Pamiers: le chauffeur du général de Gaulle à la cérémonie du 11 novembre

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Robert Bagnéris malgré ces récents petits soucis de santé était présent mardi dernier lors des cérémonies de l’armistice du 11 novembre à Pamiers.
Il porte fier ses 86 printemps et profite pleinement de sa récente installation en Ariège pour savourer avec une certaine quiétude, une retraite bien méritée et de se pencher sur une vie bien remplie.
Tout commence le 7 juin 1944 à Aignan dans le Gers. Robert âgé de 16 ans, quitte le foyer familial à cause de mésentente avec un père qui fait preuve d’une extrême rudesse: «les osiers pleuvaient autour des jambes» se souviens l’octogénaire.
Il s’engage par l’entremise d’un voisin plus âgé dans la Résistance, une véritable école de vie et rejoint à l’âge de 16 ans et demi le bataillon de l’Armagnac (158e Régiment d’Infanterie).
«Nous sommes partis débarrasser les Landes des Allemands. Sur le pont de L’Isle en Jourdain j’ai perdu 19 de mes camarades puis nous sommes arrivés à Toulouse aux côtés du commandant Parisot…
La traversée de la Gironde avec les barges américaines du débarquement, la libération d’Oloron puis ma première rencontre avec le général de Gaulle à Saintes dans les Charentes: c’est la première fois que je le vois, il est très grand, il nous remercie, nous félicite, c’est l’homme du 18 juin que je rencontre et que je garde encore dans mon cœur»
Mais, comme aime le rappeler Robert, «on ne fait pas une carrière sans rien faire !», à peine la guerre terminée (il est démobilisé le 15 octobre 1945), trop jeune pour faire l’Indochine, il s’engage pour trois ans dans la marine (il avoue avoir choisi cette arme pour «sa rigueur, sa droiture, son sérieux»).
Après une formation de démineur, le voilà à bord du dragueur de mines D315, sillonnant la Méditerranée, des côtes espagnoles à la frontière italienne en passant par la Corse.
Il prend le temps de se marier le 27 avril 1947 à Toulon. Alice lui donnera quatre fils dont il est aujourd’hui très fier de la réussite.
Mais la vie de marin ne permet pas de concilier la vie de famille, aussi Robert décide de passer le concours de gardien de la paix qu’il réussit haut la main.
Il entre le 6 octobre 1949 à l’école de Police de Sens. Après deux ans à la Compagnie Républicaine de Sécurité à La Rochelle, il revient au Pays, le 17 février 1952, à la CRS de Toulouse.
Ce poste ne l’empêche pas de partir à huit reprises en tant que volontaire en Algérie de 1954 à 62 (soit plus de 2 ans pleins).
Robert rentre dans la garde rapprochée du général
Après les incidents du petit Clamart, le grand Charles décide de s’entourer d’une garde rapprochée. «Trois chauffeurs spéciaux, des CRS, tireurs d’élite et qui devaient être également d’anciens résistants… c’est ça avec le Général.
Pendant le stage de 45 jours à Vaucresson, à l’époque je n’aurais jamais raté une cible mouvante à 40 m, je souhaitais vraiment obtenir ce poste. Au final nous étions quarante. J’ai été désigné par le ministre de l’intérieur, Roger Frey».
Parmi ses souvenirs, son premier voyage sur la Côte d’Azur au mois d’aout où le général partage sa voiture avec André Malraux, son homme de confiance, son ami, « il se serait fait tuer pour le général » indique Robert qui pendant trois ans et demi côtoie le général.
Il en garde encore un souvenir ému qu’il partage avec ceux qui comme lui entretiennent le souvenir.
A ceux qui se réclament de cette tradition gaullienne ou qui prennent les accents, les postures du Général: «ça me fait mal, personne ne le vaut et ne le vaudra»
Désormais «rangé des camions», l’ancien résistant assiste à toutes les commémorations car pour lui le devoir de mémoire est indispensable pour construire le présent et se projeter dans le futur.
Témoignage à retrouver dans son intégralité sur notre sujet du 4 avril 2013.
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