancestraux.
Vendredi 10 octobre, direction les Hautes Terres, et découverte de la capitale avant de découvrir le lendemain l’école «EPP» de Mansinandraïna. Une école qui fêtait ses 35 ans et inaugurait ses travaux.
En présence de nombreuses familles, d’environ 250 enfants, du préfet de région, de représentants de l’Éducation nationale, du député, des autorités militaires et autres représentants, les membres du Secours populaire ont été chaleureusement remerciés pour leur engagement.
Lundi 13, dès 6 h du matin, tous se sont retrouvés autour du container et ont déchargé matériel médical, livres pédagogiques, vêtements... avant de se rendre dans les classes pour distribuer: marionnettes, contes, peinture, dessins, coloriage, ardoises, craies, et friandises, tableaux noirs et à chaque instituteur un kit hygiène, seau, éponge, et savon.
Le lendemain, cap sur l’école d’Ampahatrimaha, visite après travaux de rénovation: salles de classe, toiture, construction w.c. et adduction d’eau (bassin avec robinets) et visite des classes (120 élèves) en présence du directeur.
Dans l’après-midi, tous sont allés découvrir les « sans terre » et leurs maisons construites par le Secours populaire Français pour le retour des paysans (42 familles sédentaires), puits, coopérative. Les «sans-terres» sont maintenant propriétaires de leurs maisons, d’un petit bout de terrain à côté pour leurs besoins personnels avec des arbres médicinaux plantés par l’association «les enfants de Madagascar» et des terrains collectifs.
Le SPF soutient actuellement deux de ces projets par la formation, fournitures et plantations de légumes et féculents, de riz sur terrain sec, de manioc, la création de jardins collectifs prés des écoles ou des villages et l’adduction d’eau. Jeudi 16, départ vers 8 h pour l’école de Tritina. Ici en projet la possibilité de rénovation des classes (murs, sols, boiseries, ouvertures) pour les 180 élèves 7 instituteurs dont 2 hommes.
Au collège de Belasao, l’équipe a été reçue par le Principal, ses 630 élèves, ses 23 professeurs et le surveillant général. Après la visite de la bibliothèque financée par le SPF, direction le dispensaire. Vendredi 17 et avant le départ, nos bénévoles ont pu découvrir l’école EPP ALAKAMISY et ses 300 élèves.
Un grand groupe scolaire vétuste, avec des classes allant du CP au CM2, une classe de 106 élèves, une autre de 73 où exercent 7 enseignants.
Une mission du SPF et un bilan
Loin de son image de paradis tropical, Madagascar est un pays où la réalisation des droits de l’enfant reste lacunaire: les enfants malgaches doivent quotidiennement faire face à la pauvreté.
Cette situation a été largement aggravée par la crise politique, provoquée en 2009 par un coup d’État, qui perdure aujourd’hui encore et dont les répercussions pèsent sur la population: selon le Bureau international du Travail (BIT), plus de 200 000 emplois ont été supprimés rien que dans la capitale, Antananarivo.
L’État a très nettement réduit les budgets consacrés à l’éducation et à la santé. C’est dans ce contexte que les enfants malgaches et leurs familles doivent vivre ou plutôt survivre: le pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté a explosé, passant de 75,3 % en 2010 à 81 % en 2012, pour atteindre actuellement 92 %, soit 9 Malgaches sur 10. Sur la base de cet indicateur, Madagascar est aujourd’hui le pays le plus pauvre du monde.
Cette dégradation socio-économique met les enfants en situation de privation critique et viole leurs droits fondamentaux, à travers le manque d’accès à la nourriture, à l’éducation et aux soins.
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